Les HUG consacrent une journée aux troubles bipolaires

Le jeudi 30 mars 2017, à l’occasion de la 3e journée mondiale des troubles bipolaires, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) organisent une matinée d’information sur les troubles bipolaires. Intitulée «Troubles bipolaires: l’union fait la force», cette journée est destinée aussi bien au grand public qu’aux professionnels. Des patients et des proches viendront apporter leur témoignage lors d’une conférence, au cours de laquelle des médecins et des soignants présenteront la maladie, les différents traitements et la façon de la conjuguer avec la vie quotidienne.

A signaler également: une exposition photographique temporaire sur la bipolarité, à voir jusqu’au 29 avril à l’Hôpital Belle-Idée à Chêne-Bourg.

Informations détaillées dans le communiqué de presse.

Flambées de rougeole dans plusieurs cantons – vigilance accrue devant toute suspicion

Plus de  cinquante cas de rougeole sont survenus dans plusieurs cantons de Suisse depuis novembre 2016.  Le Tessin, les Grisons et Fribourg sont les principaux cantons touchés par des flambées de cas concernant des enfants ainsi que de jeunes adultes.  A Genève,  aucun cas de rougeole n’a été rapporté depuis septembre 2016 (2013-2016 : 1-4 cas) mais en raison des vacances scolaires et de la mobilité accrue, des cas sont également susceptibles de se produire.

Nous vous demandons dès lors d’être particulièrement vigilants dans les semaines à venir. Le diagnostic clinique est parfois difficile et durant la phase prodromale, la confusion de la rougeole avec la grippe (toujours en circulation) est possible.

Pour mémoire, toute suspicion de rougeole doit faire l’objet d’une déclaration par téléphone (022 546 50 00) ou fax (022 546 98 16) au médecin cantonal dans les 24h, afin de mettre en œuvre les enquêtes d’entourage et permettre le suivi  épidémiologique. Les formulaires de déclaration sont disponibles via ce lien .

De plus, toute suspicion de rougeole sans lien épidémiologique doit être confirmée par un test diagnostic. La méthode de choix est une PCR sur un frottis oropharyngé (sensibilité élevée dès les premiers signes).

Devant cette situation, un communiqué de presse de l’Office fédéral de la santé publique(OFSP) paru le 9 février, a invité la population à faire contrôler son statut vaccinal et à le compléter si nécessaire (deux doses de ROR pour toute personne née après 1963). Vous risquez donc d’être sollicités par vos patients pour vérification et/ou mise à jour de la vaccination.

Enfin, pour votre information, un point de situation sur la rougeole en Suisse, a été mis en ligne le 21 février sur la page « Flambées et épidémies actuelles » du site Internet de l’OFSP auquel vous pouvez accéder en suivant ce lien. Malgré une augmentation de la couverture vaccinale nationale, ces flambées menacent de retarder l’élimination de la rougeole dans notre pays.

En vous remerciant de votre collaboration, nous vous adressons, chères et chers collègues, nos salutations les meilleures.

Prof. J-A Romand, médecin cantonal
Dr E. Delaporte, SMC

Santé sexuelle : histoire d’en parler

Suite à différentes études réalisées ces dernières années, mettant en lumière la difficulté des patients à aborder les questions de santé sexuelle lors de leurs consultations médicales, le Groupe interinstitutionnel genevois de Promotion de la Santé Sexuelle a élaboré un dépliant de sensibilisation ainsi qu’une liste des institutions et services spécialisés.

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Trop de jeu sur internet ?

Institution précurseur des thérapies familiales en Suisse, la Fondation Phénix prend en soins, depuis de nombreuses années, des joueurs excessifs sur internet et leurs parents. Dès décembre 2016, l’équipe du Centre Phénix Mail et le Dr Marina Croquette Krokar testeront l’efficacité de deux approches familiales grâce à une étude scientifique randomisée :

– la thérapie familiale usuelle (ou FTAU, Family Therapy As Usual)
– la thérapie familiale multidimensionnelle (ou MDFT, Multidimensional Family Therapy).

Si, comme nous, vous pensez qu’il est nécessaire de trouver des solutions pour ce jeune public et leurs familles, aidez-nous en diffusant cette brochure afin que nous puissions recruter un nombre suffisant de participants.

Lettre d’introduction
Lancement d’une recherche scientifique innovante dans le traitement des addictions aux jeux vidéo

Brochures à destination des patients

La Bibliothèque de l’Université, site Uni CMU vient de rééditer une nouvelle version de certaines de ses brochures à destination des patients.
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L’IMAD vous informe – La santé mentale à domicile : une nouvelle approche

L’OMS publiait en avril 2016 une étude indiquant que la dépression et les troubles de l’anxiété, en recrudescence dans le monde, coûtent à l’économie mondiale quelque 1000 milliards de dollars (US $) par an. En soignant ces troubles, les gains pour l’économie mondiale seraient de 4 fois supérieures aux dépenses engagées.

Rien qu’à Genève, les besoins identifiés dans le domaine de la psychiatrie augmenteront de 1% par an et ceux des soins à domicile de 4.5% par an, entre 2015 et 20191. A cela s’ajoute une demande accrue en structures ambulatoires et en prises en charge des troubles psychiques à domicile dans le canton de Genève.

Dès lors, comment répondre à l’augmentation de ces besoins populationnels ?
A travers un projet pilote, soutenu par la Direction générale de la santé (DGS), l’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD) propose de tester le modèle de prise en charge de santé mentale de l’adulte à domicile. Mené conjointement avec le département de psychiatrie des HUG, les Etablissements publics pour l’intégration (EPI), la Ville de Vernier et les médecins psychiatres de l’AMG, pour eux, le Dr Sylvia Quayzin Hooton.

Ce projet, déployé depuis avril 2016, est entré en phase pilote depuis septembre dernier et se terminera en juin 2017.

Cette expérience se déroule dans la commune de Vernier, particulièrement sensibilisée à ces questions et dont le dispositif social est déjà fort bien établi. Sur l’ensemble des clients suivis par l’IMAD à Vernier, dans le cadre de prestations de soins infirmiers uniquement, il ressort que 41% d’entre eux prennent des médicaments psychotropes, 3% ont des idées délirantes et 6% consomment de l’alcool dès le matin.

De manière similaire à ce qui existe déjà dans d’autres cantons suisses romands, il s’agira de vérifier l’opportunité que des infirmiers de l’IMAD spécialisés en psychiatrie délivrent, sur prescription d’un médecin psychiatre, des prestations de soins, selon l’article 7, al. 2, let. c, ch. 2 OPAS.

Les soins pouvant faire l’objet d’une prescription par un médecin psychiatre se définissent de la façon suivante :

Soins infirmiers :
• Soins destinés à la mise en œuvre au quotidien de la thérapie du médecin, tels que stratégies permettant de gérer la maladie et l’instruction pour la gestion des agressions, des angoisses et des idées paranoïaques.

• Soutien apporté aux malades psychiques dans des situations de crise, en particulier pour éviter les situations aiguës de mise en danger de soi-même ou d’autrui.

Soins de base :
• Mesures destinées à surveiller et à soutenir les malades psychiques pour accomplir les actes ordinaires de la vie, telles que la planification et la structuration de leurs journées de manière appropriée, l’établissement et la promotion des contacts sociaux par un entraînement ciblé et le soutien lors de l’utilisation d’aides à l’orientation et du recours à des mesures de sécurité.

Ces soins regroupent des prestations telles que : Consultation – Acquérir et exercer des stratégies permettant de gérer la maladie – Administrer et contrôler le traitement – Instruire pour la gestion des agressions des angoisses et des idées paranoïaques – Entraîner l’accomplissement et les techniques quotidiennes – Planifier et structurer les journées de manière appropriée – Guider ou soutenir l’entretien du logement – Guider ou soutenir les soins corporels, etc.

Seules les personnes atteintes dans leur santé mentale, à l’exclusion des situations de pédopsychiatrie ou de psychogériatrie, sont incluses à ce stade dans ce pilote. Dans ce cadre, trois infirmiers de l’IMAD, qui œuvrent à Vernier depuis le 1er septembre 2016, sont formés en psychiatrie et collaborent étroitement avec le département de psychiatrie des HUG.

En cas de besoin d’informations complémentaires pour la prescription de prestations de santé mentale pour vos patients de Vernier, vous pouvez contacter :

Madame Florence Dorsaz Baudoin
Responsable de l’équipe du Lignon
florence.dorsaz-baudoin@imad-ge.ch

Pour tous les acteurs de ce projet comme pour l’IMAD, il s’agit là de faire un choix de prises en charge coordonnées en soutenant les malades, leur famille et leur réseau social.

Anne-Florence Dami
Responsable du Service de communication

1 Rapport de planification sanitaire du canton de Genève 2016-2019

30 octobre: Journée des proches aidants

proches-aidants

«Proches aidants, pour aider sans s’épuiser», tel est le message formulé par les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura et Valais à l’occasion du 30 octobre – journée intercantonale des proches aidants.

A Genève, plusieurs actions prévues à la fin du mois informeront le public sur les aides disponibles dans le canton pour soutenir et soulager les proches aidants et pour les inciter à prendre le temps de se ressourcer. (suite…)

Secret médical: le calendrier de traitement de notre initiative cantonale

Le Conseil d’Etat a annoncé l’aboutissement de notre initiative populaire Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société après vérification des signatures recueillies. Et il a publié le calendrier fixé par la loi pour son traitement:

  • Le gouvernement doit faire rapport au Grand Conseil d’ici au 16 janvier 2017 avec sa proposition sur la suite à lui donner.
  • Le Grand Conseil se déterminera d’ici au 16 septembre 2017 sur la prise en considération de l’initiative:
    • si le Grand Conseil accepte l’initiative, elle sera considérée comme une loi adoptée par les députés et entrera en vigueur, sauf aboutissement d’un éventuel référendum la soumettant à votation populaire;
    • si le Grand Conseil rejette l’initiative, celle-ci sera également soumise à une votation populaire;
    • si le Grand Conseil décide de lui opposer un contreprojet, il disposera d’un délai supplémentaire d’une année.

Rationnement et gel du progrès médical : NON, M. Berset ! (Edito de La lettre de l’AMG de septembre 2016)

Des annonces atterrantes
Dans un communiqué de presse publié le 2 septembre 2016 intitulé Des mesures sont nécessaires pour freiner la hausse des coûts de la santé, le conseiller fédéral Alain Berset a décrit ses priorités, sa vision du futur de notre système de la santé et ses remèdes pour lutter contre la hausse des primes d’assurance-maladie annoncées pour ces prochaines semaines. Son constat dit s’inscrire dans un objectif, certes louable, de garantir la qualité des soins. La lecture attentive du document de trois pages est atterrante. Il y est clairement question de rationnement des soins et de gel du progrès médical, solutions inacceptables tant pour le corps médical que pour les patients.

Rationnement des soins
Sous l’appellation de Pilotage des budgets et du volume des prestations à fournir, c’est le rationnement des soins qui est proposé comme baguette magique. A nouveau, M. Berset, qui avait soutenu la loi dite Managed Care en 2012 en tant que conseiller fédéral après l’avoir combattue comme parlementaire, revient avec une volonté de restreindre les prestations. On aurait pu s’attendre à ce qu’il souligne l’importance d’une excellente formation médicale, qui seule permet de lutter contre les abus et demandes d’examens superflus, car qui connaît au mieux les pathologies et diagnostics sait être rigoureux dans ses investigations. C’est sans aucun doute trop demander à celui qui, avec la complicité du Parlement, par effet d’annonce et dans les actes, a permis à de nombreux médecins au curriculum vitae peu étoffé de venir pratiquer dans nos contrées. Il n’y a pas de capitaine avec une vision globale et cela mène immanquablement à des propositions aussi incompréhensibles que le rationnement et le recours, par le Département fédéral de l’intérieur, au modèle néerlandais qui montre une courbe des coûts en explosion et dépassant celle de la Suisse.

Mais où sont passés les patients ?
Le ministre de la santé lance un appel à tous les acteurs de la santé pour qu’ils prennent leurs responsabilités, mais sa liste omet les patients comme l’un des acteurs. M. Couchepin en avait fait sa cible avec sa proposition repoussée de taxe de consultation de 30 CHF, autre lapin sorti du chapeau ministériel. Décidément, ce département navigue à vue. Sous l’ère du ministre socialiste, la cible est devenue la médecine ambulatoire. Le glissement de la médecine stationnaire vers la médecine ambulatoire sera continu. Il entre dans la notion de progrès médical avec des durées d’interventions et de soins raccourcies, des technologies chirurgicales peu invasives, des anesthésies optimalisées, des encadrements améliorés et une récupération facilitée. Comparer les chiffres 2015 avec ceux d’il y a cinq ou dix ans est absurde, car ils ne montreront qu’une évolution voulue par tous vers plus d’ambulatoire: c’est la volonté politique depuis de nombreuses années, ainsi que celle du corps médical et celle des citoyens.

Gel du progrès médical
Le communiqué se termine par Les médecins ont prescrit davantage de nouveaux produits, plus chers. Heureusement que nous avons à cœur de traiter la population avec les dernières thérapies afin de garantir la meilleure prise en charge des patients. Là encore, c’est le progrès médical. L’ère glaciaire a gelé les dinosaures, M. Berset voudrait-il geler les progrès thérapeutiques ? Il oublie, et cela pose question, que ce sont les employés de l’Office fédéral de la santé publique qui fixent le prix des médicaments avec l’industrie pharmaceutique. Ni les patients, ni les médecins n’interviennent dans ces processus de négociations. Notre rôle est défini: nous participons à la sécurité des traitements au travers des études et du suivi des effets secondaires et choisissons le traitement le plus adapté pour chacun. Personne n’aspire à être malade, mais chaque patient et son entourage souhaitent le meilleur traitement pour soulager les souffrances et recouvrer la santé.

Des primes qui explosent
Dans son éditorial du 1er septembre dernier dans le Bulletin des médecins suisses, le Dr Jürg Schlup, président de la FMH, a démontré avec force (cf. article ci-après) que les primes augmentent davantage que les coûts. C’est une évidence. Il constate que depuis 1996, les coûts ont augmenté de 66%, tandis que les primes ont augmenté de 102%. Il est grand temps de se pencher sur le financement du système de santé plutôt que sur des mesures contraignantes et simplistes qui ne pousseront qu’à avoir une médecine de moindre qualité. La population fait confiance à ses médecins et a toujours plébiscité le libre choix du médecin et la liberté thérapeutique. Elle refusera le rationnement et le gel du progrès médical.
Michel Matter

Pour une procréation médicalement assistée responsable : votez à nouveau OUI le 5 juin !

Le 14 juin 2015, le peuple suisse a accepté à une forte majorité la modification de l’article 119 de la Constitution concernant la procréation médicalement assistée. Cette modification était nécessaire pour que la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA), acceptée par le Parlement en décembre 2014, puisse entrer en vigueur.

Introduite en 2001, la LPMA est l’une des lois les plus restrictives au monde. Sa révision permettra aux couples suisses d’avoir accès à des traitements comparables à ceux offerts dans la majorité des pays européens (Fig. 1). Elle autorise, entre autres, l’analyse génétique de l’embryon jusqu’ici interdite. Considérant que la nouvelle loi va trop loin, les opposants, menés par le Parti évangélique (PEV), ont obtenu un référendum. C’est pourquoi la révision de la LPMA sera soumise à l’approbation du peuple le 5 juin prochain.

Les points principaux de la LPMA révisée :

1. Le développement de 12 embryons au maximum est autorisé

En laboratoire comme dans la nature, seul un faible pourcentage des embryons a le potentiel de donner la vie. Près de la moitié d’entre eux présentent des anomalies chromosomiques qui ne leur permettent pas de se développer au-delà du 5e jour. Cette proportion augmente avec l’âge maternel. Chez les couples porteurs d’une maladie héréditaire grave, il faut y ajouter les embryons atteints. La LPMA de 2001 interdisant le développement de plus de 3 embryons, cette restriction devait être levée pour que le diagnostic préimplantatoire (DPI) puisse être introduit. Les chances d’obtenir un embryon sain avec un développement normal sur trois embryons seulement sont en effet beaucoup trop faibles pour que le DPI soit médicalement et éthiquement acceptable dans ces conditions.

2. La congélation des embryons est autorisée

La loi actuelle interdit la congélation d’embryons. Les ovules fécondés surnuméraires doivent être congelés dès que la fécondation a été confirmée (stade de zygote). Le plus souvent, nous gardons 2 zygotes en culture et les transférons dans l’utérus maternel au 2e ou 3e jour du développement embryonnaire. Si nous ne gardons qu’un seul zygote, les chances d’obtenir une grossesse diminuent de moitié, le potentiel de viabilité du futur embryon ne pouvant être apprécié à ce stade précoce. Dans le contexte légal suisse, un taux de grossesse acceptable par transfert ne peut être maintenu qu’au prix d’un risque accru de grossesse multiple.

En laissant jusqu’à 12 zygotes en culture, nous aurons la possibilité d’observer leur évolution spontanée et de ne transférer qu’un seul embryon qui aura fait ses preuves en se développant jusqu’au 5e jour (stade de blastocyste) (Fig. 2). En utilisant cette stratégie, la Suède a pu diminuer le taux de grossesses multiples de 20 à 5%.1 Si d’autres blastocystes se sont développés, ils seront congelés. En proportion, il y aura beaucoup moins d’embryons congelés qu’il n’y a actuellement de zygotes.

3. L’analyse du patrimoine génétique de l’embryon est autorisée dans un cadre strict

Le DPI pourra être effectué s’il s’agit d’une maladie grave, incurable, survenant avant 50 ans, après consentement écrit du couple. L’analyse chromosomique de l’embryon ou dépistage préimplantatoire (DePI) sera également possible dans le but d’évaluer son potentiel à donner naissance à un enfant vivant. Le typage HLA (bébé-médicament) et la sélection du sexe à but social restent interdits.2

Pour l’instant, si le couple est porteur d’une maladie héréditaire grave, il n’a qu’une alternative : débuter une grossesse dans l’inquiétude, attendre le résultat d’un prélèvement ovulaire invasif avec le risque de perdre un foetus sain et se retrouver confronté à l’éventuelle décision, toujours douloureuse, d’interrompre la grossesse si l’enfant est atteint ou se rendre à l’étranger pour effectuer un DPI.

Le DePI s’apparente à ce qui est fait dans le diagnostic prénatal. Quand un couple porteur de la mucoviscidose effectue une choriocentèse pour exclure cette maladie chez son futur enfant, on lui propose d’effectuer aussi un caryotype sur le prélèvement, ce qui peut être aisément fait et sans risque supplémentaire. Cela évite un nouveau geste quelques semaines plus tard si le foetus, non atteint, présente des signes échographiques qui suggèrent une anomalie chromosomique. Il est cohérent que la même démarche puisse être effectuée en cas de DPI.

Le dépistage préimplantatoire est aussi utile chez les couples infertiles qui présentent des fausses-couches à répétition ou des échecs réitérés d’implantation, car il permet d’identifier les embryons qui ont le meilleur potentiel de donner naissance à un enfant vivant.3

Pourquoi tant d’oppositions et de peurs ?
Après leur échec à la votation du 14 juin 2015, les opposants concentrent leur argumentaire sur le DePI, qu’ils considèrent comme une dangereuse dérive visant à sélectionner un enfant parfait. Pour eux, la LPMA révisée encourage l’eugénisme et la stigmatisation des personnes handicapées.

Rappelons que, comme pour le diagnostic prénatal autorisé depuis longtemps, la décision d’effectuer une analyse préimplantatoire est un libre choix. On pourrait parler de dérive si ces tests étaient imposés et systématiques, mais ce n’est pas le cas.

La génétique n’est responsable que d’une partie des handicaps, dont les causes sont multiples. Pas plus que le dépistage prénatal, le DePI ne conduira à une société stéréotypée d’enfants sans défauts. Cela n’a pas été le cas dans les nombreux pays qui le pratiquent et ce ne sera pas le cas chez nous.

Conclusion
La LPMA révisée est une loi raisonnable qui n’autorise pas les indications éthiquement controversées mais qui tient compte des récents progrès thérapeutiques. Son introduction permettra aux couples concernés d’avoir accès en Suisse à un traitement leur offrant les meilleures chances de donner naissance à un enfant sain. Les grossesses multiples et les avortements thérapeutiques seront réduits.

  • Votez et faites voter OUI le 5 juin prochain !

Dr Nicole Fournet Irion

1 B. Källen et al. Trends in delivery and neonatal outcome after in vitro fertilization in Sweden. Data for 25 years. Hum Reprod. 2010 Apr 25(4):1026-34
2 www.parlament.ch
3 Fournet Irion N. et Irion O. Introduction en Suisse des analyses génétiques sur le patrimoine de l’embryon : progrès ou dérive ? Rev Med Suisse 2016 500-501:39-43

Accès au Fig 1 (page 5) et Fig 2 (page 6) de La lettre de l’AMG