Grève des femmes le 14 juin: les femmes médecins ont-elles aussi des raisons pour manifester? (édito de La Lettre de l’AMGe de juin 2019)

L’Union Syndicale Suisse présente ses revendications pour le 14 juin: un salaire minimal de 4000 francs pour tous, un temps de travail hebdomadaire de 35 heures, un congé parental de 24 semaines. Mais les femmes médecins, sont-elles vraiment concernées?

En 1980, la Suisse comptait 2571 femmes médecins en exercice pour 13016 hommes, soit 16 % environ. En 2018, avec 15982 femmes pour 21543 hommes, c’est 42,6% de femmes médecins, un déploiement dont elles peuvent être fières.

La grille salariale dans les hôpitaux est évidemment égalitaire, ainsi que les conditions cadre de travail. Mais les chiffres publiés dans la statistique médicale de la FMH de 2018 montrent que la réalité est loin d’être aussi égalitaire. Dans les hôpitaux suisses, lieu de formation des jeunes médecins, on compte aujourd’hui 58,6 % de femmes, mais leur nombre chute plus on grimpe dans la hiérarchie:  47,9 % de femmes chez les chefs de clinique, 24,5 % chez les médecins adjoints et seulement 12,4 % chez les médecins-chefs. (suite…)

Expert moi non plus (édito de La Lettre de l’AMGe de mai 2019)

L’expert est une personne qui, en plus de posséder une connaissance théorique d’un domaine délimité de savoir, a acquis une connaissance pratique, avancée et reconnue par ses pairs du domaine (Wikipédia). On peut donc s’attendre à de l’excellence et surtout de la compétence. Dans le domaine de la santé, les derniers mois et semaines nous ont offerts de beaux exemples de pseudo-experts autoproclamés ou adulés par nos dirigeants. (suite…)

Agir sur la planification médicale (édito de La Lettre de l’AMGe d’avril 2019)

A l’heure où le parlement va se ressaisir de la clause du besoin, où certains souhaiteraient un étatique du nombre de médecins, où Santésuisse s’empare de l’évaluation du nombre de médecins «nécessaires» par région, où cette volonté d’une gestion régionale (et non plus seulement cantonale) est évoquée, où la bascule du stationnaire vers l’ambulatoire devient une réalité, qui va peser sur le quotidien des médecins mais également sur les primes d’assurances-maladie, il est temps de repenser globalement la planification médicale de notre canton. (suite…)

La souffrance des soignants (édito de La Lettre de l’AMGe de mars 2019)

Des soignants en souffrance

Les journaux en ont fait leurs gros titres: les soignants crient au secours. Dans certains secteurs, de très nombreux soignants vont jusqu’à envisager d’abandonner leur profession. Le découragement est patent, bien que peu exhibé, et il interpelle à l’heure où les éloges semblent fleurir, la Suisse arrivant encore en tête des pays européens pour la qualité de ses soins. Tous les secteurs de la santé sont concernés, et les médecins n’y échappent pas. (suite…)

La claque (édito de La Lettre de l’AMGe de janvier-février 2019)

La Tribune de Genève, par ses gros titres, a parfaitement résumé la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 16 janvier 2019 concernant la planification hospitalière imposée depuis plusieurs années dans notre canton: «La justice balaie la politique hospitalière de Mauro Poggia» et encore «La justice claque Mauro Poggia». Tout est dit. Le protectionnisme étatique a volé en éclats. Les cliniques privées, sous l’impulsion de l’Hôpital de La Tour et de ses avocats, ont remporté plus qu’une victoire. (suite…)

Vaccination: le catimini du Département ou quand les médecins de famille sont ignorés (édito de La Lettre de l’AMGe de décembre 2018)

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Promouvoir la prévention et la couverture vaccinale, c’est parfait. Toutefois, la méthode appliquée est fourbe, inadéquate, voire absurde tant elle risque de décourager de potentiels vaccinés en faisant payer les malades chroniques et les retraités de leur poche.   (suite…)

Salaires des médecins: des conclusions erronées! (édito de La Lettre de l’AMGe de novembre 2018)

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En début de semaine passée, l’opprobre a une fois de plus été jeté sur les salaires des médecins. Une étude menée sur vingt mille médecins, soit 65% d’entre eux en Suisse, se fondant sur leur déclaration AVS, fait montre de salaires annuels compris en moyenne entre 187 000 (pédopsychiatres) et 817 897 francs  (neurochirurgiens). Les articles relatant ces faits de conclure que c’est un scandale, ces montants allant renchérir les primes maladie.

Confusion entretenue

Ces conclusions sont hâtives et, de fait, erronées. Les montants pris en compte sont ceux de l’AVS, qui  comprennent non seulement les frais relatifs à la LAMal – soit ceux qui pèsent sur les primes maladie – mais aussi ceux relatifs aux patients privés, à la vente de médicaments et à d’autres revenus, comme par exemple des rentrées immobilières, qui n’ont aucune incidence sur les primes.
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Les primes sont-elles fixées par la bourse? (édito de La Lettre de l’AMGe d’octobre 2018)

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La comparaison entre l’évolution des primes d’assurance-maladie au cours des dernières années et celle de la bourse pendant la même période laisse apparaitre une tendance explicite et saisissante. Vous trouverez ci-dessous les graphiques de l’évolution des primes et de la bourse depuis 20 ans. Les courbes se suivent avec un décalage toujours identique dans le temps. Des résultats boursiers favorables l’année précédente (comme l’an passé) entraînent une hausse des primes d’assurance-maladie moindre. Inversement, une mauvaise année boursière aboutit à une hausse des primes importante. Le cycle est perpétuel et est indépendant des assurés, des prestataires de soins ou des institutions. Il n’est lié qu’à la bourse. (suite…)

Secret médical: le temps de l’apaisement (édito de La Lettre de l’AMGe de septembre 2018)

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Cinq années

Après cinq années de luttes, après deux projets de loi, le premier balayé en Commission et le second accepté par le Grand Conseil genevois le 4 février 2016, après une initiative lancée par notre association et soutenue par la population, c’est finalement le contre-projet proposé par la Commission judiciaire et de la police, qui a fait passer le texte de loi du code pénal à la loi sur la santé, que les députés du Grand Conseil ont plébiscité le 30 août 2018 (71 votes pour, 16 contre). Ce texte de loi est un compromis garantissant le secret médical pour tous dans le respect de nos valeurs fondamentales.

Remerciements

L’Association des médecins du canton de Genève remercie (suite…)

Communiquer et protéger (édito de La Lettre de l’AMGe de juillet-août 2018)

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De nouvelles normes dans un monde en mouvement

A l’heure où Facebook (2 milliards d’utilisateurs) recule et peine à stopper les fuites de données, où Snapchat remplace progressivement les textos et séduit la jeunesse, où Instagram, qui appartient à Mark Zuckerberg comme Facebook, annonce son premier milliard d’utilisateurs actifs (plus d’un habitant de la planète sur huit), où Whatsapp remplit notre quotidien d’échanges et où la mise en vigueur du nouveau Règlement général de l’Union européenne sur la protection des données (RGPD) dès le 25 mai 2018 renforce le droit de chaque citoyen, la question des données privées n’a jamais été aussi centrale. Le citoyen suisse est également concerné par ce règlement. La RGPD permet à tout citoyen d’avoir des droits renforcés et surtout d’avoir accès à ses données personnelles, de les corriger, les supprimer et ou de les récupérer. Les données lui appartiennent. Les entreprises doivent, elles, obtenir un consentement explicite et surtout assurer une protection et une sécurité des données. Tout cela doit être documenté et protégé. Les entreprises doivent utiliser les données personnelles dans la plus grande transparence.

Entre prestataires de soins

La communication entre les médecins et autres prestataires de soins n’est ni standardisée, ni sécurisée actuellement et laisse une liberté du choix dans les messageries utilisées (Gmail, Yahoo, Bluewin, MSN,…) et rares sont les médecins qui se servent en tout temps d’une messagerie sécurisée (de type Health Info Net (HIN)). Le groupe des pédiatres genevois a depuis un certain temps opté pour un envoi de messages entre collègues et avec les HUG de façon sécurisée. Malheureusement, ils sont les seuls à ce jour à avoir cette stricte discipline. L’imad vient récemment de mettre en place une messagerie également basée sur HIN pour ses échanges internes. La prise de conscience doit être collective. Il est temps de mettre fin au carnet vert du patient où n’importe qui peut aller consulter les informations médicales qui y sont écrites et de véritablement aller vers une politique de protection des données. L’engluement du dossier médical dans sa phase de développement pousse les acteurs de la santé à rechercher ensemble des solutions pour mieux communiquer.

Des outils connectés

Les citoyens sont de plus en plus connectés via différents appareils (portables, montres, tablettes, …) et collectent une somme énorme de données personnelles. L’idée est de surveiller son état de santé et par exemple de bouger plus avec des outils comme le calcul du nombre de pas quotidien ou la dépense calorique. Innovations, gadgets ou utilisation scientifique, le marché de la collecte des données et de leur interprétation est en plein boom. Que l’on soit en pleine santé ou malade, les données affluent et viennent gonfler le nombre de données cumulées qui visent à offrir au client-patient une passerelle vers la médecine dite personnalisée ou individualisée. C’est une révolution, car elle impose de nouvelles normes, de nouveaux comportements et surtout un regard et une surveillance nouvelle de l’individu sur lui-même. Un égocentrisme qui devra être intégré dans nos consultations car les patients viendront de plus en plus avec des données ou des interprétations pseudo-scientifiques de leurs données personnelles. Les moyens et outils électroniques, connectés et dits intelligents, entreront dans le domicile des patients pour mesurer divers paramètres de soins, protéger des problèmes potentiels comme le risque de chute, alarmer en cas de danger immédiat ou simplement pour informer le malade et ses soignants. Ces nouveaux paramètres seront à prendre en compte et permettront une meilleure coordination des soins dans un souci d’interprofessionnalité renforcée.

L’AMGe active dans la recherche d’une solution commune et sécurisée

Dans ce monde en mouvement où les données seront de plus en plus nombreuses et devront être protégées et sécurisées, les hôpitaux universitaires romands annoncent la mort progressive des courriers-papier et des fax au profit d’une transmission électronique sécurisée. L’AMGe recherche actuellement une solution pérenne pour fournir à l’ensemble de ses membres une adresse électronique sécurisée dont la protection et la sécurité puissent être garanties par notre association. L’adresse de type «xyz@amge.ch» permettrait à tout membre de notre association de respecter les normes légales et surtout de pouvoir continuer à émettre, échanger et recevoir des documents confidentiels riches en données médicales sensibles. C’est ainsi que nos efforts d’aboutir à une solution d’ici cet automne vont de pair avec les décisions prises tant aux HUG qu’à l’imad. La communauté genevoise doit savoir que l’ensemble des données médicales seront, dans notre canton, dans des mains qui respectent hautement l’éthique et le droit de chaque citoyen à posséder un droit de regard et de contrôle sur ses propres données médicales dans le cadre légal imposé.

Dr Michel Matter