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Gare au glaucome!

  Jeudi 14 Mars, 2019

La semaine mondiale du glaucome sert à informer le grand public sur l’existence de cette maladie oculaire silencieuse qui touche en Suisse environ 3 à 4% de la population à partir de l’âge de 40 ans.

La semaine mondiale du glaucome sert à informer le grand public sur l’existence de cette maladie oculaire silencieuse qui touche en Suisse environ 3 à 4% de la population à partir de l’âge de 40 ans. Le caractère silencieux, asymptomatique et indolore de la maladie est la principale cause de cécité: on estime en effet que la moitié des patients atteints n’en sont pas conscients et ne le deviennent qu’à un stade très avancé. Cette maladie de l’œil est caractérisée par une dégénérescence du nerf optique qui s’accompagne d’une perte progressive de la vision.
Les déficits visuels initiaux sont souvent en périphérie du champ visuel et donc méconnus par le patient. La progression est souvent lente, ce qui fait qu’on s’habitue à la mauvaise vision: cela explique que la maladie est souvent diagnostiquée tardivement. Plusieurs facteurs qui prédisposent à la maladie sont connus: l’élévation de la pression intraoculaire est le facteur de risque le plus fréquent et le plus important. D’autres facteurs de risque incluent une histoire familiale de glaucome, l’âge avancé, la myopie et l’origine ethnique africaine.
Seul un ophtalmologue est en mesure de dépister cette maladie à temps. Suite au diagnostic, celui-ci discutera avec le patient les différentes options thérapeutiques. Selon la gravité de l’atteinte et les caractéristiques du patient, on proposera un traitement plus ou moins agressif. Il faut insister sur le fait que même le meilleur médicament n’est efficace que s’il est appliqué scrupuleusement.
La mauvaise compliance est malheureusement très répandue chez les patients atteints de glaucome, car ils ne perçoivent pas le bénéfice d’un traitement qui peut induire des effets secondaires souvent gênants (brûlures, rougeurs, hyperpigmentation des paupières, vision trouble), alors que la maladie elle-même n’induit pas de symptômes. La chirurgie est un moyen très efficace dans le traitement du glaucome. Celle-ci vise à établir une «fistule» entre l’intérieur de l’œil et l’espace sous-conjonctival pour évacuer le liquide qui ne peut pas passer
par la voie physiologique. Aujourd’hui, nous avons
une large palette de techniques chirurgicales et le médecin choisira la plus adaptée à son patient en fonction du type de glaucome, de l’âge
et de la gravité de l’atteinte.
Ces chirurgies sont effectuées habituellement sous anesthésie locale. Elles nécessitent un suivi postopératoire fréquent pour s’assurer d’une cicatrisation optimale. Il est important de comprendre que les altérations présentes lors du diagnostic sont irréversibles, même avec les meilleurs traitements.
Dans la majorité de cas, la maladie est caractérisée par une progression lente ne nécessitant pas de traitement «agressif».
Toutefois, une proportion non négligeable de cas (5 à 10%) présentera une progression rapide, parfois malgré un traitement optimal. Des contrôles réguliers avec champ visuel et analyse du nerf optique permettront de reconnaître ces formes agressives de glaucome et de prendre des mesures adaptées.

L’invitée Gordana Sunaric Mégevand Ophtalmologue

Conférence sur le glaucome jeudi 14 mars à 18 h 30 à Uni Dufour.

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