Appelez votre médecin en cas de problème, il n’y a pas que le Covid.

Vos médecins sont toujours là pour vous.

Informations et recommandations cantonales destinées aux médecins concernant le COVID-19

Veuillez vous connecter pour accéder à ces informations

Page de connexion

Flèche haut
Réduire

< | >

L’État va limiter l’achat d’appareils médicaux

  Jeudi 16 janvier, 2020

Genève serait suréquipé. Le chef de la Santé veut éviter une surconsommation pour maîtriser les coûts

L’acquisition et l’utilisation d’appareils médicaux tels que des scanners ou IRM seront désormais soumises à l’autorisation du Conseil d’État. Une nouvelle disposition légale entre en effet en vigueur le 18 janvier. Son objectif: «Limiter l’incidence de ces équipements sur la hausse des coûts de la santé et éviter de mettre à charge de l’assurance des prestations superflues, tout en promouvant une médecine de qualité», résume Mauro Poggia, conseiller d’État chargé de la Santé.
Une commission composée de six membres dont des représentants du département, des établissements médicaux publics et privés, de médecins privés et de représentants des associations de défense des assurés sera chargée de préaviser les demandes d’autorisation. Et décider, ainsi, si un nouvel achat répond à un réel besoin.
Le conseiller d’État MCG relève que le canton présente une densité d’équipements nettement supérieure à la moyenne suisse par rapport à sa population. «Genève est suréquipé en moyens techniques lourds. L’offre surabondante de tels équipements se traduit par un volume de prestations supérieur à ce qu’exigerait le strict besoin des patients.»
Entre 2014 et 2019, le nombre d’IRM a augmenté de 54% (de 26 à 40), celui des scanners CT-Scan de 70% (de 20 à 34) et celui des PET-scan, qui servent notamment à montrer l’activité des cellules et donc à détecter les tumeurs cancéreuses, de 33% (de 6 à 8). Le but n’est pas qu’on cesse d’utiliser ces équipements, relève encore le magistrat, «mais d’éviter une surconsommation». Et de rappeler que la Fédération des médecins suisses (FMH) reconnaît qu’en Suisse, 20% des actes médicaux sont inutiles.
Éviter, aussi, des conséquences sur les coûts de la santé. À Genève, le coût moyen par assuré est au-dessus de la moyenne suisse dans pratiquement tous les domaines, spécialement dans celui de la médecine de ville. Le magistrat tient à souligner que le public n’est pas plus cher que le privé, «les hôpitaux universitaires sont même en dessous des coûts moyens suisses».
Enfin, Mauro Poggia rappelle que tous les cantons romands, à l’exception du Valais, ont déjà introduit un tel dispositif de contrôle.
Un référendum avait été annoncé par l’Association des médecins de Genève. Il a finalement échoué en raison du nombre insuffisant de signatures. Lors de l’adoption de cette clause du besoin par le Grand Conseil, en novembre, des députés avaient fait part de leurs craintes. Dont une augmentation des temps d’attente pour les patients et un ralentissement du renouvellement du parc d’équipements. L’élu PDC Bertrand Buchs, par ailleurs médecin, soutenait que «les équipements n’ont pas d’impact sur les coûts de la santé car ils ne sont pas remboursés par les assurances».

Aurélie Toninato

< Retour à la liste