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Berne veut faciliter l’accès aux soins des troubles psy

  Jeudi 27 Juin, 2019

Les prestations fournies par des psychologues, formés en psychothérapie, seront remboursées par l’assurance maladie de base

Les psychologues-psychothérapeutes pourront à l’avenir exercer à titre indépendant, sans la surveillance d’un médecin. Le Conseil fédéral a mis en consultation mercredi ce projet qui permet d’accélérer la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques.
Les prestations de ces psychologues formés en psychothérapie seront remboursées par l’assurance maladie de base. Mais elles devront avoir été prescrites par un médecin. Les thérapeutes devront aussi posséder une qualification appropriée ainsi qu’une autorisation de pratiquer délivrée par le Canton. Ce modèle est déjà appliqué pour la physiothérapie, l’ergothérapie ou la neuropsychologie.
Les psychologues attendaient ce changement depuis longtemps. Actuellement, ils peuvent fournir leurs prestations sous la surveillance d’un médecin et dans le cabinet de celui-ci pour pouvoir être remboursés par l’assurance de base.

Un changement s’impose

La situation actuelle n’est pas satisfaisante, a expliqué le ministre de la Santé, Alain Berset, devant la presse. Il peut se passer plusieurs mois avant qu’un jeune en dépression, par exemple, puisse suivre une thérapie. Le nouveau modèle améliore la prise en charge des enfants et des adolescents, mais aussi des adultes en situation de crise et d’urgence.
La prescription d’un médecin de premier recours facilite l’accès à la psychothérapie, qui pourra débuter à temps, sans attendre l’aval d’un médecin psychiatre. Elle réduit la durée des thérapies et la chronicisation des maladies.
Les troubles psychiques sont de plus en plus fréquents, justifie l’Exécutif. Au cours d’une année, jusqu’à un tiers de la population est touchée par une maladie psychique nécessitant un traitement, comme une dépression, un trouble de l’anxiété et une addiction.
Le gouvernement a prévu des mesures pour éviter une hausse injustifiée des prestations et encourager la coordination entre les médecins et les psychothérapeutes. Une prescription médicale donne droit à quinze séances de psychothérapie au maximum, reconductible pour quinze autres. Au-delà de 30 séances (40 jusqu’ici), un rapport doit être adressé au médecin-conseil de l’assureur.
Selon les estimations du Conseil fédéral, un montant de 100 millions de francs sera remboursé par l’assurance de base. Aujourd’hui, les frais sont à la charge des patients eux-mêmes et des assurances complémentaires.
La Fédération suisse des psychologues, l’Association suisse des psychothérapeutes et l’Association de psychologie appliquée saluent le projet. La consultation court jusqu’au 17 octobre.

ATS

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