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Même vacciné contre les tiques, il faut se méfier des galipettes dans les herbettes

   Dimanche 9 février, 2019

La vaccination contre l’encéphalite à tiques est recommandée dans tout le pays, sauf au Tessin et à Genève. Attention: elle ne protège pas contre la maladie de Lyme.

La guerre est déclarée. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a actualisé cette semaine les zones à risque pour l’encéphalite à tiques, dans lesquelles la vaccination est recommandée lors d’activités en plein air. L’acarien apprécie notamment les zones herbeuses en lisière de forêt, les clairières, les haies ou les prairies. Désormais, la prévention est conseillée dans tous les cantons, sauf Genève et le Tessin. Mais attention, elle ne protège pas contre la borréliose, une autre maladie transmise par la tique!
En Suisse, la méningo-encéphalite (FSME) doit être obligatoirement déclarée depuis 1988. En 2018, 377 cas ont été recensés, un nombre record. La maladie est en expansion depuis 1984, avec des variations selon les années. Selon l’OFSP, les causes de cette évolution sont «probablement multifactorielles». Les conditions climatiques jouent un rôle. Les tiques apprécient les périodes chaudes et humides. Et comme les randonneurs aiment le soleil, le beau temps s’accompagne en général d’une hausse des cas.
Le souci, c’est qu’il n’y a pas de traitement contre la FSME. Et même une extraction rapide de la tique ne permet pas d’éviter une éventuelle infection. Avec quels risques? Parfois, le virus passe inaperçu. «À l’autre extrême, les atteintes au système nerveux central peuvent avoir des conséquences très graves, avec des manifestations de type poliomyélite», complète Éric Masserey, médecin cantonal adjoint du canton de Vaud. Dans certains cas, l’issue peut être fatale.

Mieux vaut se vacciner en hiver

Les éternels casaniers peuvent se rendormir sur leur canapé. Idem pour ceux qui se promènent uniquement au Tessin ou à Genève. Pour ceux qui fréquentent la campagne ailleurs, la vaccination complète nécessite trois doses. La période durant laquelle les tiques sont le plus actives va de mars à novembre et l’hiver est le meilleur moment pour se faire vacciner. La protection dure dix ans et est remboursée par l’assurance de base (sous réserve de la franchise et de la quote-part).
Pour Éric Masserey, la décision de la Confédération d’étendre ses recommandations est «pragmatique» puisque sur la carte de Suisse recensant les cas de FSME (MEVE), les points rouges augmentent. Le virus, en effet, se déplace vers le sud-ouest depuis les années 2000. Mais le médecin met en garde: «Ce n’est pas parce qu’on est vacciné qu’on peut faire des galipettes sans risque dans les herbettes! Sortez correctement équipés.» Car la tique peut transmettre d’autres maladies – en particulier la borréliose, ou maladie de Lyme, contre laquelle il n’existe aucun vaccin. On peut, en revanche, la traiter avec un antibiotique «à condition que le diagnostic soit effectué à temps».
Cette deuxième maladie est provoquée par une bactérie apparentée à la syphilis. Elle peut conduire à un état grippal ou avoir des conséquences plus graves. Les déclarations se font sur la base du réseau Sentinella de l’OFSP. Selon une extrapolation, les cas de borréliose aiguë ont été particulièrement nombreux l’an dernier (14 000 jusqu’à fin septembre). S’il ne faut pas renoncer au plaisir d’aller en forêt, mieux vaut agir correctement. Les shorts resteront au placard: il est recommandé de porter pantalons longs et chaussures fermées. D’éventuelles tiques seront détectées plus facilement si ces habits sont clairs. Des sprays répulsifs sont conseillés. Et une inspection du corps est nécessaire après une activité présentant un risque. Si vous découvrez une tique, il faut la retirer au plus vite (la transmission des borrélies est possible 16 heures après la fixation de la tique), désinfecter l’endroit, noter la date. Et consulter un médecin si, dans les jours ou les semaines suivantes, des symptômes apparaissent, tels que fièvre, maux de tête, rougeur ou douleurs articulaires.

Y a-t-il davantage de tiques?

Une dernière question se pose. Les tiques sont-elles en augmentation? «Nous ne pouvons pas le dire, car nous n’avons pas de recensement systématique, répond Reto Lienhard, microbiologiste à la fondation ADMED à La Chaux-de-Fonds, laboratoire Borrelia du Centre national de référence pour les maladies transmises par les tiques. Nos observations montrent des hausses sur certains sites et des baisses ailleurs.» Par contre, les experts constatent un étalement de la population. Celle-ci est observée à plus haute altitude et progresse dans le nord de l’Europe, ce qui est probablement lié au changement climatique.

Caroline Zuercher

 

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