Initiative sur le secret médical : la dernière ligne droite !

Ce vendredi 10 juin, nous en sommes à environ 7000 signatures, alors qu’il nous faut recueillir au total au moins 7524 signatures valables pour la fin du mois de juin.

C’est la dernière ligne droite : nous sommes donc près du but, alors qu’il nous reste 3 semaines pour nous assurer une bonne marge de sécurité par rapport à ce minimum requis. Toutes les signatures ne sont en effet pas toujours reconnues valables: les données peuvent être incomplètes (adresse, date de naissance ou signature oubliée), le signataire, étranger ou habitant dans un autre canton, ne pas jouir des droits politiques à Genève.

Nous avons donc encore besoin de vous :

pour récolter jusqu’au bout et retourner régulièrement, chaque semaine, vos signatures jusqu’au mercredi 29 juin à l’AMG (rue Micheli-du-Crest 12, 1205 Genève) : le dépôt ayant lieu le 4 juillet, il faudra les 30 juin et 1er juillet nous les adresser en courrier A, ou mieux, les porter dans la boîte aux lettres de l’AMG (même adresse)

pour animer notre dernier stand de récolte de signatures qui se tiendra le samedi 18 juin sur la Plaine de Plainpalais (à la pointe, près du monument érigé en souvenir des événements de 1932, stand 9): merci de vous annoncer auprès du secrétariat: mailto:info@amge.ch

pour distribuer le solde de nos cartes de signatures préaffranchies dans les divers lieux de la Fête de la musique les 17, 18 et 19 juin ou aux abords de la Fan Zone lors de la retransmission des matchs de football ! Passez les chercher au secrétariat !

Merci de tout ce que vous avez fait et de ce que vous ferez encore pour rassembler le maximum de signatures !
Michel Matter

Tous vers MARS ! Et tous à l’Assemblée générale de l’AMG le 30 mai ! (Edito de La lettre de l’AMG de mai 2016)

Hélas, le projet MARS est inscrit dans la loi !
A l’heure où la révision du tarif médical TARMED déchaîne les passions et amène plus de questions que de certitudes, un autre sujet brûlant va bientôt directement concerner chaque médecin : le projet MARS Modules Ambulatoires des Relevés sur la Santé de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Il a comme mission de fournir des bases statistiques de données sur l’activité ambulatoire de chaque médecin, donc sur l’ensemble du secteur ambulatoire de la santé en Suisse. Cette obligation faite aux fournisseurs de prestations de communiquer des données détaillées sur leur pratique est inscrite à l’article 59a LAMal.1 Dura lex, sed lex !

Tous concernés
Ce projet va toucher tout le secteur ambulatoire, donc tous les centres et cabinets médicaux, mais aussi l’ambulatoire hospitalier, les pharmacies et les soins à domicile. Chacun devra fournir ses propres données qui seront bien évidemment anonymisées avant même qu’elles ne parviennent à l’OFS. Au-delà des données portant sur l’activité ambulatoire, MARS impose également une récolte obligatoire de données structurelles sur l’équipement, l’infrastructure, la formation, le volume de prestations, le personnel ainsi que les charges et produits du cabinet.

De l’aide autour de vous
L’AMG, par la création de sa Boîte de réception des données genevoises de facturation, le trustcenter CTESIAS ou la Caisse des Médecins via RoKo (étude permanente sur les coûts de fonctionnement des cabinets médicaux), le pool de données NewIndex via OBELISC OBjective Evaluation and Leadership In Scientific health data Collection, mais également votre propre fiduciaire via la clôture financière 2015 de vos bilans, vous aideront à collecter et fournir l’ensemble des données requises par l’OFS et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La FMH et les organisations citées ci-dessus ont travaillé à rendre cette récolte de données aussi simple que possible (convivialité du questionnaire électronique, interfaces vers les différents partenaires, technologie éprouvée et anonymisation des données).

MARS est le sujet de notre AG du 30 mai
Le Conseil de votre association a décidé de faire du projet MARS le centre de la prochaine assemblée générale de l’AMG. Le lundi 30 mai, vous bénéficierez d’explications complètes de la part des principaux acteurs au niveau suisse du projet MARS et des différents organes pouvant vous venir en aide. Le but est que chaque médecin comprenne le pourquoi et le comment du projet MARS et qu’il sache où aller chercher les clés pour pouvoir alléger au maximum la charge de travail supplémentaire imposée. L’accent sera mis sur la préparation à l’introduction de MARS.

Novembre 2016 : démarrage de MARS pour tous
Au cours des derniers mois, l’OFS a récolté les données de vingt cabinets médicaux dans un premier relevé pilote. Ce printemps, la phase d’extension de ce projet pilote avec deux cents centres ou cabinets médicaux a lieu (année de référence 2014). Le premier relevé productif est annoncé pour novembre 2016, c’est-à-dire dans six mois avec cette fois-ci l’ensemble des médecins exerçant dans le domaine ambulatoire.

Vous l’aurez compris, MARS nous est imposé par la loi. Je vous invite tous à venir à notre Assemblée générale du lundi 30 mai pour écouter, comprendre et questionner les experts qui seront à votre disposition. Pour la préparer, je vous invite à lire le dossier ci-après. Les données statistiques sont devenues incontournables. Nous resterons attentifs à leur utilisation et au strict respect des données transmises.
Michel Matter

1 Introduit en catimini par la loi fédérale du 21 décembre 2007 (Financement hospitalier), en vigueur depuis le 1er janvier 2009 en tant qu’article 22a, cet article a été abrogé, mais repris à l’article 59a LAMal lors de l’adoption de la loi fédérale sur la surveillance de l’assurance- maladie sociale du 26 septembre 2014, en vigueur depuis le 1er janvier 2016.

Accès aux autres articles de La lettre de l’AMG sur le même sujet.

Signez et faites signer l’initiative de l’AMG «Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société»

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Dernière mise à jour: 04.07.2016 à 13h30

Affichettes à télécharger

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Après l’adoption par le Grand Conseil de la loi 11404 (secret médical vis-à-vis des détenus), l’AMG en appelle aux droits populaires

Lancée le 4 mars 2016, l’initiative a été déposée le 4 juillet munie de plus de 11’400 signatures! Voir le communiqué de l’AMG.

Télécharger l’initiative pour signature | 7 bonnes raisons de signer | Texte: comparaison initiative / loi 11404 | Informations pratiques | Communiqué du 24.02.2016

7 bonnes raisons de signer l’initiative

Vous avez plus de 18 ans et avez le droit de vote sur le plan cantonal à Genève? Voici 7 bonnes raisons de signer l’initiative de l’Association des médecins:

  • Depuis Hippocrate, le secret médical constitue la pierre angulaire de la pratique médicale. Il doit le rester.
  • La nouvelle loi votée de justesse le 4 février 2016 vise un objectif juste, soutenu par l’AMG: renforcer la coopération entre les différents acteurs intervenant en milieu carcéral. Elle se trompe toutefois de cible (suite…)

Hommage au professeur Gilles Mentha

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A la consternation générale et avec une immense tristesse, nous avons appris le décès brutal du professeur Gilles Mentha le 25 mai 2014. Chacun connaît les réalisations remarquables que Gilles Mentha a faites dans le domaine de la chirurgie et de la transplantation aux HUG, ses qualités professionnelles et humaines exceptionnelles qui ont largement dépassé nos frontières. Je souhaiterais ici lui rendre hommage et témoigner plus particulièrement de ce qu’il a apporté à la chirurgie pédiatrique, à la pédiatrie et de ce que je lui dois professionnellement.

J’ai connu Gilles Mentha il y a plus de 35 ans, j’étais cheffe de clinique en chirurgie pédiatrique à l’Hôpital des Enfants de Genève et Gilles commençait ses années d’assistant en chirurgie par une année dans notre Service. De cette époque est née une solide amitié et peut-être également l’amour de Gilles pour les enfants et pour cette chirurgie pédiatrique.

Des années plus tard, j’ai eu la chance d’être sollicitée par Gilles, avec toute une équipe de chirurgiens, pour participer à la création du Service de transplantation hépatique. En effet, dès le début, Gilles m’a associée au travail de laboratoire, puis à l’équipe de transplantation. Nous n’étions pas encore “patrons” dans nos services respectifs au début de la mise en route du programme aux HUG. Gilles avait alors déjà une solide formation dans le domaine de la chirurgie du foie, des voies biliaires et de la transplantation chez les adultes. En pédiatrie, cette chirurgie était plus rare et ma propre formation dans le domaine de la chirurgie hépatique plutôt lacunaire. Avec beaucoup de générosité, Gilles m’a enseigné ce qui me manquait pour accomplir cette chirurgie du foie et de la transplantation.

Après le début du programme de transplantation chez l’adulte et ses débuts chez l’enfant (sous l’égide du professeur A. Rohner), c’est avec Gilles que nous avons créé le programme de transplantation hépatique chez l’enfant et c’est encore avec lui que nous avons réalisé au moins les cinquante premières transplantations en pédiatrie. Comme Gilles le disait lui-même, c’est le travail de toute une équipe qui permet l’accomplissement de telles réalisations et cette équipe pédiatrique a été créée avec le professeur D. Belli. Mais Gilles a toujours été présent, enthousiaste, concerné par tout ce qui arrivait à nos petits patients.

Les enfants du Service de pédiatrie ont donc fait partie intégrante du programme pour adultes. Il n’y avait qu’un programme, qu’une liste d’attente, qu’une équipe chirurgicale commune adultes-enfants, et c’est ce qui a permis à Genève de se profiler progressivement comme centre de référence pédiatrique des pathologies du foie, des voies biliaires et de la transplantation hépatique pour toute la Suisse.

Ensemble avec Gilles Mentha, nous avons vécu des moments exaltants… et des moments dramatiques. Nous avons passé des nuits entières, des week-ends à opérer des enfants, petits et grands, pour leur donner une nouvelle vie. Nous avons veillé ensemble, lutté ensemble, ri et pleuré ensemble, car tout ne se passait pas toujours comme nous le souhaitions.

Gilles Mentha était disponible dès que l’on avait besoin de lui. Je ne compte pas le nombre de téléphones nocturnes, d’heures de discussions pour évaluer ce qui était raisonnable et ce qui ne l’était pas et tout cela dans une confiance réciproque absolue. Ses compétences dans le domaine de la chirurgie du foie étaient immenses et les dossiers compliqués des enfants présentant un problème hépatique, venant de toute la Suisse, étaient discutés et souvent traités et opérés avec lui. Parfois, nous avons pu éviter à un enfant une greffe de foie, grâce à son expertise et son courage. De très nombreux enfants lui doivent la vie.

En plus de ses qualités de chirurgien, de scientifique, Gilles Mentha a toujours fait preuve d’une immense humanité, d’empathie à l’égard de tous et de gentillesse. Il prenait plaisir à venir saluer et discuter avec «nos» enfants, à les retrouver lors de certaines réunions ou manifestations. Le 28 juin de cette année, Gilles devait monter à vélo au Salève avec un jeune homme de 18 ans, que nous avions transplanté ensemble à l’âge de 18 mois, et qui a décidé de faire le tour de Suisse à vélo avec son père, pour promouvoir le don d’organes.

Nous perdons un ami cher, un très grand chirurgien, un homme intègre, rigoureux, méticuleux, un scientifique de haut niveau, une personnalité forte, mais humble, aux qualités professionnelles exceptionnelles, qui a réussi à rester à l’écoute de tous d’une manière proche et toujours chaleureuse.

Mes pensées émues vont à sa famille, ses enfants, ses amis, ses collègues, son équipe aux HUG, mais également à ses nombreux patients. Il laisse beaucoup d’orphelins. Nous allons devoir nous habituer à vivre sans la présence de Gilles Mentha, cela sera chose difficile.
Professeure Claude Le Coultre
Ancienne cheffe du service de
chirurgie pédiatrique des HUG

 

Ensemble, plus forts ! (Editorial de La lettre de l’AMG de janvier-février 2014)

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2004, entrée en vigueur du TARMED. La revalorisation de l’acte intellectuel ne sera qu’un leurre. La perte de revenus des spécialistes et le frein au développement de la chirurgie ambulatoire deviennent pour nombre de disciplines une réalité à contre-courant du progrès.

Berne, Place fédérale le 1er avril 2006. Nous sommes réunis, galvanisés. Des blouses blanches à perte de vue. Le retour en train est euphorique. Le lendemain, dans la presse dominicale, le conseiller fédéral Pascal Couchepin, en pourfendeur des médecins, nous assassine. Il évoque avec habilité nos différences et notre incapacité à penser d’une seule voix.

Le 1er juin 2008, le peuple suisse balaie le projet d’article constitutionnel 117A «Qualité et efficacité économique dans l’assurance–maladie. ». Notre slogan: «Ma santé, mon médecin, c’est mon choix» a été repris avec succès à travers toute la Suisse romande. Le libre choix du médecin est plébiscité dans tout le pays.

Genève, rue de l’Hôtel-de-Ville le 24 mars 2009. Nous marchons en rangs serrés, solidaires, dans un mouvement de grève initié par l’aiguillon Bertrand Buchs, contre la baisse drastique du remboursement des analyses de laboratoire au cabinet. Pascal Couchepin a encore frappé et agi sans concertation.

Décembre 2010, le conseiller fédéral Didier Burkhalter décide de supprimer unilatéralement le remboursement des lunettes d’enfants. Pédiatres, ophtalmologues et associations de patients feront pression. En juin 2012, machine arrière, les lunettes d’enfants sont à nouveau remboursées.

17 juin 2012. Plus de 99% des communes suisses refusent la loi dite Managed Care. Près de 9 Genevois sur 10 glissent un non dans l’urne. Notre mot d’ordre: Marre d’être pressés comme des citrons a été porteur. Quelques mois plus tôt, la campagne de signatures pour le référendum a réalisé un score historique. Un succès total.

16 décembre 2013, le conseiller fédéral Alain Berset, en utilisant pour la première fois la compétence subsidiaire du Conseil fédéral, veut imposer une adaptation de la structure tarifaire TARMED. La revalorisation est juste, son financement elle cette vieille recette du diviser pour régner ?

2004-2013: dix années de luttes, dix années de combats. Et ceux qui arrivent, juste devant nous, seront encore plus importants. Les amputations et les sacrifices ont été nombreux, trop nombreux. Nous devons d’une seule voix, ensemble, solidairement, faire face. Les divisions partisanes affaiblissent. Toujours.
Dix ans qui n’auront vu qu’un seul gagnant, l’assureur. Pas les patients, pas les médecins. Les primes ne cessent de grimper, nos revenus ne cessent de diminuer. Ce que nous devons remettre en cause, c’est le mode de financement du système de santé dans notre pays. Cela devient intenable, pour les patients et les médecins. Nous devrons convaincre les citoyens que le système actuel ne peut continuer ainsi. La votation pour une caisse publique à gestion cantonale sera cruciale. Et selon les circonstances, nous devrons, un jour peut-être, casser le beau jouet des assureurs qui leur rapporte tant et donc le système. Mais pour quitter, il faut souffrir. Beaucoup.
Je mène d’autres combats associatifs. Contre la malvoyance à Genève et dans le monde, contre la précarité dans notre ville. Dans ces actions sociales, comme dans nos luttes perpétuelles contre la diminution de nos conditions de travail, il est essentiel de montrer un front uni. Nous défendons des idées, des lignes politiques, mais sans étiquette, sans couleur de parti. Notre liberté de pensée est indispensable. Ces dix années de présence, depuis mon élection à la tête d’un groupe de discipline à Genève, en passant par la présidence du comité référendaire Libre choix du médecin pour tous, à mes nouvelles fonctions de président de l’AMG, m’auront appris que seuls un esprit solidaire, un message commun, une action ferme et une énorme volonté font avancer les dossiers et obtenir des résultats.
Mais pour avancer et lutter, nous devons être ensemble. Pour être plus forts.
Michel Matter

La Société Médicale de Genève vous attend !

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La Société Médicale, ce n’est pas un colloque de plus ! C’est une occasion précieuse, six fois par an, de partager du temps avec des collègues de toutes spécialités, de retrouver des amis et de lier contact avec ceux que nous ne connaissons pas. C’est aussi l’occasion d’écouter des conférences qui ne sont pas purement médicales et qui nous ouvrent sur l’extérieur. De tout cela, nous avons plus que jamais besoin !

Les demandes d’adhésion sont à adresser à :
Docteur Inès Danville Sappino, secrétaire
Société Médicale de Genève
Chemin du Pré-Puits 30
1246 Corsier

Pourquoi adhérer à la Société Médicale de Genève ?
Ainsi que le soulignait le professeur Willy Taillard en 1973, à l’occasion du cent-cinquantenaire, une société médicale demeure un lieu privilégié. Elle favorise les remises en question des problèmes «qui font toute la différence entre la science et l’art médical, ce dernier s’appliquant encore à la personne humaine dans son tout». Quarante ans ont passé : le patient, malmené, tout comme son «prestataire de soins», n’est plus vraiment au centre du débat.

La Société Médicale de Genève perpétue l’esprit d’un art que des pouvoirs ont fragilisé. Dans le sillage de son histoire, elle valorise science, culture et humanisme au sein de notre corporation et, indirectement, dans la vie publique. Ses buts sont de promouvoir l’interdisciplinarité et la formation continue, d’encourager les échanges entre les médecins de différentes spécialités et de susciter une réflexion sur les rapports médecine et société, de même que sur l’éthique, dans notre vie pratique comme dans la recherche. Des entretiens reconnus pour la formation continue sont organisés six fois par an, permettant aux membres de se retrouver harmonieusement, loin des pressions politico-économiques. Le thème scientifique est défini chaque année par le président, nommé pour un an et choisi alternativement au sein des milieux libéral et universitaire.

Fondée le 26 décembre 1823, cinquante ans avant la création de la Faculté de médecine, la Société Médicale de Genève est l’une des plus anciennes sociétés savantes de Suisse. Dix ans après la proclamation de la Restauration, la Cité était encore ceinturée par ses fortifications et abritait une population de 25 000 habitants. Elle était soignée par 26 médecins (un pour 960 habitants); bien qu’absorbés par leurs malades, ils restaient en contact avec les progrès de la médecine, pouvaient suivre les séances de trois sociétés (disparues au XIXe siècle) et publiaient des mémoires. Jean- François Coindet (1774-1834), docteur en médecine d’Edimbourg, pionnier du rôle de l’iode dans la prévention du goitre endémique, cherchait à développer une vision objective et scientifique de la médecine. Mais des excès de dosage et des intoxications à l’iode l’avaient exposé à de violentes critiques. Sous son impulsion et celle de cinq cofondateurs non contestataires (dont Théodore Herpin, 1799-1865, médecin de Toepffer, cinq fois président), cette quatrième société réunit bientôt des personnalités qui servirent l’art médical avec éloquence.

Des liens étroits unissaient à la France les milieux médicaux suisses. La plupart des médecins genevois s’étaient formés à Paris ou à Strasbourg. Rappelons aussi que trois futurs membres de la Société Médicale, les docteurs Marc-Jacob d’Espine (1806-1860), Théodore Maunoir (1806-1869, cofondateur de la Croix-Rouge) et Jean-François Bizot (1804- 1885, dit John), docteurs en médecine de Paris, furent en 1832 les fondateurs de la prestigieuse Société médicale d’observation de Paris, que présida Pierre-Charles- Alexandre Louis (1787-1872), un précurseur de la médecine fondée sur les preuves.

Dans sa recherche sur l’histoire de la Société Médicale de Genève, de 1823 à 1968, le Dr Marcel Naville (1919- 2003, président du CICR) a retracé les apports de nos aînés. Citons les premières injections intraveineuses d’opium en tant que calmant (Charles Coindet, fils de Jean-François); l’auscultation du foetus et les premières césariennes à Genève (François Mayor); des études sur l’embryologie, sur le pouvoir fécondant des spermatozoïdes, et sur le rôle des reins dans l’excrétion de l’urée (Jean-Louis Prevost senior, médecin de Stendhal); la statistique appliquée à la médecine, et la nomenclature des causes de décès (Marc-Jacob d’Espine); la climatologie et la répartition géographique des maladies (Henri-Clermont Lombard); la publication du Traité clinique et pratique des maladies des enfants, à l’origine de la pédiatrie moderne (Frédéric Rilliet); des oeuvres de soins aux blessés (Louis Appia, co-fondateur de la Croix-Rouge); la mise en pratique de l’asepsie (Victor Gautier); ou encore la découverte de la lésion initiale de la poliomyélite et la description de l’ischémie dans les ramollissements cérébraux (Louis Prevost junior).

Mais tradition et documents ont aussi perpétué l’originalité de certains membres. Hippolyte Gosse (1834-1901) par exemple, docteur en médecine de Paris, actif dans les domaines médical et politique, fut un médecin aux intérêts multiples et le premier professeur de médecine légale. Surnommé «Le Grand Hypoglosse», «il mimait ses leçons avec une telle ardeur démonstrative que, lorsqu’il s’agissait du suicide par étranglement, ses élèves se voyaient obligés, dit-on, de lui porter secours». Auguste Reverdin (1838-1908), docteur en médecine de Strasbourg, grand épicurien et bon vivant, avait un esprit étincelant; doué d’une adresse manuelle stupéfiante, il imagina de nombreux perfectionnements dans l’instrumentation chirurgicale.

La Conférence Julliard-Revilliod fut créée en 1916 sous l’impulsion du Dr Charles G. Cumston (1868-1945), un citoyen des Etats-Unis formé à Genève, qui prit l’initiative de son financement. Elle commémore les deux premiers professeurs nommés lors de la création de la Faculté de médecine en 1876. Gustave Julliard (1836-1911), docteur en médecine de Paris, co-fondateur de la Faculté de médecine de Genève (avec Carl Vogt et Antoine Carteret), fut professeur de clinique chirurgicale et deux fois recteur de l’Université de Genève; il démontra la supériorité de l’éther sur le chloroforme et développa un masque d’anesthésie. Léon Revilliod (1835-1918), docteur en médecine de Paris, professeur de clinique médicale, fut l’auteur des premières trachéotomies faites à Genève et des traitements de pleurésie purulente par pleurotomie et drainage par siphon; il laissa un signe qui porte son nom et caractérise la paralysie faciale d’origine centrale.

Parmi les personnalités récemment disparues, le Dr Roger Mayer (1931-2012), privat-docent à la Faculté de médecine, membre du Conseil de l’Association des médecins et historien de la médecine, fut l’archiviste de la Société Médicale; on lui doit d’avoir complété les recherches et inclus le texte du Dr Naville dans le fascicule Histoire de la Société Médicale de Genève (1823-1993) publié en 1994.

Le programme 2012 évoquait des relations marquantes entre l’histoire de la médecine, l’art et notre modernité. L’année 2013 sera placée sous le signe des enjeux de la médecine. Des défis nous attendent, que ce soit au niveau des avancées scientifiques : la médecine personnalisée du cancer, l’approche génétique du sommeil, la guérison de certaines maladies du sang, ou sous l’optique sociétale : la médecine de demain, les principaux enjeux pour les médecins de ville ou hospitaliers, ainsi que pour les pharmaciens. A nouveau, la Société Médicale de Genève aura le plaisir d’accueillir des orateurs réputés, suisses et français. Nous sommes convaincus que les thèmes choisis de même que la qualité des exposés vous inciteront à réserver dans vos agendas ces soirées, traditionnellement agrémentées d’un buffet !

En guise d’invitation
Le 28 mai 1968, le Dr Marcel Naville accueillit une volée de quatre-vingt-cinq nouveaux membres. Nous n’aurons pas l’heur d’égaler ce record mais affirmons que, depuis bientôt 200 ans, la Société Médicale de Genève cultive un dialogue fondamental entre ses membres, valorisant l’expérience pratique, la créativité, le monde universitaire et l’humanisme. Elle reste fidèle à ses buts, maintient l’exigence, renouvelle ses débats et entretient, grâce à ses présidents, des relations avec les universités suisses et françaises.

La Société Médicale a son identité propre et sa vocation spécifique : complémentaire à l’Association des Médecins du canton de Genève, elle garde une place de choix dans la vie active des médecins genevois.

Nous vous invitons chaleureusement à en faire partie! Précisons que la cotisation annuelle est modeste: 60 CHF.
Dr Gérald d’Andiran. président
Prof. Philippe de Moerloose. vice-président

Société Médicale de Genève
Cycle 2013 des conférences
(organisation: Prof. Philippe de Moerloose)
La médecine de demain: quels enjeux ?

Mardi 5 février : Prof. H. Fridman (Paris) et Prof. P.-Y. Dietrich (HUG)
Immunologie et immunothérapie : de nouvelles armes pour une médecine personnalisée des cancers
Mardi 5 mars : Mr. P.-Y. Maillard, ministre de la santé (canton de Vaud)
Médecine de demain
Mardi 9 avril : Prof. M. Tafti (Lausanne) et Dr S. Perrig (HUG)
Le sommeil, de la génétique à la clinique
Mardi 7 mai : Prof. J.-F. Schved (Montpellier) et Prof. P. de Moerloose (HUG)
A propos de la transfusion et de certaines maladies hémorragiques
Mardi 10 septembre : Dr P.-A. Schneider (GE) et Prof. A. Perrier (HUG)
Enjeux et défis de la médecine de ville et de la médecine hospitalière
Conférence co-organisée avec la Société Médicale de Beaulieu (Salle Beaulieu, Clinique Générale-Beaulieu)
Mardi 1er octobre: (conférence Julliard-Revilliod): Prof. J.-L. Salomon (GE), Dr J.-L. Forni (GE) et Dr S. Motamed (HUG)
Collaboration médecins-pharmaciens: un revolver sous l’oreiller ?

Les conférences ont lieu aux HUG, salle Opéra, à 19 h 15 (Parking Nord ouvert, annoncer «Société Médicale de Genève»), excepté celle du 10 septembre (salle Beaulieu, Clinique Générale-Beaulieu, 19 h 15).

Un printemps blanc (éditorial de La lettre de l’AMG d’avril 2012)

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Le printemps nous accueille avec une douceur inaccoutumée. D’aucuns y verront le témoin du réchauffement qui menace notre planète. La terre trop sèche ne pourra bientôt plus nourrir les jeunes pousses si la pluie n’est pas au rendez-vous. Mais, carpe diem ! Par ma fenêtre, je contemple un magnifique cerisier en fleur sur fond de ciel bleu. Pas une feuille. Il n’est couvert que de pétales immaculés qui chantent le réveil de la nature endormie depuis des mois.

Des pétales blancs comme les cercueils de nos collègues disparus trop tôt sous les neiges de Norvège avec leurs compagnons, ensevelis sans bruit, emportés par la montagne qu’ils aimaient. Ils nous ont quittés sans avertir et nous laissent profondément tristes, comme tous ces parents belges à qui un enfant a été arraché au retour de vacances de ski. C’est pourtant un message de vie qu’il faut recevoir. «La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté. […] Ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble… » pouvait-on lire sur l’un des avis mortuaires. La tristesse fait partie de la vie, comme la joie. Des vies se sont arrêtées, d’autres continuent, plus lourdes à porter. Nos pensées accompagnent ceux qui ont été touchés au plus profond d’eux-mêmes.

Ce début du printemps est aussi à marquer d’un échec. Nous n’avons pas réussi à réunir les signatures nécessaires à notre initiative fédérale Pour la transparence de l’assurance-maladie. Nous sommes arrivés à mi-chemin. Nous avons pourtant été nombreux à y croire, à récolter des signatures pour ce projet un peu difficile à expliquer à celui qui n’a pas été victime des manipulations auxquelles nous voulions mettre fin. Car, vous le savez, il y a deux sortes d’assurés en principe solidaires: ceux qui paient seulement des primes et ceux qui coûtent. Il n’est pas difficile de comprendre lesquels sont des clients intéressants pour un assureur pressé d’obtenir les meilleurs résultats de son entreprise. Le but de l’assurance-maladie est pourtant de permettre à chacun d’accéder aux soins dont il a besoin, n’est-ce pas ?

La réalité est hélas que les soins auxquels chacun peut légitimement prétendre sont devenus lourds et d’autant plus coûteux qu’ils sont efficaces et permettent de préserver la vie. Faut-il en conclure que les soins efficaces ne sont pas économiques? C’est un peu vrai sur le long terme. Les quelques pourcents gagnés sur la mortalité due aux maladies cardiovasculaires sont, par exemple, reportés quelques années plus tard sur d’autres affections. La médecine n’est pourtant pas une fuite en avant guidée par des motifs futiles. Ce n’est pas la mort qui nous intéresse, mais la vie. Accompagner la vie avec ses aléas, jusqu’au dernier jour, préserver une vie de qualité. L’objectif n’est évidemment pas de fabriquer des centenaires, mais il faut admettre qu’il est difficile de soigner efficacement sans guérir… Il n’est en revanche pas acceptable de mettre à l’écart celui qui est atteint dans sa santé. C’est pourtant ce qui se passe dans bien des sociétés et c’est ce que certains souhaitent réintroduire chez nous en refusant des prestations au malade coûteux, désormais déchu de sa qualité de client chéri de l’assureur.

«La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres…» lit-on dans le préambule de notre Constitution fédérale, un texte auquel il serait parfois bon de retourner1. C’est dans cet esprit que nous avons porté ce projet d’initiative avec optimisme quant à la capacité des médecins à se mobiliser. Nous nous étions assurés de l’appui de nombreuses sociétés cantonales soeurs. Nous avions un optimisme qui met en mouvement, qui permet de croire qu’un changement est possible parce qu’il est nécessaire. Et nous avons été comblés par votre participation à ce projet, même si les plus enthousiastes d’entre nous ont pu dire qu’on aurait pu faire plus. Le constat est clair et ce n’est pas une surprise: il n’est pas possible de faire aboutir une initiative constitutionnelle fédérale avec les forces d’un ou deux cantons.

Nous croyons cependant que les médecins doivent être capables de mobilisation. Nous sommes porteurs, par notre savoir, d’une mission que nous ne pouvons pas abandonner aux lobbies économiques et politiques. Les malades attendent à juste titre des médecins une éthique irréprochable. C’est, ma foi, souvent incompatible avec une approche purement économique. Sur le terrain politique, les conflits sont certes innombrables et des compromis nécessaires. Mais nous devons garder la passion, le même feu sacré qui anime les montagnards. Oser prendre des risques, certes mesurés, mais des risques tout de même y compris celui d’échouer ou d’être désavoués. Car la politique est un peu comme la recherche: il faut beaucoup de projets pour n’en voir aboutir qu’un ou deux.

Que ce soit votre conclusion ! Restons plus que jamais prêts à rebondir, prêts à nous remettre en route pour une nouvelle ascension. Nous ne sommes pas arrivés au terme de cette course, mais nos guides préparent la suivante avec le même soin. A tous un très grand merci !
Pierre-Alain Schneider

1http://www.admin.ch/ch/f/rs/1/101.fr.pdf

Tarifs médicaux à Genève

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Un communiqué de l’AMG

La valeur de point TARMED détermine le prix des prestations médicales remboursées par l’assurance-maladie obligatoire. En confirmant, lors de sa séance du 21 février 2012, la valeur de 96 cts en vigueur depuis 2006, le Conseil d’Etat genevois rend un jugement de Salomon si tant est qu’il ne peut diverger fortement de la voie suivie par les autres cantons suisses. Il convient de rappeler que les résidents genevois qui se feraient soigner chez un médecin vaudois n’y seront pas entièrement remboursés puisque ce canton applique une valeur de 98 cts. D’autre part, plusieurs cantons appliquent, à la différence de Genève, des valeurs différentes pour les médecins indépendants, les hôpitaux publics et les hôpitaux privés, ce qui signifie que les prix des prestations y sont différents.

La décision du Conseil d’Etat confirme la politique fédérale qui consiste à faire supporter aux soignants, notamment médecins et établissements de soins, une part importante de l’augmentation des coûts de la santé dans le domaine ambulatoire, alors que cette augmentation relève d’une croissance des besoins. Ainsi, les prix appliqués pour une même consultation ne sont pas adaptés au renchérissement, ceci depuis plus de vingt ans, contrairement à ce que l’on peut observer pour les émoluments de l’administration ou les tarifs des transports publics.

Cette pression économique n’est plus supportable et elle aboutira à la disparition progressive des cabinets médicaux indépendants devenus incapables d’assumer des charges qui ne cessent de croître. Ils feront place à des centres de soins optimisés, peu personnalisés, et contraints de travailler plus superficiellement, parfois même avec des médecins fuyant des pays où les conditions de travail sont bien plus mauvaises.

L’AMG dénonce et combat l’orientation de la politique de la santé en Suisse qui ne fait que suivre celle de nombreux autres pays avec le résultat que l’on connaît. Les efforts consentis en faveur de la qualité des soins seront inutiles si ces soins ne peuvent être fournis faute d’un financement adéquat. L’AMG le regrette, mais dans ce cas, elle ne peut que prendre acte des décisions de l’autorité.

Le moratoire sur les cabinets médicaux est levé sans renforcer le contrôle de la formation des médecins étrangers

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Un communiqué de presse de l’AMG

Mise en œuvre par le Conseil fédéral dès juillet 2002, la clause du besoin, qui limite le nombre de nouveaux médecins installés, a été entièrement levée le 1er janvier sans convaincre qu’elle avait atteint son but. Il s’agissait en effet de faire face à un hypothétique afflux massif de médecins européens en raison des Accords bilatéraux et, en conséquence, à une forte augmentation de la consommation médicale.

Cette mesure introduite dans la loi sur l’assurance-maladie était initialement limitée à trois ans et devait laisser le temps de trouver une solution à la hausse des dépenses de santé. Elle a finalement été reconduite plusieurs fois jusqu’à la fin de 2009 pour les médecins généralistes et pédiatres, et de 2011 pour les spécialistes. Dans un premier temps, son annonce avait été suivie de l’installation en hâte de nombreux médecins en fin de formation, puis d’un afflux de jeunes médecins étrangers nécessaires pour les remplacer dans les hôpitaux. Une liste d’attente de plusieurs années s’est ensuite constituée, forçant nombre de médecins formés à s’engager comme employés de centres médicaux, cliniques ou services d’urgence, ceux-ci n’étant jusqu’en 2009 pas soumis à la même limitation que les cabinets indépendants.

Ces mesures n’ont pas diminué les besoins médicaux ni mis fin à l’arrivée de médecins étrangers sans lesquels les hôpitaux ne pourraient assumer leur fonction, la relève locale étant insuffisante en raison de la capacité des facultés de médecine. En fait, ces listes d’attente ont surtout pénalisé les médecins arrivant au terme de leur formation en Suisse, tandis que les médecins étrangers, pratiquant déjà dans leur pays, ont pu s’en accommoder plus facilement. Si la clause du besoin a été appliquée de manière rigoureuse dans le canton de Genève, elle n’a pas eu l’impact attendu sur les dépenses de santé dont l’augmentation résulte d’un besoin accru de consultations et d’interventions, car les tarifs médicaux n’ont été ni indexés ni relevés depuis une trentaine d’années. L’introduction de TARMED en 2004 a même aggravé l’érosion du revenu des cabinets au point de menacer leur survie dans plusieurs spécialités.

Les médecins genevois regrettent en particulier que la levée du moratoire sur les cabinets médicaux n’ait pas été accompagnée d’un examen plus approfondi de la formation obligatoire après le diplôme professionnel. Les médecins européens obtiennent aujourd’hui une validation automatique de leurs diplômes sans que la formation accomplie soit vérifiée. Or celle-ci est souvent différente des exigences suisses. Les conditions de travail s’améliorant, notamment en Allemagne, la pratique dans notre pays devient moins attrayante et il faut craindre qu’elle attire d’abord les médecins les moins bien insérés dans leur système de santé national. S’il est facile de donner l’illusion de pratiquer une médecine peu coûteuse, les soins ne sont efficaces et économiques que s’ils sont prodigués par des médecins parfaitement préparés. La préoccupation des coûts ne doit donc jamais faire oublier la qualité des soins. Les expériences ne manquent pas pour se convaincre qu’une telle politique mène à une impasse.

Réseaux de soins intégrés: position de l’AMG

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En prévision de la discussion parlementaire d’une révision partielle de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal)

Le Conseil de l’AMG a adopté à l’unanimité, le 14 février, une prise de position (ci-jointe dans sa version développée) dont les éléments essentiels sont repris ci-dessous.

Préambule

L’organisation des soins en réseaux intégrés n’est pas nouvelle. Les économies réalisées reposent principalement sur une sélection des risques. Nous ne croyons pas qu’un gain important soit réalisable en généralisant la prise en charge en réseaux. L’objectif principal étant la réduction des coûts, le risque est important que les règles imposées induisent un rationnement des soins ou une baisse de qualité contraires à l’éthique médicale.

Par conséquent, un recours accru aux soins en réseaux n’est pas opportun. Il ne serait acceptable qu’aux conditions définies ci-après.

1. Compensation des risques

  • Une compensation affinée des risques doit impérativement être mise en place en même temps que les incitatifs en faveur des réseaux de soins intégrés.
  • L’économie réalisée par le réseau ne doit reposer que sur une gestion efficiente des soins et non sur une sélection des risques.

2. Incitatifs

  • Les incitatifs en faveur des soins intégrés doivent être identiques pour tous les réseaux et proportionnels aux économies effectivement réalisées.
  • La solidarité entre assurés selon les différents modèles doit être préservée et nul ne peut être discriminé du fait de sa non-adhésion.

3. Gestion des réseaux

  • Le pilotage doit être confié à des médecins actifs dans le réseau. Ceux-ci font preuve d’indépendance. Ils tiennent compte en premier lieu de la qualité des soins et des connaissances scientifiques.
  • Le rôle du médecin-conseil de l’assureur est délégué aux médecins gestionnaires du réseau.

4. Coresponsabilité budgétaire

  • Pour tous les réseaux, la coresponsabilité budgétaire est facultative. Elle n’est pas une condition à la reconnaissance d’un réseau de soins intégrés. Le bénéfice est à disposition du réseau et de ses prestataires.
  • Une responsabilité budgétaire de type budget global est exclue.

5. Contrats

  • Le réseau conclut des contrats de soins intégrés avec les assureurs-maladie d’une part, et avec les médecins d’autre part. Les contrats directs entre assureurs et médecins sont exclus.
  • Les assureurs-maladie sont tenus de contracter avec tous les réseaux de soins intégrés qui remplissent les critères de qualité.
  • Les médecins contractant avec un réseau peuvent traiter tous les patients affiliés au réseau.

6. Rémunération des prestataires

  • Les prestataires du réseau exerçant à titre indépendant sont rémunérés au temps ou à l’acte, à des conditions qui sont au moins égales au tarif des soins ambulatoires hors réseaux.

7. Transparence des résultats

  • Les résultats et statistiques du réseau sont accessibles à tous les médecins qui en sont membres.

8. Formation continue

  • Le réseau assume une responsabilité dans la formation médicale continue de ses membres. Il finance lui-même la formation qu’il impose à ses membres dans le but d’optimiser les pratiques au sein du réseau. Il s’engage en faveur d’une qualification élevée de ses membres.

9. Liberté d’adhésion du médecin

  • Un médecin peut adhérer à un ou plusieurs réseaux.
  • Le médecin non membre du réseau auquel des patients sont référés n’est pas soumis aux règles du réseau.

10. Liberté d’adhésion de l’assuré

  • A la fin de chaque année, les assurés sont libres de contracter une assurance “soins intégrés” quel que soit leur état de santé, ou d’en sortir sans pénalité.

11. Liberté de choix du médecin

  • Le patient peut choisir librement son médecin de confiance parmi les membres du réseau. Le réseau doit proposer un choix suffisant de médecins.
  • L’accès direct aux gynécologues, ophtalmologues, pédiatres et psychiatres est garanti. En cas d’urgence, l’accès au médecin ou au service d’urgence le plus proche est également libre.

12. Ethique médicale et qualité des soins

  • Les réseaux respectent l’éthique médicale et les recommandations scientifiquement établies. Ils n’appliquent aucun rationnement des soins ni discrimination de certaines catégories de patients.