Planète Santé No 15

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Le dernier numéro de la revue éditée par Médecine et Hygiène avec le soutien des associations de médecins est paru.

Planète Santé est disponible gratuitement dans les salles d’attente de tous les cabinets. Ou vous pouvez le télécharger ici (3,9MB).

Les témoins (Editorial de La lettre de l’AMG de juin 2013)

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Commençons par Louis Appia. Né en Allemagne d’un père piémontais et d’une mère d’origine suisse romande, il a étudié la médecine à Heidelberg. Il voyage, montre un intérêt pour la médecine militaire et cherche surtout à améliorer les secours aux victimes de guerre. Il développe un appareil permettant d’immobiliser un bras ou une jambe cassée lors du transport des blessés, écrit sur la manière de soigner les blessés. En 1849, il s’établit comme chirurgien à Genève. Averti par son frère, pasteur dans le Piémont, des ravages de la campagne d’Italie de juin 1859, il se rend sur place peu après et travaille dans les hôpitaux de campagne du nord de l’Italie. Il alerte ses amis, récolte des fonds pour aider les blessés, publie.

C’est que la terrible bataille de Solférino a fait, en une journée, près de 40 000 blessés et 6000 morts. Les secours sont quasi inexistants, improvisés. Il faut dire que l’armée française comptait 4 vétérinaires pour mille chevaux et… 1 médecin pour mille hommes. On a évidemment préféré acheminer au front des munitions plutôt que des pansements ! D’ailleurs, la plupart des médecins étaient restés à l’arrière, faute de moyens de transport. Les blessés sont entassés où on peut. Beaucoup succombent.

L’homme d’affaire genevois Henry Dunant est en voyage pour rencontrer Napoléon III dont il attend une aide nécessaire au sauvetage de l’entreprise qu’il dirige en Algérie. Arrivé sur les lieux peu après la fin des combats, il découvre l’horreur d’un champ de bataille où gisent des milliers de cadavres et de blessés sans secours. Il mesure son impuissance, lui qui n’est pas médecin. Il fait cependant l’impossible pour secourir les victimes, mobilise des volontaires, donne à boire aux blessés, nettoie leurs plaies, sans faire de distinction entre Autrichiens, Français et Piémontais. Il demande et obtient qu’on libère des médecins autrichiens faits prisonniers afin qu’ils puissent soigner les blessés.

Il rencontre finalement Napoléon III sans obtenir l’aide nécessaire à ses affaires qui entraîneront la faillite de sa société et sa déchéance. Mais il rentre à Genève profondément marqué par ce qu’il a vu. Il serait tombé dans l’oubli, comme la plupart des autres sauveteurs volontaires présents sur le champ de bataille, s’il n’avait décidé de parler de l’horreur dont il a été le témoin. C’est ainsi qu’il rédige Un souvenir de Solférino, publié trois ans plus tard. Il distribue ce petit ouvrage dans son entourage, mais également à des personnalités importantes. Dunant suscite l’émotion. Il ne laisse pas indifférent. Ses idées sont visionnaires. Il propose dans chaque pays la création de sociétés de secours qui, en temps de paix, formeraient des volontaires civils prêts à venir en aide aux blessés en cas de guerre. Et surtout, il ose demander la neutralité des ambulances, des hôpitaux, des personnels de santé engagés dans les soins aux blessés et leur protection par les Etats. Il pose le principe de l’impartialité des soins et de la neutralité de l’action médicale dans les conflits.

Tous deux témoins de l’horreur de cette guerre, Appia apporte des techniques sanitaires et Dunant des idées audacieuses. Son témoignage boulverse. Il faudra l’engagement de Gustave Moynier, président de la Société genevoise d’utilité publique, le poids politique du Général Dufour et un cinquième larron, le docteur Théodore Maunoir, pour porter ces idées et les faire adopter internationalement, d’abord sous forme de résolutions prudentes accompagnées d’un voeu adressé aux gouvernements: que les services sanitaires soient considérés comme neutres. Ce principe de neutralité est entièrement repris dans la première Convention de Genève adoptée en 1864. En s’acharnant sur le principe de neutralité des services sanitaires, Dunant a fixé la ligne fondamentale de la Croix-Rouge.

Le témoin de la détresse humaine n’a pas le droit de rester silencieux. Il doit s’indigner, dénoncer, informer, expliquer, émouvoir, convaincre. Nous, médecins, en sommes souvent les témoins privilégiés. Les moyens techniques qui nous entourent, qui nous masquent parfois la réalité humaine, ne doivent pas nous faire oublier que la technique médicale, aussi importante soit-elle, ne peut rien si elle n’est pas portée par des ambassadeurs convaincus, et si elle ne dispose pas des ressources nécessaires. La médecine s’inscrit dans la ligne des fondateurs de la Croix-Rouge. Elle est au service de l’être humain, et en particulier l’humain souffrant. Elle ne peut pas accepter de discrimination arbitraire, y compris en raison de l’âge.

Alors, si vous faites une visite1 au nouveau musée de la Croix-Rouge, entièrement rénové et repensé, prenez le temps d’écouter les témoins vivants qui vous y accueillent par les vertus de la technique. Ce qu’ils vous diront est important et ils vous rappelleront que l’horreur se vit toujours, au présent.
Pierre-Alain Schneider
1De 10 h 00 à 18 h 00, d’avril à octobre – fermé le lundi.

Planète Santé No 14

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Big Brother est bien vivant (Editorial de La lettre de l’AMG de mars 2013)

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Le printemps est synonyme de renouveau, de jeunesse, de liberté, d’espoir. Les beaux jours arrivent et il serait bon de mettre un peu de couleur et de soleil dans mon billet de perpétuel ronchonneur. J’ai donc trouvé une bonne nouvelle : l’astéroïde 2012DA14 a évité la terre. Il était moins une : il a passé à 27 000 kilomètres. Bravo aux astronomes ! Leurs calculs étaient justes. Un rocher de 45 mètres, ce n’est rien à l’échelle des Alpes, mais propulsé à 7,8 kilomètres par seconde, il y avait de quoi prendre une sacrée secouée. On pardonne aux savants d’avoir zappé le ridicule petit caillou tombé sur l’Oural. On ne peut pas tout voir. Pensez que le gros astéroïde aurait pu viser la Suisse. Qu’aurions-nous pu faire en prévision d’un tel impact ? Se cacher dans nos abris antiatomiques ? Evacuer le pays ? Ou simplement se préparer à assister à un spectacle apocalyptique ?

Il faut être réaliste. Aucun mathématicien ni aucun ordinateur ne nous donnera de bonne réponse. On a bien pensé à un missile capable de dévier la trajectoire d’un tel projectile céleste. Un rêve… Il n’empêche qu’on va continuer à observer et à calculer, même si on ne peut rien faire. C’est un peu la même chose avec le boson de Higgs. Mais on sait que la recherche fondamentale finit souvent par être utile. La perversion moderne est ailleurs. Aucune génération n’a pu, avant nous, accumuler autant de données utiles… ou futiles. Tenez, le disque dur de mon PC peut stocker deux téraoctets, soit deux mille milliards d’octets. Pour une centaine de francs, il peut accumuler le contenu d’un million de bibles avant de défaillir.

Une des grandes utopies de notre temps est de croire qu’en accumulant des chiffres, on va trouver des solutions. J’y participe d’ailleurs puisque j’utilise tous les jours des chiffres, je m’appuie sur des preuves numériques pour défendre nos intérêts, j’épluche quelques statistiques fédérales et cantonales, et je vous explique que nous avons besoin de données pour nous justifier. Et je parle en pourcents avec mon patient pour lui dire quel est le risque d’échec d’un traitement, et celui qu’une complication sérieuse survienne. A-t-il bien compris qu’un pourcent d’échec, c’est nonante-neuf fois 0% et une fois 100% ? Il est plus habitué à la loterie où on risque peu – le prix du billet – pour une chance infime de gagner le gros lot. Dans le fond, les risques statistiques, mon patient s’en fiche. Il veut être soulagé. C’est tout.

Notre quotidien, c’est de soigner des personnes, pas des statistiques. Penser population et santé publique est une abstraction difficile à vivre en tête à tête. Il faut prendre de la distance. Admettre que l’intérêt général n’est pas toujours l’intérêt particulier, et que l’intérêt de la majorité veut parfois que l’on sacrifie l’individu. Tout cela est bien loin d’Hippocrate qui parle du patient au singulier et nous laisse l’illusion de consulter à huis clos. Ceux qui ont été confrontés à une demande des assureurs de justifier leurs coûts supérieurs à la moyenne savent que ce n’est plus vrai. TARMED a ouvert la porte des cabinets aux assureurs. Les DRG se sont infiltrés dans les dossiers médicaux des hôpitaux. Et l’appétit des collecteurs de données grandit sans cesse. Que veulent-ils ? Nous assister dans l’exercice de notre art et nous fournir des conseils éclairés ? Ils en seraient bien incapables. Mais voilà, ils croient dans les chiffres, leur nouvelle religion.

Une large base légale existe déjà: dans un but de surveillance, l’article 22a LAMal fait obligation aux «fournisseurs de prestations» de transmettre des renseignements détaillés sur leurs patients et les prestations fournies, leurs comptes d’exploitation et toutes sortes d’indicateurs de qualité. Et ceci doit être fait gratuitement, cela va de soi. Ces données sont collectées par l’Office fédéral de la statistique (OFS) qui les met à disposition de l’Office fédéral de la santé publique, du Surveillant des prix, de l’Office fédéral de la justice, des cantons, des assureurs, etc. Au concret, c’est le projet MARS. Vous n’y croyez pas ? Frottez-vous les yeux puis lisez l’article paru dans le Bulletin des médecins suisses du 31 juille2t 20121.

Vous verrez aussi que lorsque nos autorités parlent d’anonymiser, il s’agit en fait de pseudonymiser. La clé permettant de retrouver à qui correspond chaque donnée individuelle n’est pas détruite. Il est donc toujours possible de reconstituer le puzzle. Est-ce dangereux ? L’avenir nous le dira. Le projet de loi sur l’enregistrement des maladies oncologiques (LEMO) actuellement en consultation va dans le même sens. Il s’agit de collecter de manière exhaustive des données qui seront confiées à l’OFS, en reléguant les registres cantonaux au rang de préposés à la collecte des données. Ces registres seront ainsi privés de la possibilité d’exploiter de manière autonome ces données dans le cadre local.

Et le but de tout ça ? Remplir les ordinateurs de l’OFS de données qui seront peut-être utiles pour étouffer la médecine individuelle et nous convaincre d’adopter une médecine de masse qui sent les lasagnes surgelées… Alors, si j’ose un conseil à nos jeunes collègues que la médecine de famille ne tente pas : étudiez la statistique. Il y aura du travail pour vous à l’Office fédéral de la statistique, alias Big Brother.
Pierre-Alain Schneider

1 E.Kraft, J.Wagner, H.Kuhn: «MARS: de l’utilité, de l’inutilité et de la légalité d’un système d’information global sur la santé», Bulletin des médecins suisses 2012;93;31/32, et éditorial du même numéro

Vacances Alzheimer 2013

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L’Association Alzheimer Genève propose des vacances d’une semaine à La Nouvelle Roseraie (Saint-Légier) pour les couples dont l’un des conjoints est atteint de la maladie d’Alzheimer:

  • du 8 au 15 mai (inscription jusqu’au 20 avril);
  • du 2 au 9 octobre (inscription jusqu’au 15 septembre).

Les inscriptions seront prises en compte selon l’ordre d’arrivée.

Voir le dépliant détaillé.

Somalie: un appel de la Dr Esha Egal

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Vous savez sans doute que la Somalie vit depuis bientôt 30 ans une guerre clanique, insensée, exacerbée plus récemment par l’apparition des jeunes barbus (SHEBAAB) qui pillent et tuent au nom de religion!

Mon pays se trouve actuellement au bord de la catastrophe sanitaire: il y a notamment une mortalité maternelle et infantile épouvantable, à cause d’un manque de savoir-faire, d’un manque de sages-femmes formées.

C’est dans l’espoir de les aider que nous avons créé en 2011 une Association des Femmes Somaliennes de Puntland en Suisse dont je suis la Présidente.

Avec nos cotisations, nous avons pu aider à former 5 sages-femmes. Cependant le travail reste immense et nous avons besoin de votre aide, en cette période de partage pour permettre à des jeunes filles, d’acquérir une formation de sages-femmes.

Donnez et vous recevrez le sourire radieux d’une mère et de son nouveau-né en bonne santé.

Un grand Merci et bonnes Fêtes de Noël!

Dr Asha EGAL

Relation bancaire :

CCP 12-217838-1
IBAN : CH 30 09000000122178381
Au nom de la Fédération des Femmes Somaliennes de Puntland en Suisse
Rue Jean-Charles Amat 6, 1202 Genève

Planète Santé No 13

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La Fondation Artères a cinq ans: une entreprise innovante qui fait son chemin et ses preuves !

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Soutenir la recherche, qu’elle soit fondamentale, translationnelle ou clinique, et favoriser le confort des patients à l’hôpital. Telle fut la volonté des HUG et de la Faculté de médecine en créant, en 2007, la Fondation Artères. Entreprise résolument novatrice dans le paysage hospitalo-universitaire helvétique, jetant des ponts entre le public et le privé, quel bilan tirer après 5 ans ?

En quelques chiffres…
7 millions de francs récoltés, 47 projets financés dont 20 dans le domaine de la recherche, avec des budgets s’échelonnant entre quelques milliers et plus d’un demi-million de francs. Et pour gagner un franc, Artères dépense un peu moins de 40 centimes. Voici pour le quantitatif.

Des projets concernant tant les patients en fin de vie que les enfants nés prématurément !
Un des atouts d’Artères est de pouvoir intervenir dans toutes les spécialités présentes aux HUG et au sein de la Faculté. Ainsi, c’est peut-être la diversité des projets qui est le plus significatif: pathologies du foie et en particulier la transplantation chez l’enfant et chez l’adulte, ostéoporose, tumeurs cérébrales, du glioblastome au vaccin anti-tumoral, athérosclérose. Au niveau du confort des patients, les projets proviennent tant des soignants que des médecins: à l’hôpital de Bellerive, un studio permettant aux proches de loger tout près du patient en fin de vie, ainsi qu’un espace de détente et massages pour les malades et ceux qui les accompagnent; des chambres «maman-bébé» en maternité notamment pour que les mamans puissent rester près de leur nouveau-né lorsqu’il est né prématurément. Ces projets, de nature et au budget très variables, ont tous en commun d’être innovants et d’apporter une plus-value réelle aux patients.

L’importance d’une relation de confiance avec les donateurs
Lever des fonds pour financer des projets n’est pas une sinécure ! Et une condition nécessaire est de développer une relation de confiance avec le donateur, l’«investisseur social ». Artères dispose de comités d’experts qui analysent chaque projet reçu; elle prend des engagements contractuels (objectifs du projet, délais, budget, impact social, investissement de l’équipe en charge au sein des HUG/ Faculté), rapporte systématiquement et régulièrement au donateur (avancement, dépenses, éventuels problèmes, etc.). Il en va de sa crédibilité et de celle des porteurs de projets !

Continuer la promotion, alimenter la notoriété d’Artères
S’il existe de grands donateurs, privés ou institutionnels, capables de financer des projets d’envergure avec lesquels la Fondation Artères entretient des relations privilégiées, un gros effort doit être mené pour mieux la faire connaître du grand public, de tout un chacun, notamment par l’organisation d’événements. C’est là un enjeu primordial pour les prochains temps, pour assurer la solidification et le développement de l’édifice. Chaque don, quelle que soit son ampleur, apporte une contribution essentielle et dans ce contexte, Artères jouit d’un autre atout majeur: 100% du montant de chaque don est alloué à un projet !
Pierre-Antoine Gobet
Secrétaire général de la Fondation Artères

Les projets réalisés : http://www.arteres.org/Realisations/ projets_finances.html
Pour suivre Artères : www.arteres.org
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Pertes – deuil – séparations

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Vous traversez des moments difficiles suite au décès d’un proche. Vous avez perdu vos repères habituels. Vous avez besoin d’en parler dans un lieu confidentiel et bienveillant.
Voici un dépliant fort utile dont vous pouvez vous procurer des exemplaires supplémentaires au secrétariat de l’AMG ou au Secteur Accompagnement, Caritas.

 

Planète Santé No 12

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