Nouveau secrétaire général

J’ai le plaisir d’annoncer que l’AMGe dispose d’un nouveau secrétaire général en la personne de M. Antonio Pizzoferrato.

M. Pizzoferrato a pris ses fonctions le 20 août 2018; il sera épaulé, jusqu’au 30 septembre 2018, par M. Jean-Marc Guinchard que je remercie très sincèrement pour sa disponibilité, ses compétences et l’appui qu’il a apportés à l’AMGe.

M. Pizzoferrato est au bénéfice d’une formation juridique complète. Après avoir exercé dans une étude de la place, il a occupé, pendant 15 ans, la fonction de chef du Service de la sécurité et de l’espace public de la Ville de Genève. Je lui souhaite plein succès dans le cadre de sa nouvelle activité au sein de notre Association.

Dr Michel Matter, Président

Cher Président, cher Pierre-Alain (édito de La Lettre de l’AMGe d’avril 2018)

Tu nous as quittés le samedi 24 mars. Ton courage et ta volonté pendant ces derniers mois auront été à la taille de ta stature et de ta personnalité. Tu as rejoint les étoiles et le ciel bleu que tu aimais contempler depuis la cabine de ton avion. Une passion qui te permettait de survoler les Alpes pour aller dans un Tessin méridional, ensoleillé, coloré et soudain proche par les airs.

Parfois les mots s’écrivent au pluriel comme le mot Président, poste que tu as souvent occupé au cours des dernières années: Président des radiologues genevois, puis de l’Association des Médecins du canton de Genève de 2006 à 2013 et de la Société médicale de Suisse romande. Tu auras su faire de nous des êtres meilleurs, tournés vers le monde mais aussi soucieux du bien commun et des plus faibles.

Romand avant tout, tu auras su créer des ponts entre les différentes régions linguistiques de notre pays avec patience et pédagogie. Tu étais partout à l’aise, prêt à «faire schmolitz» ou t’asseoir à une Stammtisch. Nous te devons beaucoup. Des voies se sont ouvertes grâce à ta détermination. Te voir œuvrer lors de l’Assemblée des délégués de la FMH était un plaisir tant tu étais LA personne qui permettait à chacun de se retrouver en communion d’idées. Souvent assis à tes côtés lors des Chambres médicales de la FMH, j’ai pu mesurer ton art de la politique et voir des majorités se créer grâce à l’élément fédérateur et commun que tu savais exprimer. Parfois, les coups de colère étaient là pour rappeler l’homme de conviction que tu étais. Et tes coups de cœur, comme pour la Revue médicale suisse et son équipe, un vrai combat!

Tu aimais la transparence, alors l’opacité récurrente des assureurs-maladie t’insupportait. Tes combats ont été nombreux et chacun était fier de pouvoir t’accompagner et porter tes idées. Cette Initiative de séparation entre l’assurance de base et les assurances complémentaires, entre la solidarité et le business comme tu disais, nous la porterons, sans relâche, par la conviction que tu nous as transmise durant ces nombreuses années de parcours ensemble.

Comment ne pas partager les vœux que tu as envoyé pour 2018 à l’ensemble des Présidents cantonaux de la SMSR à propos de la photographie officielle du Conseil fédéral tant ils reflètent ta personnalité et ton regard sur notre monde: «N’est-ce pas magnifique, ce grand parc d’attraction où tout tourne à merveille? Vive la Suisse des livres d’images! Il n’y a que des personnages souriants et heureux, pas de pauvres diables, de malades, et d’éclopés, pas d’hôpitaux ni d’assureurs-maladie. Et puis, pas l’ombre d’un migrant, d’un djihadiste ou d’un chômeur. Ca me plaît bien, ce côté ludique, mais quelle place avons-nous dans ce parc, sinon pour nous y amuser? Ce matin, il en sera fini des bulles pétillantes et des paillettes. Après la gueule de bois, il faudra bien se remettre au travail.» Tu aimais le verbe et tes éditoriaux sont restés dans les mémoires pour ta façon de conter et de raconter. Ton humanisme était communicatif.

Nos pensées vont à ton épouse, tes enfants, tes petits-enfants et ta famille dont tu étais si fier. Le Conseil de l’AMGe et son bureau, ainsi que l’ensemble des membres de l’Association des Médecins du canton de Genève leur expriment leurs plus sincères condoléances et leurs messages de sympathie et d’amitié profonde.

Merci à toi.

Michel Matter

Election au Grand Conseil du 15 avril 2018

Le Conseil de l’Association des Médecins du canton de Genève a décidé, lors de sa séance du 20 mars 2018, de soutenir l’ensemble des députés médecins qui se présentent aux élections au Grand Conseil du 15 avril 2018. Il s’agit des docteurs:

  • Buchs Bertrand (PDC)
  • Conne Pierre (PLR)
  • Locher Jean (PLR)
  • Morel Philippe (PLR)
  • Rielle Jean-Charles (PS)
  • Saudan Patrick (PLR)
  • Sayegh Souheil (PDC)
  • Selleger Charles (PLR)

L’AMGe soutient également les députés qui se sont fortement engagés dans le comité d’initiative «garantir le secret médical …», à savoir :

  • Buchs Bertrand (PDC)
  • Mizrahi Cyril (PS)
  • Saudan Patrick (PLR)
  • Zaugg Christian (ensemble à gauche)

L’AMGe soutient également les députés et candidats suivants :

  • Bläsi Thomas (UDC)
  • De Candolle Beatriz (PLR)
  • Guinchard Jean-Marc (PDC)
  • Kämpfen Véronique (PLR)
  • Maitre Vincent (PDC)

Brillante élection de notre Président au Comité central de la FMH

Par la présente, l’AMGe a le plaisir de vous informer que les 200 délégués de la Chambre médicale de la FMH réunis à Bienne ont élu au Comité central de la FMH le Dr Michel Matter, président de l’AMGe, pour succéder au Dr Remo Osterwalder.
Lire le communiqué de presse de la FMH …

Initiative sur le secret médical : la dernière ligne droite !

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Ce vendredi 10 juin, nous en sommes à environ 7000 signatures, alors qu’il nous faut recueillir au total au moins 7524 signatures valables pour la fin du mois de juin.

C’est la dernière ligne droite : nous sommes donc près du but, alors qu’il nous reste 3 semaines pour nous assurer une bonne marge de sécurité par rapport à ce minimum requis. Toutes les signatures ne sont en effet pas toujours reconnues valables: les données peuvent être incomplètes (adresse, date de naissance ou signature oubliée), le signataire, étranger ou habitant dans un autre canton, ne pas jouir des droits politiques à Genève.

Nous avons donc encore besoin de vous :

pour récolter jusqu’au bout et retourner régulièrement, chaque semaine, vos signatures jusqu’au mercredi 29 juin à l’AMG (rue Micheli-du-Crest 12, 1205 Genève) : le dépôt ayant lieu le 4 juillet, il faudra les 30 juin et 1er juillet nous les adresser en courrier A, ou mieux, les porter dans la boîte aux lettres de l’AMG (même adresse)

pour animer notre dernier stand de récolte de signatures qui se tiendra le samedi 18 juin sur la Plaine de Plainpalais (à la pointe, près du monument érigé en souvenir des événements de 1932, stand 9): merci de vous annoncer auprès du secrétariat: mailto:info@amge.ch

pour distribuer le solde de nos cartes de signatures préaffranchies dans les divers lieux de la Fête de la musique les 17, 18 et 19 juin ou aux abords de la Fan Zone lors de la retransmission des matchs de football ! Passez les chercher au secrétariat !

Merci de tout ce que vous avez fait et de ce que vous ferez encore pour rassembler le maximum de signatures !
Michel Matter

Tous vers MARS ! Et tous à l’Assemblée générale de l’AMG le 30 mai ! (Edito de La lettre de l’AMG de mai 2016)

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Hélas, le projet MARS est inscrit dans la loi !
A l’heure où la révision du tarif médical TARMED déchaîne les passions et amène plus de questions que de certitudes, un autre sujet brûlant va bientôt directement concerner chaque médecin : le projet MARS Modules Ambulatoires des Relevés sur la Santé de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Il a comme mission de fournir des bases statistiques de données sur l’activité ambulatoire de chaque médecin, donc sur l’ensemble du secteur ambulatoire de la santé en Suisse. Cette obligation faite aux fournisseurs de prestations de communiquer des données détaillées sur leur pratique est inscrite à l’article 59a LAMal.1 Dura lex, sed lex !

Tous concernés
Ce projet va toucher tout le secteur ambulatoire, donc tous les centres et cabinets médicaux, mais aussi l’ambulatoire hospitalier, les pharmacies et les soins à domicile. Chacun devra fournir ses propres données qui seront bien évidemment anonymisées avant même qu’elles ne parviennent à l’OFS. Au-delà des données portant sur l’activité ambulatoire, MARS impose également une récolte obligatoire de données structurelles sur l’équipement, l’infrastructure, la formation, le volume de prestations, le personnel ainsi que les charges et produits du cabinet.

De l’aide autour de vous
L’AMG, par la création de sa Boîte de réception des données genevoises de facturation, le trustcenter CTESIAS ou la Caisse des Médecins via RoKo (étude permanente sur les coûts de fonctionnement des cabinets médicaux), le pool de données NewIndex via OBELISC OBjective Evaluation and Leadership In Scientific health data Collection, mais également votre propre fiduciaire via la clôture financière 2015 de vos bilans, vous aideront à collecter et fournir l’ensemble des données requises par l’OFS et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La FMH et les organisations citées ci-dessus ont travaillé à rendre cette récolte de données aussi simple que possible (convivialité du questionnaire électronique, interfaces vers les différents partenaires, technologie éprouvée et anonymisation des données).

MARS est le sujet de notre AG du 30 mai
Le Conseil de votre association a décidé de faire du projet MARS le centre de la prochaine assemblée générale de l’AMG. Le lundi 30 mai, vous bénéficierez d’explications complètes de la part des principaux acteurs au niveau suisse du projet MARS et des différents organes pouvant vous venir en aide. Le but est que chaque médecin comprenne le pourquoi et le comment du projet MARS et qu’il sache où aller chercher les clés pour pouvoir alléger au maximum la charge de travail supplémentaire imposée. L’accent sera mis sur la préparation à l’introduction de MARS.

Novembre 2016 : démarrage de MARS pour tous
Au cours des derniers mois, l’OFS a récolté les données de vingt cabinets médicaux dans un premier relevé pilote. Ce printemps, la phase d’extension de ce projet pilote avec deux cents centres ou cabinets médicaux a lieu (année de référence 2014). Le premier relevé productif est annoncé pour novembre 2016, c’est-à-dire dans six mois avec cette fois-ci l’ensemble des médecins exerçant dans le domaine ambulatoire.

Vous l’aurez compris, MARS nous est imposé par la loi. Je vous invite tous à venir à notre Assemblée générale du lundi 30 mai pour écouter, comprendre et questionner les experts qui seront à votre disposition. Pour la préparer, je vous invite à lire le dossier ci-après. Les données statistiques sont devenues incontournables. Nous resterons attentifs à leur utilisation et au strict respect des données transmises.
Michel Matter

1 Introduit en catimini par la loi fédérale du 21 décembre 2007 (Financement hospitalier), en vigueur depuis le 1er janvier 2009 en tant qu’article 22a, cet article a été abrogé, mais repris à l’article 59a LAMal lors de l’adoption de la loi fédérale sur la surveillance de l’assurance- maladie sociale du 26 septembre 2014, en vigueur depuis le 1er janvier 2016.

Accès aux autres articles de La lettre de l’AMG sur le même sujet.

Signez et faites signer l’initiative de l’AMG «Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société»

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Dernière mise à jour: 04.07.2016 à 13h30

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Après l’adoption par le Grand Conseil de la loi 11404 (secret médical vis-à-vis des détenus), l’AMG en appelle aux droits populaires

Lancée le 4 mars 2016, l’initiative a été déposée le 4 juillet munie de plus de 11’400 signatures! Voir le communiqué de l’AMG.

Télécharger l’initiative pour signature | 7 bonnes raisons de signer | Texte: comparaison initiative / loi 11404 | Informations pratiques | Communiqué du 24.02.2016

7 bonnes raisons de signer l’initiative

Vous avez plus de 18 ans et avez le droit de vote sur le plan cantonal à Genève? Voici 7 bonnes raisons de signer l’initiative de l’Association des médecins:

  • Depuis Hippocrate, le secret médical constitue la pierre angulaire de la pratique médicale. Il doit le rester.
  • La nouvelle loi votée de justesse le 4 février 2016 vise un objectif juste, soutenu par l’AMG: renforcer la coopération entre les différents acteurs intervenant en milieu carcéral. Elle se trompe toutefois de cible (suite…)

Hommage au professeur Gilles Mentha

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A la consternation générale et avec une immense tristesse, nous avons appris le décès brutal du professeur Gilles Mentha le 25 mai 2014. Chacun connaît les réalisations remarquables que Gilles Mentha a faites dans le domaine de la chirurgie et de la transplantation aux HUG, ses qualités professionnelles et humaines exceptionnelles qui ont largement dépassé nos frontières. Je souhaiterais ici lui rendre hommage et témoigner plus particulièrement de ce qu’il a apporté à la chirurgie pédiatrique, à la pédiatrie et de ce que je lui dois professionnellement.

J’ai connu Gilles Mentha il y a plus de 35 ans, j’étais cheffe de clinique en chirurgie pédiatrique à l’Hôpital des Enfants de Genève et Gilles commençait ses années d’assistant en chirurgie par une année dans notre Service. De cette époque est née une solide amitié et peut-être également l’amour de Gilles pour les enfants et pour cette chirurgie pédiatrique.

Des années plus tard, j’ai eu la chance d’être sollicitée par Gilles, avec toute une équipe de chirurgiens, pour participer à la création du Service de transplantation hépatique. En effet, dès le début, Gilles m’a associée au travail de laboratoire, puis à l’équipe de transplantation. Nous n’étions pas encore “patrons” dans nos services respectifs au début de la mise en route du programme aux HUG. Gilles avait alors déjà une solide formation dans le domaine de la chirurgie du foie, des voies biliaires et de la transplantation chez les adultes. En pédiatrie, cette chirurgie était plus rare et ma propre formation dans le domaine de la chirurgie hépatique plutôt lacunaire. Avec beaucoup de générosité, Gilles m’a enseigné ce qui me manquait pour accomplir cette chirurgie du foie et de la transplantation.

Après le début du programme de transplantation chez l’adulte et ses débuts chez l’enfant (sous l’égide du professeur A. Rohner), c’est avec Gilles que nous avons créé le programme de transplantation hépatique chez l’enfant et c’est encore avec lui que nous avons réalisé au moins les cinquante premières transplantations en pédiatrie. Comme Gilles le disait lui-même, c’est le travail de toute une équipe qui permet l’accomplissement de telles réalisations et cette équipe pédiatrique a été créée avec le professeur D. Belli. Mais Gilles a toujours été présent, enthousiaste, concerné par tout ce qui arrivait à nos petits patients.

Les enfants du Service de pédiatrie ont donc fait partie intégrante du programme pour adultes. Il n’y avait qu’un programme, qu’une liste d’attente, qu’une équipe chirurgicale commune adultes-enfants, et c’est ce qui a permis à Genève de se profiler progressivement comme centre de référence pédiatrique des pathologies du foie, des voies biliaires et de la transplantation hépatique pour toute la Suisse.

Ensemble avec Gilles Mentha, nous avons vécu des moments exaltants… et des moments dramatiques. Nous avons passé des nuits entières, des week-ends à opérer des enfants, petits et grands, pour leur donner une nouvelle vie. Nous avons veillé ensemble, lutté ensemble, ri et pleuré ensemble, car tout ne se passait pas toujours comme nous le souhaitions.

Gilles Mentha était disponible dès que l’on avait besoin de lui. Je ne compte pas le nombre de téléphones nocturnes, d’heures de discussions pour évaluer ce qui était raisonnable et ce qui ne l’était pas et tout cela dans une confiance réciproque absolue. Ses compétences dans le domaine de la chirurgie du foie étaient immenses et les dossiers compliqués des enfants présentant un problème hépatique, venant de toute la Suisse, étaient discutés et souvent traités et opérés avec lui. Parfois, nous avons pu éviter à un enfant une greffe de foie, grâce à son expertise et son courage. De très nombreux enfants lui doivent la vie.

En plus de ses qualités de chirurgien, de scientifique, Gilles Mentha a toujours fait preuve d’une immense humanité, d’empathie à l’égard de tous et de gentillesse. Il prenait plaisir à venir saluer et discuter avec «nos» enfants, à les retrouver lors de certaines réunions ou manifestations. Le 28 juin de cette année, Gilles devait monter à vélo au Salève avec un jeune homme de 18 ans, que nous avions transplanté ensemble à l’âge de 18 mois, et qui a décidé de faire le tour de Suisse à vélo avec son père, pour promouvoir le don d’organes.

Nous perdons un ami cher, un très grand chirurgien, un homme intègre, rigoureux, méticuleux, un scientifique de haut niveau, une personnalité forte, mais humble, aux qualités professionnelles exceptionnelles, qui a réussi à rester à l’écoute de tous d’une manière proche et toujours chaleureuse.

Mes pensées émues vont à sa famille, ses enfants, ses amis, ses collègues, son équipe aux HUG, mais également à ses nombreux patients. Il laisse beaucoup d’orphelins. Nous allons devoir nous habituer à vivre sans la présence de Gilles Mentha, cela sera chose difficile.
Professeure Claude Le Coultre
Ancienne cheffe du service de
chirurgie pédiatrique des HUG

 

Ensemble, plus forts ! (Editorial de La lettre de l’AMG de janvier-février 2014)

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2004, entrée en vigueur du TARMED. La revalorisation de l’acte intellectuel ne sera qu’un leurre. La perte de revenus des spécialistes et le frein au développement de la chirurgie ambulatoire deviennent pour nombre de disciplines une réalité à contre-courant du progrès.

Berne, Place fédérale le 1er avril 2006. Nous sommes réunis, galvanisés. Des blouses blanches à perte de vue. Le retour en train est euphorique. Le lendemain, dans la presse dominicale, le conseiller fédéral Pascal Couchepin, en pourfendeur des médecins, nous assassine. Il évoque avec habilité nos différences et notre incapacité à penser d’une seule voix.

Le 1er juin 2008, le peuple suisse balaie le projet d’article constitutionnel 117A «Qualité et efficacité économique dans l’assurance–maladie. ». Notre slogan: «Ma santé, mon médecin, c’est mon choix» a été repris avec succès à travers toute la Suisse romande. Le libre choix du médecin est plébiscité dans tout le pays.

Genève, rue de l’Hôtel-de-Ville le 24 mars 2009. Nous marchons en rangs serrés, solidaires, dans un mouvement de grève initié par l’aiguillon Bertrand Buchs, contre la baisse drastique du remboursement des analyses de laboratoire au cabinet. Pascal Couchepin a encore frappé et agi sans concertation.

Décembre 2010, le conseiller fédéral Didier Burkhalter décide de supprimer unilatéralement le remboursement des lunettes d’enfants. Pédiatres, ophtalmologues et associations de patients feront pression. En juin 2012, machine arrière, les lunettes d’enfants sont à nouveau remboursées.

17 juin 2012. Plus de 99% des communes suisses refusent la loi dite Managed Care. Près de 9 Genevois sur 10 glissent un non dans l’urne. Notre mot d’ordre: Marre d’être pressés comme des citrons a été porteur. Quelques mois plus tôt, la campagne de signatures pour le référendum a réalisé un score historique. Un succès total.

16 décembre 2013, le conseiller fédéral Alain Berset, en utilisant pour la première fois la compétence subsidiaire du Conseil fédéral, veut imposer une adaptation de la structure tarifaire TARMED. La revalorisation est juste, son financement elle cette vieille recette du diviser pour régner ?

2004-2013: dix années de luttes, dix années de combats. Et ceux qui arrivent, juste devant nous, seront encore plus importants. Les amputations et les sacrifices ont été nombreux, trop nombreux. Nous devons d’une seule voix, ensemble, solidairement, faire face. Les divisions partisanes affaiblissent. Toujours.
Dix ans qui n’auront vu qu’un seul gagnant, l’assureur. Pas les patients, pas les médecins. Les primes ne cessent de grimper, nos revenus ne cessent de diminuer. Ce que nous devons remettre en cause, c’est le mode de financement du système de santé dans notre pays. Cela devient intenable, pour les patients et les médecins. Nous devrons convaincre les citoyens que le système actuel ne peut continuer ainsi. La votation pour une caisse publique à gestion cantonale sera cruciale. Et selon les circonstances, nous devrons, un jour peut-être, casser le beau jouet des assureurs qui leur rapporte tant et donc le système. Mais pour quitter, il faut souffrir. Beaucoup.
Je mène d’autres combats associatifs. Contre la malvoyance à Genève et dans le monde, contre la précarité dans notre ville. Dans ces actions sociales, comme dans nos luttes perpétuelles contre la diminution de nos conditions de travail, il est essentiel de montrer un front uni. Nous défendons des idées, des lignes politiques, mais sans étiquette, sans couleur de parti. Notre liberté de pensée est indispensable. Ces dix années de présence, depuis mon élection à la tête d’un groupe de discipline à Genève, en passant par la présidence du comité référendaire Libre choix du médecin pour tous, à mes nouvelles fonctions de président de l’AMG, m’auront appris que seuls un esprit solidaire, un message commun, une action ferme et une énorme volonté font avancer les dossiers et obtenir des résultats.
Mais pour avancer et lutter, nous devons être ensemble. Pour être plus forts.
Michel Matter

La Société Médicale de Genève vous attend !

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La Société Médicale, ce n’est pas un colloque de plus ! C’est une occasion précieuse, six fois par an, de partager du temps avec des collègues de toutes spécialités, de retrouver des amis et de lier contact avec ceux que nous ne connaissons pas. C’est aussi l’occasion d’écouter des conférences qui ne sont pas purement médicales et qui nous ouvrent sur l’extérieur. De tout cela, nous avons plus que jamais besoin !

Les demandes d’adhésion sont à adresser à :
Docteur Inès Danville Sappino, secrétaire
Société Médicale de Genève
Chemin du Pré-Puits 30
1246 Corsier

Pourquoi adhérer à la Société Médicale de Genève ?
Ainsi que le soulignait le professeur Willy Taillard en 1973, à l’occasion du cent-cinquantenaire, une société médicale demeure un lieu privilégié. Elle favorise les remises en question des problèmes «qui font toute la différence entre la science et l’art médical, ce dernier s’appliquant encore à la personne humaine dans son tout». Quarante ans ont passé : le patient, malmené, tout comme son «prestataire de soins», n’est plus vraiment au centre du débat.

La Société Médicale de Genève perpétue l’esprit d’un art que des pouvoirs ont fragilisé. Dans le sillage de son histoire, elle valorise science, culture et humanisme au sein de notre corporation et, indirectement, dans la vie publique. Ses buts sont de promouvoir l’interdisciplinarité et la formation continue, d’encourager les échanges entre les médecins de différentes spécialités et de susciter une réflexion sur les rapports médecine et société, de même que sur l’éthique, dans notre vie pratique comme dans la recherche. Des entretiens reconnus pour la formation continue sont organisés six fois par an, permettant aux membres de se retrouver harmonieusement, loin des pressions politico-économiques. Le thème scientifique est défini chaque année par le président, nommé pour un an et choisi alternativement au sein des milieux libéral et universitaire.

Fondée le 26 décembre 1823, cinquante ans avant la création de la Faculté de médecine, la Société Médicale de Genève est l’une des plus anciennes sociétés savantes de Suisse. Dix ans après la proclamation de la Restauration, la Cité était encore ceinturée par ses fortifications et abritait une population de 25 000 habitants. Elle était soignée par 26 médecins (un pour 960 habitants); bien qu’absorbés par leurs malades, ils restaient en contact avec les progrès de la médecine, pouvaient suivre les séances de trois sociétés (disparues au XIXe siècle) et publiaient des mémoires. Jean- François Coindet (1774-1834), docteur en médecine d’Edimbourg, pionnier du rôle de l’iode dans la prévention du goitre endémique, cherchait à développer une vision objective et scientifique de la médecine. Mais des excès de dosage et des intoxications à l’iode l’avaient exposé à de violentes critiques. Sous son impulsion et celle de cinq cofondateurs non contestataires (dont Théodore Herpin, 1799-1865, médecin de Toepffer, cinq fois président), cette quatrième société réunit bientôt des personnalités qui servirent l’art médical avec éloquence.

Des liens étroits unissaient à la France les milieux médicaux suisses. La plupart des médecins genevois s’étaient formés à Paris ou à Strasbourg. Rappelons aussi que trois futurs membres de la Société Médicale, les docteurs Marc-Jacob d’Espine (1806-1860), Théodore Maunoir (1806-1869, cofondateur de la Croix-Rouge) et Jean-François Bizot (1804- 1885, dit John), docteurs en médecine de Paris, furent en 1832 les fondateurs de la prestigieuse Société médicale d’observation de Paris, que présida Pierre-Charles- Alexandre Louis (1787-1872), un précurseur de la médecine fondée sur les preuves.

Dans sa recherche sur l’histoire de la Société Médicale de Genève, de 1823 à 1968, le Dr Marcel Naville (1919- 2003, président du CICR) a retracé les apports de nos aînés. Citons les premières injections intraveineuses d’opium en tant que calmant (Charles Coindet, fils de Jean-François); l’auscultation du foetus et les premières césariennes à Genève (François Mayor); des études sur l’embryologie, sur le pouvoir fécondant des spermatozoïdes, et sur le rôle des reins dans l’excrétion de l’urée (Jean-Louis Prevost senior, médecin de Stendhal); la statistique appliquée à la médecine, et la nomenclature des causes de décès (Marc-Jacob d’Espine); la climatologie et la répartition géographique des maladies (Henri-Clermont Lombard); la publication du Traité clinique et pratique des maladies des enfants, à l’origine de la pédiatrie moderne (Frédéric Rilliet); des oeuvres de soins aux blessés (Louis Appia, co-fondateur de la Croix-Rouge); la mise en pratique de l’asepsie (Victor Gautier); ou encore la découverte de la lésion initiale de la poliomyélite et la description de l’ischémie dans les ramollissements cérébraux (Louis Prevost junior).

Mais tradition et documents ont aussi perpétué l’originalité de certains membres. Hippolyte Gosse (1834-1901) par exemple, docteur en médecine de Paris, actif dans les domaines médical et politique, fut un médecin aux intérêts multiples et le premier professeur de médecine légale. Surnommé «Le Grand Hypoglosse», «il mimait ses leçons avec une telle ardeur démonstrative que, lorsqu’il s’agissait du suicide par étranglement, ses élèves se voyaient obligés, dit-on, de lui porter secours». Auguste Reverdin (1838-1908), docteur en médecine de Strasbourg, grand épicurien et bon vivant, avait un esprit étincelant; doué d’une adresse manuelle stupéfiante, il imagina de nombreux perfectionnements dans l’instrumentation chirurgicale.

La Conférence Julliard-Revilliod fut créée en 1916 sous l’impulsion du Dr Charles G. Cumston (1868-1945), un citoyen des Etats-Unis formé à Genève, qui prit l’initiative de son financement. Elle commémore les deux premiers professeurs nommés lors de la création de la Faculté de médecine en 1876. Gustave Julliard (1836-1911), docteur en médecine de Paris, co-fondateur de la Faculté de médecine de Genève (avec Carl Vogt et Antoine Carteret), fut professeur de clinique chirurgicale et deux fois recteur de l’Université de Genève; il démontra la supériorité de l’éther sur le chloroforme et développa un masque d’anesthésie. Léon Revilliod (1835-1918), docteur en médecine de Paris, professeur de clinique médicale, fut l’auteur des premières trachéotomies faites à Genève et des traitements de pleurésie purulente par pleurotomie et drainage par siphon; il laissa un signe qui porte son nom et caractérise la paralysie faciale d’origine centrale.

Parmi les personnalités récemment disparues, le Dr Roger Mayer (1931-2012), privat-docent à la Faculté de médecine, membre du Conseil de l’Association des médecins et historien de la médecine, fut l’archiviste de la Société Médicale; on lui doit d’avoir complété les recherches et inclus le texte du Dr Naville dans le fascicule Histoire de la Société Médicale de Genève (1823-1993) publié en 1994.

Le programme 2012 évoquait des relations marquantes entre l’histoire de la médecine, l’art et notre modernité. L’année 2013 sera placée sous le signe des enjeux de la médecine. Des défis nous attendent, que ce soit au niveau des avancées scientifiques : la médecine personnalisée du cancer, l’approche génétique du sommeil, la guérison de certaines maladies du sang, ou sous l’optique sociétale : la médecine de demain, les principaux enjeux pour les médecins de ville ou hospitaliers, ainsi que pour les pharmaciens. A nouveau, la Société Médicale de Genève aura le plaisir d’accueillir des orateurs réputés, suisses et français. Nous sommes convaincus que les thèmes choisis de même que la qualité des exposés vous inciteront à réserver dans vos agendas ces soirées, traditionnellement agrémentées d’un buffet !

En guise d’invitation
Le 28 mai 1968, le Dr Marcel Naville accueillit une volée de quatre-vingt-cinq nouveaux membres. Nous n’aurons pas l’heur d’égaler ce record mais affirmons que, depuis bientôt 200 ans, la Société Médicale de Genève cultive un dialogue fondamental entre ses membres, valorisant l’expérience pratique, la créativité, le monde universitaire et l’humanisme. Elle reste fidèle à ses buts, maintient l’exigence, renouvelle ses débats et entretient, grâce à ses présidents, des relations avec les universités suisses et françaises.

La Société Médicale a son identité propre et sa vocation spécifique : complémentaire à l’Association des Médecins du canton de Genève, elle garde une place de choix dans la vie active des médecins genevois.

Nous vous invitons chaleureusement à en faire partie! Précisons que la cotisation annuelle est modeste: 60 CHF.
Dr Gérald d’Andiran. président
Prof. Philippe de Moerloose. vice-président

Société Médicale de Genève
Cycle 2013 des conférences
(organisation: Prof. Philippe de Moerloose)
La médecine de demain: quels enjeux ?

Mardi 5 février : Prof. H. Fridman (Paris) et Prof. P.-Y. Dietrich (HUG)
Immunologie et immunothérapie : de nouvelles armes pour une médecine personnalisée des cancers
Mardi 5 mars : Mr. P.-Y. Maillard, ministre de la santé (canton de Vaud)
Médecine de demain
Mardi 9 avril : Prof. M. Tafti (Lausanne) et Dr S. Perrig (HUG)
Le sommeil, de la génétique à la clinique
Mardi 7 mai : Prof. J.-F. Schved (Montpellier) et Prof. P. de Moerloose (HUG)
A propos de la transfusion et de certaines maladies hémorragiques
Mardi 10 septembre : Dr P.-A. Schneider (GE) et Prof. A. Perrier (HUG)
Enjeux et défis de la médecine de ville et de la médecine hospitalière
Conférence co-organisée avec la Société Médicale de Beaulieu (Salle Beaulieu, Clinique Générale-Beaulieu)
Mardi 1er octobre: (conférence Julliard-Revilliod): Prof. J.-L. Salomon (GE), Dr J.-L. Forni (GE) et Dr S. Motamed (HUG)
Collaboration médecins-pharmaciens: un revolver sous l’oreiller ?

Les conférences ont lieu aux HUG, salle Opéra, à 19 h 15 (Parking Nord ouvert, annoncer «Société Médicale de Genève»), excepté celle du 10 septembre (salle Beaulieu, Clinique Générale-Beaulieu, 19 h 15).