Réforme des tarifs médicaux «Il n’y a qu’un seul gagnant : l’assureur» (édito de La lettre de l’AMG de juillet-août 2017)

Dans la réforme des tarifs médicaux que souhaite imposer le Conseiller fédéral Alain Berset au 1er janvier 2018, «il n’y a qu’un seul gagnant, c’est l’assureur», a martelé Jean-Paul Derouette, président de l’Association suisse des assurés lors de la conférence de presse organisée le 20 juin par l’Association des médecins de Genève (AMG). En baissant le tarif de certains actes médicaux, ceux-ci ne pourraient plus être effectués en ambulatoire, les médecins devant dans de nombreux cas travailler à perte, ce qui est économiquement impossible, les charges d’un cabinet médical (personnel, loyer, infrastructures, matériel, etc.) ne baissant pas. Les patients seront redirigés vers les hôpitaux, qui ont l’obligation de soigner tout le monde, à n’importe quel prix. Les Hôpitaux universitaires de Genève ont d’ailleurs déjà annoncé une perte de vingt à trente millions de francs l’année prochaine, étant eux aussi touchés par cette révision tarifaire qui concerne les actes de tous les médecins, qu’ils soient installés en cabinet ou qu’ils travaillent à l’hôpital. Le résultat en sera un affaiblissement de la médecine ambulatoire, entraînant plus d’hospitalisations, un retour moins rapide à la maison pour les patients, une perte de proximité avec leurs proches.

Les assureurs ont fixé certains minutages d’intervention», explique Michel Matter, président de l’AMG. «Ce sont par exemple eux qui ont fixé les minutes que doit durer une coloscopie. » Cette intervention dure plus longtemps que prévu ? «Les médecins ne vont pas s’arrêter de travailler au milieu d’une intervention. Ils vont continuer, sans être payés.» Les mesures préconisées ne concernent pas seulement les actes chirurgicaux. Ils concernent aussi le temps maximum qu’un médecin peut passer à s’occuper d’un patient, que ce soit pour le recevoir en consultation ou pour organiser une prise en charge avec d’autres corps de métier (soins à domicile, par exemple).

Les assureurs ont proposé de ne rembourser que vingt minutes tous les… trois mois! Les cas qui nécessitent une prise en charge transverse, qui sont le quotidien des médecins de premier recours, ne pourront donc plus être traités de manière adéquate. «Enlever du temps, en médecine, c’est une aberration totale», s’insurge Didier Châtelain, président de Médecins de Famille Genève (MFGe). Les patients et les traitements sont pluriels, rappelle Michel Matter. Vouloir uniformiser les patients est impensable. «Moins de trente minutes pour une consultation prénatale au cours de laquelle on doit expliquer à une patiente qu’elle va devoir subir un avortement thérapeutique, ce n’est pas assez», explique Alain Lironi, chirurgien pédiatrique, rejoint en cela par France Laurencet, oncologue, qui affronte tous les jours des cas lourds à gérer, qui demandent beaucoup d’explications et qu’on ne peut en aucun cas traiter dans la précipitation.

Pourquoi cette proposition ? Elle ferait économiser 700 millions de francs sur les 70 milliards que coûte la médecine en Suisse, soit 1% des coûts totaux. L’impact sur les primes maladie serait probablement nul. Alors pourquoi fâcher tout un secteur économique et risquer de faire baisser drastiquement la qualité des soins aux patients ? C’est à cause de la répartition de la prise en charge des coûts médicaux. Les coûts d’une prise en charge ambulatoire sont complètement à charge des assurances maladie, alors que dans le cas d’une hospitalisation, 55% des coûts sont supportés par l’Etat, les assureurs maladie ne devant en payer que 45%. «Mathématiquement, je ne comprends pas comment la proposition de M. Berset fera baisser les coûts globaux», s’interroge Jean-Paul Derouette. Une chose est sûre, c’est que les assurances maladie verront baisser leurs charges avec un report de l’ambulatoire vers les soins hospitaliers, puisqu’ils ne doivent pas payer l’entier de la facture. «L’assuré paiera à double», explique encore Jean-Paul Derouette. Une fois en payant ses primes et une deuxième en tant que contribuable, ses impôts étant utilisés pour la prise en charge des soins hospitaliers par l’Etat.

La solution réside probablement dans le dépôt d’un projet tarifaire concerté, nommé Tarco, proposé par la Fédération des médecins suisses (FMH). Il devrait permettre une discussion apaisée autour de la question des tarifs médicaux, les médecins ne remettant pas en doute le fait de revoir le système tarifaire Tarmed actuellement en place, qui est devenu obsolète au fil du temps. Problème: il ne sera pas présenté avant le printemps 2018, alors que la modification par voie d’ordonnance du Conseil fédéral entrera en vigueur au 1er janvier de cette année-là.
Mme Véronique Kämpfen, Rédactrice en chef du Journal des Entreprises Romandes
Article paru dans le Journal des Entreprises Romandes du 23 juin 2017

Click 4 help

Quelques clics pour trouver de l’aide

Children Action a le plaisir de vous annoncer le lancement de : https://click4help.ch/
Ce site permet aux jeunes âgés de 12 à 25 ans, à leurs familles ainsi qu’aux professionnels qui les entourent de trouver, en quelques clics seulement, l’information ou l’aide dont ils ont besoin parmi les centaines de structures actives dans le Canton de Genève.

Réanimation cardiopulmonaire: sauriez-vous réagir en présence d’un accident grave?

Des professionnels de l’urgence vous expliquent en quatre étapes comment pratiquer une réanimation.

Une vidéo de l’Ecole de santé de Suisse romande – Pour en savoir plus, voir cet article.

Les HUG consacrent une journée aux troubles bipolaires

Le jeudi 30 mars 2017, à l’occasion de la 3e journée mondiale des troubles bipolaires, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) organisent une matinée d’information sur les troubles bipolaires. Intitulée «Troubles bipolaires: l’union fait la force», cette journée est destinée aussi bien au grand public qu’aux professionnels. Des patients et des proches viendront apporter leur témoignage lors d’une conférence, au cours de laquelle des médecins et des soignants présenteront la maladie, les différents traitements et la façon de la conjuguer avec la vie quotidienne.

A signaler également: une exposition photographique temporaire sur la bipolarité, à voir jusqu’au 29 avril à l’Hôpital Belle-Idée à Chêne-Bourg.

Informations détaillées dans le communiqué de presse.

Flambées de rougeole dans plusieurs cantons – vigilance accrue devant toute suspicion

Plus de  cinquante cas de rougeole sont survenus dans plusieurs cantons de Suisse depuis novembre 2016.  Le Tessin, les Grisons et Fribourg sont les principaux cantons touchés par des flambées de cas concernant des enfants ainsi que de jeunes adultes.  A Genève,  aucun cas de rougeole n’a été rapporté depuis septembre 2016 (2013-2016 : 1-4 cas) mais en raison des vacances scolaires et de la mobilité accrue, des cas sont également susceptibles de se produire.

Nous vous demandons dès lors d’être particulièrement vigilants dans les semaines à venir. Le diagnostic clinique est parfois difficile et durant la phase prodromale, la confusion de la rougeole avec la grippe (toujours en circulation) est possible.

Pour mémoire, toute suspicion de rougeole doit faire l’objet d’une déclaration par téléphone (022 546 50 00) ou fax (022 546 98 16) au médecin cantonal dans les 24h, afin de mettre en œuvre les enquêtes d’entourage et permettre le suivi  épidémiologique. Les formulaires de déclaration sont disponibles via ce lien .

De plus, toute suspicion de rougeole sans lien épidémiologique doit être confirmée par un test diagnostic. La méthode de choix est une PCR sur un frottis oropharyngé (sensibilité élevée dès les premiers signes).

Devant cette situation, un communiqué de presse de l’Office fédéral de la santé publique(OFSP) paru le 9 février, a invité la population à faire contrôler son statut vaccinal et à le compléter si nécessaire (deux doses de ROR pour toute personne née après 1963). Vous risquez donc d’être sollicités par vos patients pour vérification et/ou mise à jour de la vaccination.

Enfin, pour votre information, un point de situation sur la rougeole en Suisse, a été mis en ligne le 21 février sur la page « Flambées et épidémies actuelles » du site Internet de l’OFSP auquel vous pouvez accéder en suivant ce lien. Malgré une augmentation de la couverture vaccinale nationale, ces flambées menacent de retarder l’élimination de la rougeole dans notre pays.

En vous remerciant de votre collaboration, nous vous adressons, chères et chers collègues, nos salutations les meilleures.

Prof. J-A Romand, médecin cantonal
Dr E. Delaporte, SMC

Prises de rendez-vous via MyHUG pour la neurologie, la neurochirurgie et l’ophtalmologie

[Contenu réservé aux médecins]

Trop de jeu sur internet ?

Institution précurseur des thérapies familiales en Suisse, la Fondation Phénix prend en soins, depuis de nombreuses années, des joueurs excessifs sur internet et leurs parents. Dès décembre 2016, l’équipe du Centre Phénix Mail et le Dr Marina Croquette Krokar testeront l’efficacité de deux approches familiales grâce à une étude scientifique randomisée :

– la thérapie familiale usuelle (ou FTAU, Family Therapy As Usual)
– la thérapie familiale multidimensionnelle (ou MDFT, Multidimensional Family Therapy).

Si, comme nous, vous pensez qu’il est nécessaire de trouver des solutions pour ce jeune public et leurs familles, aidez-nous en diffusant cette brochure afin que nous puissions recruter un nombre suffisant de participants.

Lettre d’introduction
Lancement d’une recherche scientifique innovante dans le traitement des addictions aux jeux vidéo

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