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Soins esthétiques La lutte contre taches et rides

  Samedi 31 août- Dimanche 1er septembre 2019

Les centres qui traquent la vilaine varice se multiplient dans le canton. Les jeunes y goûtent

Ne pas se relâcher. Se concentrer sur son travail, à nouveau. C’est le leitmotiv de la rentrée. Mais que faire lorsque, au fur et à mesure que le bronzage s’estompe, apparaissent de petites rides et que la peau commence déjà à fatiguer? À se relâcher, dans le sens épidermique du verbe?
Alors que de nombreuses Genevoises vont se refaire une beauté à l’étranger, Genève regorge de cliniques, de centres et de cabinets spécialisés dans les soins esthétiques. Quadrillant les quartiers cossus des Tranchées, de Malombré et de Rive, une vingtaine d’instituts se disputent le client. Une clinique offre même «un rabais de 20% aux jeunes âgés de moins de 28 ans».
Les clients se font de plus en plus jeunes? «Oui, ils sont de plus en plus nombreux, influencés par les images des stars, qu’ils nous montrent, répond le docteur André Friedli, un dermatologue qui opère depuis plus de dix ans à la clinique des Grangettes. Ils veulent leur ressembler. Et, une fois qu’un traitement a été fait, ils en demandent d’autres. Ces situations peuvent s’avérer compliquées et il m’arrive de les dissuader.» Car, ajoute le médecin, «il ne faut pas que les jeunes soient des proies pour les chirurgiens».

Beaucoup de jeunes filles

Propriétaire de la Nouvelle clinique Vert-Pré, le docteur Razah Raad confirme que «beaucoup de jeunes filles» viennent consulter les médecins travaillant avec cet établissement. Ce mercredi, accourus à bord d’une puissante berline, deux jeunes hommes originaires d’un pays du Golfe attendent le docteur. Accolades, sourires. Razah Raad sait mettre à l’aise sa clientèle, avec la rondeur et la chaleur de son origine libanaise. Maniant aussi bien l’arabe que le stéthoscope, il rassure les patients. «Parfois, s’amuse-t-il, je fais aussi de la bobologie!»
Nichée dans le quartier de Conches, la clinique Vert-Pré est perdue dans la verdure, à l’écart des bruits de la ville. Elle accueille une clientèle qui aime la discrétion. Portes capitonnées, terrasse ombragée. L’établissement occupe environ 70 employés. Compte dix-sept chambres. Vingt lits. Trois blocs opératoires, notamment dédiés à la chirurgie esthétique.
Les médecins y réalisent les opérations classiques de ce domaine: rhinoplastie, lifting du visage, liposuccion, reconstruction des parois musculaires, abdominoplastie, interventions maxillo-faciales. Ici, on tend la peau, là on aspire la graisse, là-bas on traque la vilaine varice. «Nous sculptons les corps», lâche le docteur Razah Raad. À Chêne-Bougeries, la clinique des Grangettes propose aussi ces types de traitements. Et quelles sont les méthodes les plus utilisées? «Le laser pigmentaire qui efface les taches brunes de la peau, et les injections d’acide hyaluronique et de toxine botulique», résume André Friedli.

Traitements moins agressifs

Ce dermatologue lucernois, Genevois d’adoption, effectue 2500 opérations par an. «Les patients demandent des traitements beaucoup moins agressifs et moins médicalisés que dans le passé, poursuit-il. Ils ne veulent ni rajeunir de vingt ans, ni souffrir, ni s’absenter trop longtemps de leur travail. Ils sont aussi de mieux en mieux informés des risques. Ils consultent les réseaux sociaux, lisent les témoignages et nous les montrent.»
Spécialisé dans le visage, André Friedli est partisan du botox, malgré les controverses. Pourquoi cet attachement? «Parce qu’énormément d’études ont été menées sur ce traitement. Aujourd’hui, nous pouvons bien mesurer l’efficacité de la toxine sur le muscle. Il existe d’autres techniques, les injections de son propre sang, les ultrasons, le laser. Rien de véritablement nouveau n’a été inventé durant ces vingt dernières années et les machines qui leur sont liées sont de plus en plus chères. Mais ces technologies sont devenues plus rapides, plus douces, moins invasives et permettant aux patients de récupérer plus vite.»
Il y a vingt ans, des femmes optaient pour une chirurgie plastique plus agressive. Et certaines pouvaient ressembler à un canard hagard vous fixant avec des yeux écarquillés. Tempi passati. Les traitements se font tout en douceur. Et les hommes sont de plus en plus nombreux à consulter. Ils viennent plutôt lorsqu’ils sont plus âgés pour effacer les taches brunes sur leur visage ou leur corps. Supprimer de lourdes poches sous les yeux et, naturellement, se faire implanter une chevelure capable de faire pâlir d’envie le président américain Donald Trump.

Roland Rossier

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