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Mieux dépister pour mieux soigner le cancer du poumon

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  Mercredi 31 octobre, 2018

La tumeur pulmonaire se révèle souvent trop tard pour être soignée. Mais un diagnostic précoce n’est pas toujours possible.

Malgré les progrès de la médecine, le cancer du poumon demeure l’un des plus agressifs et des plus meurtriers. À Genève, il représente la troisième cause de décès par cancer chez la femme et la première chez l’homme; 181 personnes en sont mortes en 2015. Les HUG ont décidé hier de créer un centre dédié au cancer du poumon. Hier également, l’ETOP (European Thoracic Oncology Platform), organisation à but non lucratif qui promeut la recherche clinique académique, organisait à Zurich une conférence de presse pour lancer «le mois du cancer du poumon». L’occasion de faire le point sur la maladie, le dépistage et les nouvelles options thérapeutiques.
Au niveau suisse, le cancer du poumon atteint 4200 personnes et provoque 3200 décès par an, rappelle la Ligue contre le cancer. Environ 80% de ces morts sont imputables au tabagisme. Mais il existe d’autres facteurs de risque, comme l’exposition au radon, à l’amiante, à des gaz d’échappement de diesel ou à d’autres substances chimiques. Les facteurs génétiques, la pollution de l’air jouent également un rôle, ce qui explique que de nombreux non-fumeurs développent également des cancers du poumon.
Qu’ils soient fumeurs ou non, tous les malades souffrent d’une stigmatisation. Ils ont honte de leur cancer et s’en sentent responsables. L’ETOP appelle les médecins à ne pas juger leurs patients, les invite à les traiter de manière empathique et à les soutenir.

Des symptômes tardifs

Le plus souvent, le cancer du poumon ne se signale pas avant de proliférer. Les premiers symptômes peuvent être une toux qui persiste ou s’aggrave, des expectorations de sang ou de couleur rosée, des douleurs thoraciques qui s’aggravent lorsque l’on inspire profondément, un enrouement, une perte de poids et d’appétit, un essoufflement, une fatigue, une bronchite ou une pneumonie qui ne disparaît pas, un nouveau halètement. Il est important de consulter un médecin dès que de tels symptômes apparaissent.
Quand elle prolifère, la maladie peut provoquer des douleurs osseuses (dos, hanche), des maux de tête, des vertiges, des problèmes d’équilibre (si elle s’est propagée au cerveau) un jaunissement de la peau et des yeux (si elle est installée dans le foie), des nodules à la surface du corps, dans la nuque ou au-dessus de la clavicule (si elle s’est propagée à la peau ou aux ganglions lymphatiques).

Améliorer le diagnostic

Si le cancer est détecté avant sa dissémination dans l’organisme, les chances de survie augmentent. Malheureusement, le diagnostic arrive souvent trop tard pour permettre la réussite du traitement. D’où l’importance d’un diagnostic plus précoce.
L’imagerie aide à déterminer l’extension du cancer puis à contrôler l’efficacité du traitement. On procède généralement à une radiographie dès l’apparition des symptômes. Le dépistage s’est amélioré avec l’usage de la tomodensitométrie (CT-scan) à faible dose. Cette technique crée des images transversales détaillées, à la différence de la simple image obtenue par une radiographie classique. Cela permet de sauver davantage de vies chez les personnes à risque accru de cancer du poumon. Mais le CT-scan n’est adapté qu’à une petite partie des patients (les fumeurs de plus de 55 ans ou les patients ayant arrêté de fumer depuis plus de quinze ans). De plus, selon l’ETOP, le corps médical reste peu sensibilisé à ces nouvelles méthodes d’examen et ne les recommanderait pas aux patients éligibles.
Au chapitre des traitements, diverses options thérapeutiques existent et peuvent se combiner, rappelle l’ETOP: la chimiothérapie, la thérapie ciblée (le plus souvent utilisée en cas de cancer avancé), l’immunothérapie et la radiothérapie.

S.D.

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