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Pour maîtriser les coûts de la santé,le PLR veut des franchises plus élevées

  Mercredi 7 novembre, 2018

Le Parti libéral-radical présente à son tour ses solutions, comme un compte épargne santé.

C’est au tour du PLR de se pencher sur le système de santé. Comme l’a révélé le «Blick», le Parti libéral-radical publie un papier de position et critique au passage les mesures déjà préconisées par le PDC et le PS (lire encadré). L’objectif, lui, est le même: maîtriser la hausse des coûts et donc celle des primes d’assurance. La potion PLR passe par une bonne dose de responsabilité individuelle et une plus grande flexibilité. L’idée générale? Le conseiller national et vice-président du PLR Philippe Nantermod (VS) fait une analogie avec la restauration: «Aujourd’hui, on propose à tous les assurés un menu complet. Cette possibilité doit continuer d’exister, mais sans être la norme. On doit laisser la possibilité aux gens de n’avoir accès qu’au plat du jour.» Voici quelques-unes de ses recettes.

Franchises plus élevées

Le PLR soutient l’idée d’augmenter la franchise de base, jusqu’à 500 francs et par étapes, selon son vice-président. À l’autre extrême, il estime que les assurés pourraient contracter des modèles d’assurance avec une franchise plus élevée. Selon Philippe Nantermod, on pourrait aller jusqu’à 5000 francs, avec certaines cautèles. «Les personnes qui font ce choix pourraient assurer leur franchise avec une assurance complémentaire, ce qui est interdit aujourd’hui. Ou alors, le montant de la franchise devrait être consigné sur un compte, comme pour les garanties de loyer.»

Franchise de référence

Dans cette logique, Philippe Nantermod avance une autre piste. Aujourd’hui, la franchise de base est considérée comme la norme. Elle sert de référence pour fixer les rabais accordés à ceux qui choisissent une franchise plus élevée. «Cela signifie que, si les coûts augmentent beaucoup chez les patients avec une franchise à 300 francs, ceux qui ont une franchise plus élevée en font aussi les frais», détaille le Valaisan. Selon lui, la franchise de référence devrait être plus haute. Cette proposition technique réduirait la solidarité entre assurés. «C’est vrai, mais cette solidarité commence à fonctionner à rebours car les assurés n’arrivent plus à payer leurs primes, argumente Philippe Nantermod. Pour y remédier, nous voulons promouvoir les modèles alternatifs et les franchises à option, qui sont déjà choisis par 80% des gens.»

Liberté de contracter

Le PLR veut autoriser les caisses à proposer des modèles dans lesquels l’assuré n’aurait accès qu’à un nombre restreint de médecins et d’hôpitaux. Selon Philippe Nantermod, «les assurances pourraient passer des conventions avec ces prestataires dont les coûts sont moins élevés. Il pourrait s’agir de maisons de santé, dans lesquelles le personnel est salarié.» L’assureur devrait aussi pouvoir révoquer un contrat passé avec un prestataire de soins «si ses dépenses ne sont pas normales».

Soins à l’étranger

Aujourd’hui, seuls les soins prodigués en Suisse sont remboursés par l’assurance de base. Le PLR veut ouvrir les frontières non seulement pour les médicaments mais aussi pour les médecins. «On n’ouvrirait pas toutes les vannes d’un coup et des conditions-cadres strictes seraient définies, notamment sur la qualité», précise Philippe Nantermod. Selon le PLR, on pourrait commencer par tester les soins de réhabilitation dans des régions frontalières.

Compte épargne santé

C’est une piste avancée pour le plus long terme et dont les détails ne sont pas encore définis. Les gens auraient la possibilité de constituer un compte épargne santé, du type troisième pilier. Ce modèle facultatif serait accompagné d’avantages fiscaux et ces économies seraient héritables. Cet argent servirait à payer les coûts occasionnés par des maladies bénignes ou de courts séjours à l’hôpital. L’assurance obligatoire couvrirait les plus gros risques – interventions lourdes, maladies chroniques – et les frais de santé des plus démunis.

Caroline Zuercher

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