M. Berset et le Tarmed : un ministre au pays des Schtroumpfs (édito de La lettre de l’AMG d’avril 2017)

Une absence de maîtrise
L’intervention d’Alain Berset le 22 mars dernier a fait grand bruit. Pourtant, les potentielles économies supposées ne portent que sur 1% des coûts annuels de la santé qui s’élèvent à 70 milliards. Certes 700 millions ce n’est pas rien, mais c’est un peu court pour le conseiller fédéral responsable du département fédéral de l’intérieur et donc de la santé en Suisse. On se souvient de son soutien initial, en qualité de parlementaire, au référendum contre la loi dite Managed Care avant d’affirmer exactement le contraire une fois élu conseiller fédéral. Le peuple souverain a su lui infliger un cinglant camouflet en 2012. Maintenant, M. Berset feint d’ignorer que l’avenir est à l’ambulatoire et que cela a un coût, paradoxalement de mieux en mieux maîtrisé dans les cabinets médicaux. Au lieu d’encourager le progrès médical et les efforts financiers déjà consentis, il va briser cet élan.

Une communication truffée d’erreurs
Lors de sa conférence de presse, le ministre socialiste a annoncé un train de mesures, selon lui, indispensables pour permettre de freiner la hausse des coûts de la santé et améliorer l’efficience. Ces économies se répercuteront sur les assurés. Il n’en sera rien, bien au contraire. Il n’a présenté qu’un saupoudrage peu compréhensible en visant pêle-mêle les spécialistes, les psychiatres, les médecins de premier recours et les urgentistes. Débutons par l’exemple de la cataracte. M. Berset a déclaré aux journalistes que, grâce au laser, le temps opératoire avait considérablement diminué. Mal renseigné notre ministre ! Le laser ne sert dans cette intervention que pour un geste unique (capsulorhexis) qui n’est qu’une faible partie de l’opération. Ce mode opératoire en développement n’est utilisé que par très peu de chirurgiens car le recours au laser augmente le temps opératoire, implique des investissements colossaux, une maintenance onéreuse et c’est le patient qui doit payer de sa poche un supplément financier pour couvrir l’ensemble des frais occasionnés et non supportés par le Tarmed ! Prenons maintenant la position en l’absence du patient (00.0140) qui est utilisée principalement par les psychiatres et les médecins de premier recours (études du dossier et des notes personnelles, conseils téléphoniques, ordonnances, certificats médicaux). Son utilisation, parfaitement claire dans le tarif médical, est en augmentation et n’est que le reflet de l’évolution de notre société. De plus en plus de demandes de certificats et autres renseignements médicaux nous arrivent de la part des assureurs et de leurs médecins-conseil, de plus en plus de patients téléphonent pour obtenir le renouvellement d’une ordonnance ou un conseil thérapeutique, de plus en plus d’échanges entre collègues ou entre professionnelles de santé (pharmaciens, physiothérapeutes, infirmières à domicile, …) occupent notre temps. Les statistiques le montrent, les médecins travaillent plus de 55 heures par semaine, si ce n’est 60 heures. Les tâches administratives ont explosé et c’est donc au médecin, selon le ministre, qu’en revient la faute. Demain, le psychiatre ne relira pas ses notes et les médecins de premier recours convoqueront leurs patients pour renouveler une ordonnance ou donner un conseil médical. Un non-sens. Autre nouvelle annoncée, les centres d’urgences ne pourront plus utiliser la position d’urgence. Le tarif médical Tarmed (00.2505) est pourtant limpide dans la définition de l’urgence et de la possibilité de facturer. Point besoin de recréer la roue. Si le patient est pris immédiatement en charge, c’est une urgence et non un rendez-vous rapide.

La négation de la formation professionnelle
Les Schtroumpfs sont tous pareils. Ils mesurent trois pommes et sont bleus. Alors, bienvenue au pays des Schtroumpfs car, à entendre Alain Berset, tous les médecins sont pareils. Pas de différence entre le neurochirurgien ou le chirurgien cardiaque et le médecin praticien Eurodoc, qui n’a que trois ans de formation post-graduée, souvent non universitaires et effectuée dans une spécialité autre que la médecine générale qu’il doit pratiquer. Quel message le ministre a-t-il adressé à la jeunesse de notre pays en ce 22 mars 2017 ? Un nivellement par le bas. Tous pareils quels que soient le parcours professionnel et les compétences acquises. Serions-nous devenus la seule profession où la longue formation universitaire de pointe n’est pas reconnue, où les heures de surspécialisation ne valent plus rien. Non M. Berset, l’uniformisation ne peut être acceptée et la valeur du travail se doit d’être reconnue. Nos patients le savent.

L’échec annoncé
M. Berset se trompe. Il va échouer là où ses prédécesseurs n’ont guère fait mieux. A toujours vouloir repousser les vraies réformes, celles qui touchent au mode de financement, et à refuser que les primes reflètent enfin les coûts, il persiste dans l’erreur. Sous M. Couchepin, les patients étaient les fautifs sous M. Berset, ce sont les médecins. M. Burkhalter n’a fait que vouloir supprimer le remboursement des lunettes pour les enfants, son fantôme ne hante même pas les couloirs du ministère. Quand on piétine, on cherche un coupable. De plus en plus d’étudiants se destinent à la médecine. Notre profession est exceptionnelle, mais les conditions de travail et la reconnaissance de notre formation sont bafouées par le ministre. Triste et inacceptable message.
Michel Matter

Des assureurs au sommet de l’Olympe (édito de la Lettre de l’AMG de mars 2017)

L’intégralité de la Lettre de l’AMG N° 2 de mars 2017 est disponible sur le site au format PDF

Le Graal du lobby des assureurs à Berne
En cette année 2017, les assureurs ont obtenu le Graal: ils contrôlent tous les postes les plus déterminants du parlement fédéral. M. Jürg Stahl, UDC, membre de la direction du Groupe Mutuel, est devenu président du Conseil national et de fait premier citoyen du pays. M. Ivo Bischofberger, PDC, consultant pour le Groupe Mutuel, dirige le Conseil des Etats. M. Ignazio Cassis, président du Conseil de direction de Curafutura, président du groupe parlementaire PLR et président de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national, est à la tête de l’un des deux partis majoritaires. Enfin, son pendant UDC, de cette année: M. Heinz Brand, président du Conseil d’administration de Santésuisse et Tarifsuisse, est la tête pensante en matière de santé à l’UDC. Au poker, ce serait la quinte flush royale. Le lobby des assureurs a gagné son pari: tout influencer et contrôler.

La Suisse est une démocratie directe
Reste que notre pays possède heureusement un avantage immense: la démocratie directe. Le peuple souverain peut donner son avis et proposer des réformes lorsqu’il estime qu’elles sont indispensables. Le moment de lancer une initiative populaire pour un parlement indépendant des caisses maladie est arrivé. Il est temps de mettre un terme au lien incestueux entre les assureurs et les parlementaires et à une certaine forme d’arrogance. Le contrôle du financement de la santé ne peut être dans les mains de quelques personnes soutenues financièrement pour geler toute volonté de réformes et dont le but ultime est d’offrir aux assureurs sur un plateau la mainmise sur le système de la santé. Nous participerons à la récolte de signatures et soutiendrons activement cette initiative populaire au motif que ce qui est l’évidence pour La Poste, Swisscom ou les CFF devrait l’être pour les assureurs maladie. Ni lien ni rémunération ne doivent être acceptés.

Une étude détonante
Dans une période où les partenaires tarifaires essaient de trouver un accord pour une révision acceptable du tarif médical, le cabinet Ernst & Young a publié une étude alarmiste concluant au doublement des primes maladie à l’horizon 2030. Les prévisions : une augmentation des coûts de la santé de plus de 60%, soit 116 milliards, c’est-à-dire 11% du revenu des ménages (6% en 2014). Insoutenable! Et miracle, la société de conseil pense que ce sont les assureurs qui pourront freiner la hausse des coûts. Toute alerte, toute mauvaise nouvelle est bien sûr télécommandée. Elle n’a d’autre intérêt que d’influer les tarifs de demain. Or, il sied de souligner que cette augmentation correspond exactement à la hausse subie au cours des dix dernières années sans aucune réaction des parlementaires à Berne. Laisser aller, ne pas contrôler et aboutir au chaos est une tactique efficace pour démontrer que seules les caisses maladie seront à même de contrôler les coûts. Avec une telle stratégie, les assureurs sont certains d’atteindre leur rêve suprême, à savoir la fin du libre choix du médecin. Les assureurs auront ainsi la mainmise sur la santé des citoyens.

Etre proactifs
Les médecins et leurs associations se doivent d’être actifs dans la défense des intérêts de leurs bases dans une période où il existe la volonté de la fin du libre choix du médecin et du libre choix du traitement, de l’absence de réelle prise en compte de la formation médicale et chirurgicale, d’attaques sur les tarifs et les accords passés et le détournement de la notion centrale de la qualité au profit des assureurs. La qualité doit être déterminée sur des bases scientifiques et non pas seulement économiques. Nous devons faire entendre notre voix et ne pas hésiter à lancer des initiatives populaires ou des référendums lorsque le parlement cherche à imposer par des textes de loi inacceptables les seuls désirs des assureurs maladie.

Toujours pas de transparence
A ce jour, il n’existe toujours pas de séparation entre l’assurance maladie de base sociale non lucrative et les assurances complémentaires commerciales. Qui à Berne pourrait avoir un quelconque intérêt à changer les choses ? Certainement pas les parlementaires ayant des liens étroits avec les assureurs maladie. Les règles qui s’appliquent pour les régies publiques fédérales devraient impérativement prévaloir pour les assureurs maladie de base tant le poids financier devient lourd pour les ménages. Il ne faut pas oublier que les primes d’assurances maladie n’entrent pas dans le calcul du coût de la vie, donc n’ont pas d’influence sur les augmentations éventuelles de salaire.

Des caisses maladie qui vous «like»
Les assureurs maladie sont là pour vous et votre bien. C’est exactement les paroles de Pascal Couchepin, ancien conseiller fédéral, qui affirmait qu’ils ont pour fonction «de défendre les assurés». On en aurait presque la larme à l’œil. Demain, vous mangerez, bougerez, dormirez selon des normes établies par le Big Data et relayées par les assureurs maladie. Ils sont là pour vous, si si. Mais de prévention que nenni, car qui aurait un quelconque intérêt à aller dans le sens d’un réel programme de santé basé sur la prévention et la promotion de la santé. Personne. Surtout pas les assureurs maladie dans la mesure où le citoyen peut changer chaque année de caisse maladie. Il y est encouragé publiquement par les politiciens et même par le directeur de l’Office fédéral de la santé publique, M. Pascal Strupler.

Savoir dire stop et reprendre la main
On l’aura bien compris, il est temps de lutter par la voie la plus simple et la plus directe, la démocratie. La population doit faire des choix, en toute connaissance de cause et dans la transparence la plus totale. Les assureurs maladie ne doivent pas pouvoir utiliser l’argent des citoyens pour les campagnes à venir. Au fait, nous allons à Genève recevoir la dernière tranche des réserves payées en trop. Nous n’aurons jamais perçu la totalité de ce que chacun a payé. Un vol impuni. Mais qui cela intéresse-t-il vraiment à Berne? Hélas, trop peu de parlementaires. Il serait temps que le peuple reprenne les clés du parlement et mette fin au lobby des assureurs.

Michel Matter

MAS : un ralliement de raison (édito de La lettre de l’AMG de janvier-février 2017)

Le Conseil de l’AMG dit oui du bout des lèvres
Lors de sa séance du 24 janvier 2017, le Conseil de notre association a décidé, à une courte majorité, de recommander à ses membres de remplir l’eQuestionnaire du relevé des données structurelles des cabinets médicaux et des centres ambulatoires – Medical Ambulatory – Structure (MAS) – que les médecins doivent envoyer à l’Office fédéral de la statistique (OFS) d’ici au 28 février 2017. Cette décision a été prise après avoir entendu Maîtres Bernard Ziegler et Tobias Zellweger qui ont été mandatés pour rédiger un avis de droit afin de déterminer les éventuels risques, les sanctions possibles et les avantages d’une réponse ou d’un refus de réponse. Cette analyse juridique a porté tant sur l’actuel eQuestionnaire MAS de l’Office fédéral de la statistique (OFS) – qui se limitera uniquement à un examen statistique sans aucune surveillance – que sur le futur questionnaire MARS de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui, lui, entraînera une surveillance accrue de nos activités médicales ambulatoires.

Une décision individuelle
La décision de remplir ou de ne pas remplir le questionnaire est individuelle. La sanction liée au refus de fournir les données médicales ambulatoires est pécuniaire, c’est-à-dire une amende pouvant théoriquement se monter à plusieurs milliers de francs. Dura lex, sed lex ! Nos avocats ont été particulièrement clairs sur le risque qui serait pris face à l’administration fédérale. Cependant, l’OFS a indiqué qu’il n’y aurait pas de sanction cette première année. Un report du délai au delà du 28 février serait même envisagé en raison du faible taux de réponse actuel sur les 18’723 envois effectués par l’OFS.

La défense de la valeur du point tarifaire cantonale
Dans le cadre de la défense de la valeur du point tarifaire cantonale, les médecins ont besoin de disposer d’une excellente base des données. C’est la raison pour laquelle notre association a créé, il y a un an, sur décision de l’Assemblée générale, la Boîte de réception AMG des données anonymisées de la facturation LAMal et LAA des membres de l’AMG. Il manque d’évidence tout le pan lié aux charges des cabinets et centres médicaux. L’OFS à travers la collecte de données liées à l’eQuestionnaire MAS devrait combler cette lacune tant il est essentiel de connaître globalement les loyers, les charges de personnel et tout ce qui fait des structures médicales genevoises les championnes suisses en termes de charges et de coûts impactés sur nos pratiques. Ces chiffres permettront de démontrer nos particularités cantonales et les sommes importantes qui pèsent comme une chape de plomb sur les cabinets et centres médicaux genevois.

Des statistiques insatisfaisantes
Qui est capable, à Genève, de transmettre uniquement ce qui est lié aux assurés LAMal ? Chaque médecin effectue des consultations ambulatoires auprès de patients sous le régime de la LAMal, de la Sécurité sociale française ou sous la couverture d’une assurance internationale, sans parler des assurances accident, invalidité et militaire. Souvent le mode de facturation est identique. Quelle est la part du personnel et de l’infrastructure dédiée exclusivement aux consultations ambulatoires LAMal ? Les fiduciaires peinent à pouvoir répondre à ces demandes et à fournir des chiffres exacts. Or, qui dit statistiques se doit de dire précision. Alors 5, 10, 15, 20 % de la patientèle est-elle non concernée par la collecte de données MAS ? Ce sera à la louche, donc peu satisfaisant.

MARS, c’est le grand flou
Maîtres Ziegler et Zellweger ont démontré que le projet de Règlement de traitement relatif aux données des fournisseurs de prestations selon l’art. 59a LAMal – qui s’appliquera pour MARS et non pour MAS – mis en consultation par l’Office fédéral de la statistique (OFS), division Santé et affaires sociales, comprend des défauts majeurs. En particulier, ledit projet de règlement ne respecte pas plusieurs dispositions légales, notamment la Loi fédérale sur la protection des données et son ordonnance. Le principal problème réside en effet dans la définition floue des champs de données que les médecins devront remplir pour l’autorité de surveillance. La protection des données est capitale et incontournable. Le grand flou est actuellement de mise autour du projet MARS. La volonté politique, exprimée dans l’art. 59a LAMal, est clairement contournée dans le projet de règlement pour que l’Etat fédéral puisse obtenir toutes les données : non pas seulement celles liées à la médecine ambulatoire, mais aussi celles de toute l’activité des médecins. Cette situation n’est pas admissible. Des clarifications ont déjà été demandées à l’OFSP par la FMH.

Confiance et vigilance
Avec la décision du Conseil de l’AMG, c’est le pari d’une meilleure connaissance de nos charges à travers la récolte de données qui a fait pencher la balance du côté du oui à l’eQuestionnaire MAS de l’OFS. Toutefois, c’est peut-être aussi le risque de voir l’OFSP étendre sa surveillance sur la pratique médicale ambulatoire d’une manière abusive, qui bafouerait les valeurs fondamentales du secret professionnel, de la protection des données et de la transparence. Des statistiques de qualité, oui, mais dans le strict respect de la légalité ! Nous y veillerons.
Michel Matter

Interne et chef de clinique aux HUG : enfer ou paradis ?

Si les conditions de travail sont mauvaises, c’est parce que la loi sur le travail (LTr) n’est pas adaptée aux hôpitaux. Ce refrain est parfois érigé comme une vérité, mais qu’en estil vraiment ? S’il est vrai que la LTr peut occasionnellement se révéler problématique dans le milieu médical, il est difficile de l’accuser des mauvaises conditions de travail sachant qu’elle est encore loin d’être respectée aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) : lissage du temps de travail sur deux semaines, horaires de nuit de plus de 14 heures, inadéquation entre les heures planifiées et les heures enregistrées dans le système de rémunération, etc… L’AMIG n’est pas la seule à le relever puisque l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (OCIRT), lors de son inspection des HUG en juin 2015, a également constaté de nombreuses infractions et enjoint les HUG à les corriger.

Si nous rejoignons le constat que les conditions de travail aux HUG peuvent être améliorées, notre interprétation quant aux causes diffère : le manque de considération des médecins, la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle et une formation de qualité aléatoire et parfois insuffisante sont à nos yeux les principaux responsables et les sujets sur lesquels il serait important de se pencher.

La considération et la reconnaissance du travail fourni sont des conditions nécessaires pour la motivation des collaborateurs et leur sentiment d’appartenance à l’institution. Malheureusement, trop de médecins ont encore le sentiment d’être utilisés et déplacés comme des pions sur un jeu d’échec, n’étant que spectateurs de leur formation et de leur travail. Ce constat a aussi été souligné par les enquêtes de satisfaction réalisées par les HUG. Il nous semble important de remettre le médecin au centre, pour qu’il puisse se projeter dans son avenir, planifier sa formation et sa carrière. Finalement, la reconnaissance du travail fourni passe également par la valorisation du temps passé dans l’institution (heures effectuées, service de piquet, travail de nuit et de week-end, annuités).

Si la médecine reste un métier passionnant et ambitieux, le schéma du médecin travaillant sans compter, marié à son travail et son institution, est dépassé. Dans un contexte de féminisation de la profession (plus d’un diplômé sur deux est une femme), mais également de changement des aspirations des médecins pour qui la vie personnelle prend une place plus importante, il est essentiel de développer un accès aux temps partiels. Chaque année, des médecins changent d’orientation professionnelle en raison de l’impossibilité de moduler leur temps de travail et de la difficulté inhérente à concilier vie privée et vie professionnelle. Si certains chefs de service ont compris la nécessité et les avantages qu’offre de tels horaires, que ce soit pour la gestion des équipes ou pour la satisfaction des collaborateurs, ils sont encore trop nombreux à être opposés à l’idée d’un travail à pourcentage réduit, mettant en doute la qualité de la formation et la qualité des soins. Il nous semble que l’institution devrait mettre en place une politique active d’encouragement à de tels postes et accompagner les chefs de service dans cette direction. Le virage est amorcé et cette transition ne sera que plus simple si elle se fait main dans la main, en partenariat avec tous les acteurs.

La formation, ou plutôt sa qualité, est également une des raisons pouvant expliquer la déception des jeunes médecins. Se reposant sur l’idée que le milieu universitaire offre une casuistique fantastique, certaines personnes ont tendance à confondre exposition clinique et formation clinique. Le manque de supervision, d’encadrement et de plan de formation aboutit encore trop souvent à une prolongation de l’internat, à des parcours de formation morcelés et à une frustration inhérente à ces incertitudes. Outre une mission de soin et de recherche, il est important de rappeler que les HUG ont également une mission de formation et sont, avec le CHUV, une étape obligatoire pour la quasi-totalité des formations de spécialistes de l’ISFM (Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue). Un encadrement et un soutien aux chefs de service par la direction des HUG concernant les plans de formation des médecins et leur suivi, mais également la création de liens plus étroits entre les HUG, le CHUV et les autres hôpitaux romands pourraient constituer des avancées pour la formation des médecins.

Après des années d’immobilisme, l’espoir d’un renouveau semble maintenant possible. En trois ans, l’équipe de direction des HUG a considérablement changé: nouveau directeur général, nouveau directeur médical, nouvelle directrice des ressources humaines, et un vent nouveau semble souffler. Le récent rapport de l’OCIRT a fait resurgir des problématiques qui avaient été oubliées ces dernières années et a permis de donner un coup de pouce et une visibilité aux problèmes des médecins. Des groupes de travail ont été mis en place et l’AMIG intégrée aux discussions. Les discours sont prometteurs et nous espérons qu’ils se concrétiseront rapidement en action. Le temps le dira. Mais les HUG doivent réagir et vite. Ils ne peuvent se permettre d’attendre ni se reposer sur leurs lauriers s’ils veulent garder les médecins formés en leur sein, ou attirer la relève de demain. Car la concurrence devient de plus en plus dure… et le chant des sirènes de plus en plus doux !
Christophe Fehlmann et Yan Beauverd
Président et Vice-président de l’AMIG
Association des médecins d’institutions de Genève

Quand la qualité de la relève médicale, compromise, représente un danger pour les patients

Avec son accord et nous l’en remercions, nous reprenons ici un article paru dans Le Courrier du médecin vaudois, qui a consacré son dernier numéro (décembre 2016 – janvier 2017) à la reconnaissance des titres et a demandé au Dr Didier Châtelain d’exposer la situation dans le canton de Genève.

A Genève, le droit de pratique est accordé par la Direction générale de la santé (rattachée au Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé) à tout médecin qui a obtenu un titre fédéral délivré par l’Institut suisse pour la formation médicale post-graduée et continue (ISFM, organe autonome de la FMH) ou une reconnaissance de son titre étranger par la Commission fédérale des professions médicales (MEBEKO, rattachée au Département fédéral de l’intérieur).

Rien d’autre n’est vérifié quant à la qualité de la formation postgraduée. Ont pu ainsi s’installer des médecins, porteurs d’un titre étranger de médecine générale, dont la formation n’équivaut de loin pas à celle exigée pour l’obtention du même titre en Suisse. Par exemple, la plupart n’ont effectué aucune période d’internat en hôpital universitaire. Il en est de même avec des chirurgiens dont le catalogue d’opérations obligatoires en Suisse était très insuffisamment réalisé, ou d’autres acteurs qui n’ont pas opéré depuis plus de 10 ans.

On pourrait nous rétorquer que certains de ces généralistes n’ont alors reçu de la MEBEKO que le titre de médecin praticien (MP). Mais c’est là que le bât blesse et que ce titre même est gravement préoccupant, car il implique la pratique de la médecine générale et le droit de pratique cantonal l’y oblige même exclusivement !

Mais de quel type de médecine générale parle-t-on ?
De celle apprise en Suisse en seulement trois ans, dont uniquement une obligatoire en «établissements de formation reconnus», et sanctionnée par un examen fédéral, mais dont la réussite est accordée par l’ISFM pour une note inférieure à celle exigée d’un candidat se présentant pour le titre fédéral de médecine interne générale (ex-médecine générale FMH ou médecine interne FMH), et ce, après cinq ans minimum obligatoires passés dans des Centres de formation reconnus et dûment contrôlés ?

Ou, pis, de celle pratiquée par des médecins sans réelle formation structurée dans ce domaine, voire n’ayant jamais pratiqué de médecine générale (par exemple, psychiatrie, ORL, traitements esthétiques de varices, etc.) et auxquels la MEBEKO attribue tout de même, sur l’autel des Accords bilatéraux, ce titre inventé en 2002 et rapidement devenu un «fourre-tout» insensé ?

Le tout est aggravé par l’absence d’obligation officielle faite aux porteurs de ce titre fédéral de suivre une formation continue, pourtant exigée de tous les porteurs du titre de spécialiste en médecine (interne) générale, à hauteur d’un minimum de 80 heures/année !

Qui pâtira de cette situation ? Les patients, doublement
D’abord, en ne bénéficiant indéniablement pas de soins de la meilleure qualité, et ce, sans en avoir été clairement informés – et même les cartes de visite ou les plaques sur les immeubles sont parfois trompeuses. Ensuite, parce que les coûts engendrés par un médecin insuffisamment formé sont presque toujours supérieurs: en cas de mauvaise formation clinique et d’insécurité, la tentation est grande de remplacer ses insuffisances par des examens ou des consultations superflus, qui engendrent une augmentation des coûts, suivie d’une augmentation des primes ! C’est grave.

Et quelle double injustice à l’égard de nos collègues soumis aux exigences académiques susmentionnées et dont les honoraires sont identiques à ceux prévus pour les porteurs de ce titre de médecin praticien. Cela n’est pas pour favoriser la relève locale !

Même si, heureusement, certains porteurs de ce titre fédéral de «MP», suisses ou étrangers, sont au bénéfice d’une formation plus solide que celle décrite ci-dessus, nous devons déplorer plusieurs dizaines de droits de pratique délivrés à Genève à des «MP», malgré leurs formations postgraduées très lacunaires dans ce domaine de la médecine et effectuées en général en dehors de toute structure reconnue de formation.

Voici quelques exemples qui nous ont particulièrement choqués :

• Diplôme à Bologne. Six mois de gériatrie en clinique privée remplacements épars en cabinets. Aucune pratique médicale pendant dix-huit ans (1995 à 2013)! A reçu ici en 2004 son droit de pratique «uniquement en qualité de MP» !

• Diplôme à Constantine, «reconnu» en Belgique de par la nationalité belge de son épouse! Donc «reconnu» ensuite par la Suisse! Chirurgie en Algérie puis en Suisse pendant quatre ans. Six mois en cabinet de cardiologie à Vevey. Droit de pratique à Genève comme «MP uniquement» !

• Diplôme de médecin à La Paz. Huit ans de chirurgie orthopédique en Bolivie et au Mexique quatre ans de chirurgie de la main et six mois de médecine interne comme étudiant stagiaire aux HUG. Dit «pratiquer la médecine générale»! Installé dans une permanence.

• Diplôme à Genève. Six mois de chirurgie digestive, sept ans d’ORL, un an de neuro-chirurgie. Droit de pratique comme «MP uniquement» !

• Diplôme à Lima, «reconnu» par l’Espagne, donc ensuite par la Suisse. Quatre ans d’anesthésie. En Suisse : quelques mois de radio-oncologie et d’urologie deux mois de gériatrie et trois mois de médecine interne. Six ans de psychiatrie aux HUG, avec échec à l’examen de spécialiste. Droit de pratique comme «MP uniquement» !

• Diplôme à Lausanne. Quatre mois de soins de douleurs un mois en policlinique médico-chirurgicale en périphérie trois ans de gynécologie en périphérie. Sage-femme cinq ans. Droit de pratique comme «MP uniquement» !

• Diplôme en France. Aucune formation postgraduée. Deux ans de remplacements en cabinets médecin d’ambassade et d’industries pharmas en Asie et en Russie pendant dix-huit ans trois ans de remplacements en cabinet. Droit de pratique comme «MP uniquement» !

• Diplôme à Bucarest. «Autorisation d’habileté pratique en médecine générale», puis mésothérapie et lasers à Paris, dont plusieurs années sans aucune pratique médicale. Titre fédéral de «MP», suivi du Droit de pratique comme «MP uniquement» !

• Diplôme en France. Six mois de cardiologie, un an d’onco-pédiatrie, six mois d’urgences, dix-huit mois de psychiatrie. Radiologue pendant dix ans, puis installée à Lausanne comme tel. Titre fédéral de médecin praticien et «pratique la médecine générale depuis» !

• Diplôme en France. Gériatrie en périphérie, puis «protéonique, biorésonnance et prévention du vieillissement ». Reçu le droit de pratique de «MP uniquement» !

• Diplôme en France. Formation postgraduée uniquement en sexologie. Titre fédéral de «MP» et droit de pratique reçu ici comme «MP uniquement» !

• Diplôme brésilien, «reconnu» par le Portugal, puis donc par la Suisse! Anesthésie (France et Suisse) et soins palliatifs (Italie). Obtention du titre fédéral de «MP» !

• Rhumatologue algérien, dont la France a «reconnu» son diplôme de médecin, suivie par la Suisse! Droit de pratique comme «MP uniquement».

• Et que dire encore de ce diplômé en France, «ayant travaillé en Belgique», puis reçu son titre fédéral de «MP», qui a refusé de produire son CV lors de sa candidature à l’AMG ?

Il est à préciser que ces cas et ceux qui constituent encore une longue liste ne remplissent aucunement les critères statutaires pour être admis au Groupe cantonal de spécialistes en Médecine de famille. Ainsi, dans l’Annuaire genevois de professions de la santé et sur le site de l’AMG, leurs noms ne sont pas suivis de l’astérisque attestant de la haute qualité de leur formation postgraduée et continue.

Enfin, dossiers documentés à l’appui, nous avons interpellé par écrit dès 2012 la MEBEKO, l’ISFM et notre département cantonal: chacun arguant de son impossibilité à pouvoir prendre d’autres décisions, cela n’a lamentablement rien changé! Passivité ou incurie ?

Nous avons aussi parlé à des journalistes de la presse écrite et une équipe de la RTS est venue dans mon cabinet en 2013 : aucune suite.
Dr Didier Châtelain
Spécialiste en médecine interne générale
Président de MFGe

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La Ville de Genève a lancé cette année le Fonds d’apprentissage, qui vise à soutenir financièrement les entreprises formatrices.
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Dès 2017, le Fonds permettra également de bénéficier du Chèque label entreprise formatrice – Genève (CleF – Genève), un dispositif de coaching adapté aux besoins de l’entreprise dispensé par l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC).
Pour de plus amples informations, le médecin intéressé peut consulter l’adresse
http://www.ville-geneve.ch/fonds-apprentissage
Il peut également contacter directement le secrétariat du Fonds à l’adresse : fonds.apprentissage@ville-ge.ch, ou, par téléphone, M. Bertrand Cassegrain, chargé de projets, au 022 418 22 91. (réd.)

(selon un courrier, du 15 novembre 2016, adressé par la conseillère administrative Sandrine Salerno au Dr Michel Matter)

Le PLR genevois entre dans la danse… électorale ? (édito de La lettre de l’AMG de novembre 2016)

Des positions politiques éloignées
Les éditoriaux et les positions politiques de notre association ont souvent irrité le PLR genevois. La votation sur le Managed Care en 2012 en est l’exemple le plus parlant: 86% des Genevois avaient déposé un bulletin allant dans le sens de notre combat de maintenir le libre choix du médecin, et cela contre les directives des élites du PLR genevois et suisse. 75% des sympathisants PRL suisses n’avaient pas suivi leurs élus. En 2008, la mainmise des assureurs sur la santé, heureusement balayée en votation fédérale, y trouvait des alliés dans notre ville. Le vote sur la Caisse publique, soutenue par les médecins-députés PLR au Grand Conseil, a montré la volonté des Genevois, comme celle majoritaire des Romands francophones, de réformer l’assurance-maladie de base, sociale et sans but lucratif, par un acte fort: ils manifestaient ainsi leur ras-le-bol de l’augmentation perpétuelle des primes.

Le secret médical
Sujet ô combien primordial et fondamental, les députés PLR ont porté atteinte au secret médical en modifiant le 5 février 2016 la loi d’application du Code pénal suisse. Au PLR, seuls les députés Halpérin et Selleger s’y sont opposés, M. Saudan, également hostile, étant à l’étranger lors du vote. Et cela, malgré nos explications devant leur Comité ou les Commissions du Grand Conseil concernées et malgré les positions contraires et les réserves exprimées par l’Ordre des avocats, les juristes progressistes, le Procureur général et l’ensemble des thérapeutes, etc. Lors du colloque organisé le 18 octobre pour fêter les 10 ans de la Commission du secret professionnel, cela a été redit: l’obligation faite aux thérapeutes de tout transmettre, passant outre la pesée des intérêts, est difficilement défendable, voire applicable. Les Genevois, dont de nombreux sympathisants du PLR, ont soutenu notre initiative pour lutter contre la brèche faite au secret médical. Un combat juste, humaniste et fondé sur les notions de confiance, de confidentialité et de confidence, donc renforçant la sécurité de tous. Le silence est une arme redoutable.

Une motion qui marque un virage
Fort d’une motion intitulée Hausse des primes d’assurance- maladie: défendons les Genevois !, le PLR genevois entre dans la danse contre l’augmentation totalement disproportionnée des primes d’assurance-maladie. Comment ne pas combattre et afficher sa colère face à une telle explosion des primes, sachant les efforts consentis pour freiner la hausse des coûts, y compris par les médecins dont la rémunération n’a pas été indexée depuis plus de vingt ans, qui envoient des factures moins chères qu’il y a dix ans pour les mêmes actes et dont les charges, comme pour d’autres professions, ont pris l’ascenseur réduisant leur pouvoir d’achat ? La différence entre les coûts et les primes est choquante, chiffres officiels à l’appui. Cette entrée du PLR genevois dans la contestation de ce scandale annuel est à saluer. Osons espérer, dans ce domaine, un front commun de nos députés, tous partis confondus, pour porter le ras-le-bol des Genevois jusqu’à Berne et pour le soutien de toutes les actions qui mèneraient aux réformes souhaitées et salutaires.

Des parlementaires à Berne désavoués
Pour le PLR genevois, c’est une rupture avec ses conseillers nationaux qui, vote après vote, soutiennent à Berne le lobby des assureurs et les intérêts d’Economie suisse. Il est vrai que tant que ce parti aura comme leader aux Chambres M. Ignazio Cassis, également à la tête de la faîtière d’assureurs-maladie Curafutura, cela ne pourra changer. Le désaveu des positions de MM. Genecand, Hiltpold et Lüscher (leurs votes dans le domaine de la santé sont publics) est évident. N’ont-ils pas voté le 18 décembre 2015 pour l’ouverture des frontières aux Eurodocs et contre la volonté soutenue par la FMH d’un minimum de trois ans de formation en Suisse ? M. Genecand allant même défendre sur la RTS son vote en parlant de libre concurrence! La colère affichée par le conseiller fédéral Alain Berset et par le soussigné dans le même TJ de 19.30 était à la hauteur de notre totale incompréhension d’une telle méconnaissance des réalités dans le domaine de la santé. En avril 2016, ils retournaient leur veste en soutenant finalement le moratoire sur les admissions de nouveaux médecins. On nous rétorquera que le Parlement est actif et qu’il existe par exemple une nouvelle surveillance des caisses-maladie. Un leurre de plus, les holdings n’étant pas soumis à cette surveillance. Là où l’argent se déplace et se fait, là où l’opacité existe, la majorité des Chambres fédérales ne regarde pas. Un jour, les ténèbres laisseront la place à la lumière et à la transparence, cet élément indispensable dans toute société véritablement démocratique.

Un acte fort ou une vile tactique électorale ?
La motion PLR est déposée par Mme Fontanet, pourfendeuse du secret médical. Cela nous dérange. Espérons que cette action politique n’est pas un simple effet électoraliste à moins de deux ans des élections au Conseil d’Etat et au Grand Conseil et qu’elle sera suivie d’une réelle volonté dans les faits. Par cette motion, le PLR genevois s’implique davantage dans le domaine de la santé et fait des propositions constructives. Nous pourrions y adhérer si elles devaient aller dans le sens d’une garantie de la qualité médicale et du respect de nos valeurs fondamentales.
Michel Matter

L’IMAD vous informe – La santé mentale à domicile : une nouvelle approche

L’OMS publiait en avril 2016 une étude indiquant que la dépression et les troubles de l’anxiété, en recrudescence dans le monde, coûtent à l’économie mondiale quelque 1000 milliards de dollars (US $) par an. En soignant ces troubles, les gains pour l’économie mondiale seraient de 4 fois supérieures aux dépenses engagées.

Rien qu’à Genève, les besoins identifiés dans le domaine de la psychiatrie augmenteront de 1% par an et ceux des soins à domicile de 4.5% par an, entre 2015 et 20191. A cela s’ajoute une demande accrue en structures ambulatoires et en prises en charge des troubles psychiques à domicile dans le canton de Genève.

Dès lors, comment répondre à l’augmentation de ces besoins populationnels ?
A travers un projet pilote, soutenu par la Direction générale de la santé (DGS), l’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD) propose de tester le modèle de prise en charge de santé mentale de l’adulte à domicile. Mené conjointement avec le département de psychiatrie des HUG, les Etablissements publics pour l’intégration (EPI), la Ville de Vernier et les médecins psychiatres de l’AMG, pour eux, le Dr Sylvia Quayzin Hooton.

Ce projet, déployé depuis avril 2016, est entré en phase pilote depuis septembre dernier et se terminera en juin 2017.

Cette expérience se déroule dans la commune de Vernier, particulièrement sensibilisée à ces questions et dont le dispositif social est déjà fort bien établi. Sur l’ensemble des clients suivis par l’IMAD à Vernier, dans le cadre de prestations de soins infirmiers uniquement, il ressort que 41% d’entre eux prennent des médicaments psychotropes, 3% ont des idées délirantes et 6% consomment de l’alcool dès le matin.

De manière similaire à ce qui existe déjà dans d’autres cantons suisses romands, il s’agira de vérifier l’opportunité que des infirmiers de l’IMAD spécialisés en psychiatrie délivrent, sur prescription d’un médecin psychiatre, des prestations de soins, selon l’article 7, al. 2, let. c, ch. 2 OPAS.

Les soins pouvant faire l’objet d’une prescription par un médecin psychiatre se définissent de la façon suivante :

Soins infirmiers :
• Soins destinés à la mise en œuvre au quotidien de la thérapie du médecin, tels que stratégies permettant de gérer la maladie et l’instruction pour la gestion des agressions, des angoisses et des idées paranoïaques.

• Soutien apporté aux malades psychiques dans des situations de crise, en particulier pour éviter les situations aiguës de mise en danger de soi-même ou d’autrui.

Soins de base :
• Mesures destinées à surveiller et à soutenir les malades psychiques pour accomplir les actes ordinaires de la vie, telles que la planification et la structuration de leurs journées de manière appropriée, l’établissement et la promotion des contacts sociaux par un entraînement ciblé et le soutien lors de l’utilisation d’aides à l’orientation et du recours à des mesures de sécurité.

Ces soins regroupent des prestations telles que : Consultation – Acquérir et exercer des stratégies permettant de gérer la maladie – Administrer et contrôler le traitement – Instruire pour la gestion des agressions des angoisses et des idées paranoïaques – Entraîner l’accomplissement et les techniques quotidiennes – Planifier et structurer les journées de manière appropriée – Guider ou soutenir l’entretien du logement – Guider ou soutenir les soins corporels, etc.

Seules les personnes atteintes dans leur santé mentale, à l’exclusion des situations de pédopsychiatrie ou de psychogériatrie, sont incluses à ce stade dans ce pilote. Dans ce cadre, trois infirmiers de l’IMAD, qui œuvrent à Vernier depuis le 1er septembre 2016, sont formés en psychiatrie et collaborent étroitement avec le département de psychiatrie des HUG.

En cas de besoin d’informations complémentaires pour la prescription de prestations de santé mentale pour vos patients de Vernier, vous pouvez contacter :

Madame Florence Dorsaz Baudoin
Responsable de l’équipe du Lignon
florence.dorsaz-baudoin@imad-ge.ch

Pour tous les acteurs de ce projet comme pour l’IMAD, il s’agit là de faire un choix de prises en charge coordonnées en soutenant les malades, leur famille et leur réseau social.

Anne-Florence Dami
Responsable du Service de communication

1 Rapport de planification sanitaire du canton de Genève 2016-2019

Les Saturnales 2016 ont besoin de vous !

Les Saturnales ?

Souvenez-vous-en ! Notre association regroupe des étudiants de 3ème année de la Faculté de Médecine de Genève, qui depuis 1898, organisent de célèbres soirées de gala. A l’origine réservées aux étudiants en médecine, ces soirées sont aujourd’hui ouvertes à tous les étudiants du canton et revêtent une vocation charitable. En effet, le véritable enjeu de cette entreprise consiste à soutenir des associations caritatives, choisies au préalable par la volée.

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Cette année, les quatre associations qu’il nous tenait à cœur de soutenir sont :

Courir Ensemble (activités sportives et créatives avec les enfants atteints du cancer à Genève) Rapilium (activités musicales avec les enfants atteints du cancer en Suisse) Resham Firiri (encouragement de l’éducation dans la plaine népalaise de Chormara) Sagarmatha (parrainage d’enfants du centre Children of Sagarmatha, à Katmandou au Népal)

Par principe, nous offrons l’opportunité à ces diverses associations de nous proposer un projet que les Saturnales 2016 soutiendront dans la totalité. Ainsi, le centre de nos préoccupations dans la réussite de cette soirée est de récolter suffisamment de fonds afin de respecter nos engagements et permettre à ces divers projets de voir le jour.

Comme vous pouvez vous en douter, l’organisation d’une telle entreprise est un réel défi et nous faisons de notre mieux pour la mener à bien. Certains d’entre vous auront peut-être déjà pu déguster nos pâtisseries sous la rotonde des HUG ? En sus de toute notre motivation, une contribution de votre part serait toutefois également la bienvenue.

Aidez-nous, soutenez notre projet par un don à l’association des Saturnales 2016 !

Numéro de compte: CH85-0483-5144-1156-3100-0 (Banque Cantonale Genevoise) (demande d’envoi de BVR possible à l’adresse mail suivante: sat16.sponsors@gmail.com

N.B.: Nous nous tenons à votre entière disposition pour toute demande particulière ou question relative à nos actions et sommes tout à fait disposés à vous présenter plus amplement notre projet lors d’un entretien à votre convenance. Par ailleurs, nous pouvons vous envoyer un descriptif des associations que nous soutenons.

Antonio LEMBO (Président), Léa JACQUES (Vice-présidente),
Léo MEYER DE STADELHOFEN (Vice-président)

Secret médical: le calendrier de traitement de notre initiative cantonale

Le Conseil d’Etat a annoncé l’aboutissement de notre initiative populaire Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société après vérification des signatures recueillies. Et il a publié le calendrier fixé par la loi pour son traitement:

  • Le gouvernement doit faire rapport au Grand Conseil d’ici au 16 janvier 2017 avec sa proposition sur la suite à lui donner.
  • Le Grand Conseil se déterminera d’ici au 16 septembre 2017 sur la prise en considération de l’initiative:
    • si le Grand Conseil accepte l’initiative, elle sera considérée comme une loi adoptée par les députés et entrera en vigueur, sauf aboutissement d’un éventuel référendum la soumettant à votation populaire;
    • si le Grand Conseil rejette l’initiative, celle-ci sera également soumise à une votation populaire;
    • si le Grand Conseil décide de lui opposer un contreprojet, il disposera d’un délai supplémentaire d’une année.