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Former des bénévoles et des proches aidants

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  Mercredi 31 octobre, 2018

L’invitée Anne-Marie Struijk-Mottu Présidente La Maison de Tara

Ce 31 octobre et 1er novembre, c’est la Journée genevoise des proches aidants. À Genève, une personne sur huit âgée de plus de 15 ans s’occupe presque tous les jours, ou du moins une fois par semaine, d’un proche, lit-on dans le dépliant officiel. Ces proches aidants sont très souvent des enfants (un cas sur deux) ou des conjoints (un cas sur trois). Plus rarement, il s’agit de voisins ou d’amis proches (un cas sur huit). La majorité des proches aidants sont des femmes. En moyenne, les proches aidants à Genève offrent un soutien depuis huit ans, et ce à raison de vingt-sept heures par semaine.
Plusieurs institutions offrent des formations aux proches aidants qui souhaitent améliorer leur soutien à un parent, un ami ou un voisin. La Maison de Tara est l’une d’elles. Inspirée d’un projet né aux Pays-Bas où près de 90 maisons similaires fonctionnent, la Maison de Tara accueille depuis plus de sept ans des personnes en fin de vie dans un cadre presque familial. Une de ses spécificités est de former des bénévoles qui ne sont pas des proches aidants. Nous proposons cent heures de formation. La formation est gratuite et, en contrepartie, les bénévoles s’engagent à donner un certain nombre de périodes de cinq heures chacune, par mois et pendant une année. La Maison a déjà formé près de quatre cents bénévoles depuis 2010. L’estimation des heures offertes est de l’ordre de quinze mille par année. Les bénévoles sont d’origines, de religions, de cultures différentes et parlent une quinzaine de langues. Au contact des résidents, ils apprennent à trier les priorités, et cet engagement les aide à remettre du sens dans leur propre vie. La Maison de Tara attire les bénévoles d’abord par le bouche-à-oreille mais également grâce à des prises de contact et des affichettes dans des organisations internationales, des entreprises, des églises, etc. Ils sont en majorité des professionnels qui, malgré leur charge de travail, décident de consacrer quelques heures par semaine à cet accompagnement tellement riche et intense. Ils deviennent des compagnons sur le chemin de la vie et de la mort.
Les bénévoles ramènent dans leur famille et dans la communauté au sens large tout ce qu’ils ont appris durant leur formation très complète ainsi que le fruit de leurs expériences au contact des résidents et de leur entourage. Cet aspect dynamique ne sert pas seulement les besoins de La Maison mais représente une part importante de sa mission dans un monde où la maladie en phase terminale et la mort provoquent la peur, le déni ou juste le silence.
Les bénévoles sont les porte-parole des patients et de leurs proches et des vecteurs de propagation de la philosophie de l’accompagnement et des soins palliatifs. Ils sont aux premières loges pour détecter les besoins des membres de leur propre famille ou de leurs amis comme ils le font dans le cadre de leur bénévolat.
Grâce à la formation et également par leur engagement, ils ont développé des compétences théoriques, pratiques, et connaissent aussi les institutions et les professionnels auxquels ils savent pouvoir faire appel dans les moments de crise. Ils sont donc des interlocuteurs éclairés des professionnels de la santé et de l’action sociale. Une expérience qui devrait trouver les moyens de se multiplier aussi à Genève.

 

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