La médecine pénitentiaire: et la santé derrière les barreaux?

Interview du professeur Wolff
Médecin responsable de l’unité carcérale de Champ-Dollon (HUG)

Santé-justice/ justice-santé

L’équivalence des soins et la prévention en milieu carcéral

Problème de surpopulation carcérale

L’emprisonnement relève du domaine punitif dans la société. Mais qu’en est-il lorsque la santé vient se greffer à ce système?

Parler de santé-justice ou de justice-santé impose déjà une problématique dénominative.  Au début des années 2000, une publication de l’OMS intitulée «patient or prisoner» avait déjà été publiée, soulignant l’appellation hasardeuse de cette terminologie.

«Je vous offre une troisième version, je parle de patient tout court», explique le Professeur Wolff, médecin responsable de l’unité carcérale de Champ-Dollon à Genève. «Il est fondamental qu’un médecin perçoive son patient comme un patient et non pas comme un détenu-patient et encore moins comme un détenu tout court», insiste-t-il.

Les terminologies sont importantes pour décrire les personnes détenues et relèvent d’une problématique délicate et subtile d’appellation lorsque santé et justice s’unissent. (suite…)

Assurance-accidents: adaptation de la liste des maladies professionnelles

Le Conseil fédéral a décidé lors de sa séance du 21 février de modifier l’annexe 1 de l’ordonnance sur l’assurance-accidents (OLAA) qui répertorie les maladies professionnelles. Il s’agit d’adapter cette liste aux dernières connaissances scientifiques et techniques sur les substances nocives et les effets mécaniques pour la santé. La modification d’ordonnance entrera en vigueur le 1er avril 2018.

La liste des maladies professionnelles figurant sur l’annexe 1 n’a pas changé depuis plus d’une décennie. Les modifications de l’ordonnance ont principalement trait à l’inscription de nouvelles substances nocives, par exemple les désinfectants et les amines aromatiques. La liste des affections dues à certains travaux a également été modifiée, avec notamment l’extension de descriptions.

La liste des maladies professionnelles permet de faciliter l’administration des preuves pour établir le lien entre une cause nocive pour la santé et la maladie professionnelle qui en découle. Selon la jurisprudence, l’assureur-accidents est tenu de verser des prestations si plus de 50% de la maladie est d’origine professionnelle (exposition) et causée par l’une des substances ou des affections dues à certains travaux figurant sur la liste.

Informations complémentaires

Agir ensemble pour une réinsertion rapide

Convention de collaboration entre la SUVA, l’OCAS, l’UAPG et l’AMGe

Agir ensemble pour une réinsertion rapide L’Union des Associations patronales genevoises (UAPG), l’Association des médecins du canton de Genève (AMGe), la Suva et l’Office de l’assurance invalidité (OCAS) de Genève poursuivent un but commun: permettre aux personnes accidentées et malades de réintégrer au plus vite et dans les meilleures conditions leur poste de travail. Sur l’initiative de la Suva, les différents acteurs expriment dans une déclaration d’intention leur volonté de favoriser la réinsertion rapide et favorisée dans le processus de travail des personnes malades ou victimes d’un accident.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les associations patronales, les assureurs sociaux et les médecins du canton de Genève sont les premiers partenaires romands à unir formellement leurs efforts, afin de permettre aux travailleurs malades ou victimes d’un accident de retrouver rapidement leur capacité de travail. En effet, plusieurs études montrent que les chances de réinsertion diminuent de moitié après une incapacité de travail de six mois. Il est par conséquent primordial d’impliquer les familles, les amis, les médecins, les assurances, les collègues de travail et les supérieurs aussi tôt que possible afin que les personnes accidentées et malades puissent réintégrer leur poste de travail au plus vite.

La signature d’une convention de collaboration entre l’Union des Associations patronales genevoises, l’Association des médecins du canton de Genève, la Suva et l’Office AI de Genève va dans ce sens. Elle a pour objectif de favoriser le maintien du poste de travail des personnes touchées, d’optimiser leur processus de guérison et de réduire la durée des absences et les dépenses liées aux problèmes de santé.

La communication est primordiale

Une incapacité de travail représente toujours un défi pour les employeurs, les médecins traitants et les assurances sociales impliquées. Tandis que l’employeur souhaite recevoir des informations claires sur le retour au travail de la personne accidentée, le médecin traitant ne dispose souvent pas des connaissances nécessaires concernant le poste de travail du patient. Le Docteur Michel Matter, président de l’Association des médecins du canton de Genève, en est convaincu: «Une communication ciblée entre l’employeur et les médecins contribue à raccourcir la durée de l’absence». En effet, pour pouvoir procéder à une évaluation de la capacité de travail, le médecin doit connaître la situation concrète du poste de travail du patient, être informé des possibilités de réinsertion de l’employeur et savoir quels postes aménagés sont proposés par l’entreprise. Pour Natalia Weideli Bacci, directrice de l’Office Al du canton de Genève, la collaboration entre les médecins et les employeurs ainsi qu’une implication précoce de l’AI sont des aspects essentiels: «Favoriser la réinsertion plutôt que la rente, telle est la mission principale de l’assurance invalidité. Pour y parvenir, nous devons collaborer étroitement et dans un esprit constructif avec les employeurs, dès le début du processus». Patrick Garazi, directeur de l’agence Suva de Genève, souligne quant à lui que: «Les employeurs doivent pouvoir planifier leurs ressources alors que les personnes accidentées ont, elles, besoin d’une perspective professionnelle motivante, d’où cette nécessité de collaborer».

Une collaboration fondée sur des principes

Pour combler les lacunes d’information et garantir une communication optimale entre médecins, employeurs et assurances sociales, les partenaires genevois ont formulé ensemble des principes de base pour sceller leur volonté de collaboration. Ainsi, la convention permet aux employeurs da faire appel à un médecin-conseil pour obtenir un deuxième avis médical, s’ils le désirent. Un feuillet d’information précise les notions qui posent souvent problème dans la pratique: quelles informations doivent figurer sur un certificat d’incapacité de travail? Comment utiliser une capacité de travail restante? A quelles informations complémentaires, en plus de celles figurant sur le certificat d’incapacité de travail, l’employeur a-t-il droit ? «Avec nos signatures, nous exprimons tous notre volonté de respecter les principes élaborés dans le cadre de notre travail quotidien. Nous espérons éviter ainsi certains malentendus et parvenir, dans le cadre de notre partenariat, à réduire le nombre de jours d’absence», conclut Jean-Luc Favre, Président de l’Union des Associations patronales genevoises.

Communiqué de presse du 12 décembre 2017

L’Indépendance financière du médecin, garant de la qualité des soins (édito de La Lettre de l’AMGe de décembre 2017)

L’évolution du monde de la santé de ces dernières années a pour cible, de manière plus ou moins frontale, l’indépendance financière des médecins

Alors que la LAMal avait déjà donné aux assureurs en 1996 les clés du contrôle de notre facturation, la mise en place en 2004 du Tarmed, tarif de plus en plus régi par le rationnement du temps accordé aux patients, a sonné le glas de la souplesse de nos prises en charge qu’imposerait pourtant tout rapport humain. Et les propositions parlementaires actuelles (budget global annuel imposé, fin de l’obligation de contracter, nouvelles moutures de réseau obligatoire, interdiction aux jeunes médecins de s’installer dans les deux ans qui suivent la fin de leur formation postgrade, etc.) vont toutes dans le sens d’une volonté manifeste de confiscation de notre liberté de travail. Nos «partenaires» ont bien compris les enjeux de cette mainmise sur notre pratique médicale et cherchent donc à limiter nos possibilités de choix, y compris thérapeutiques. Les assureurs voudraient que ne soient remboursés que les médecins (soit-disant) les meilleurs marchés. L’Etat voudrait contrôler nos salaires même dans les hôpitaux privés (Vaud) ou tente de mettre en place des DRG privés (forfaits par pathologie) pour les patients privés dans les hôpitaux publics (Genève). Certains groupes médicaux surveillent leurs membres et leur imposent, par exemple, les traitements applicables. Quant aux cliniques privées, elles tentent de salarier leurs médecins, pour ne citer que quelques exemples survenus récemment.

Sera-t-il alors encore possible de conserver un cabinet solitaire «à la grand papa»? Conséquence, entre autres, des manœuvres évoquées ci-dessus, ce modèle est battu en brèche et il semblerait (sous pression mise par les diktats de cette «grand messe»?) qu’une partie de la jeune génération n’en veut plus. Cette dernière ne doit cependant pas oublier que celui qui possède le contrôle financier a les cartes en main et qu’un salarié a beaucoup plus de peine à faire entendre sa voix et ce, dans tous les domaines de sa pratique professionnelle. Le médecin est et doit rester le défenseur de la santé du patient au moyen d’une médecine de qualité. Cette notion est actuellement galvaudée et chacun l’utilise et en abuse selon ses propres critères, en voulant se l’approprier pour imposer ses vues et ses intérêts. Si la définition et l’application de cette qualité devaient tomber sous l’égide exclusive d’un de nos «partenaires», les patients en seront gravement lésés.

Notre profession «libérale» est attaquée par ceux qui devraient la défendre, un comble! Garder notre indépendance financière reste le garant de notre liberté individuelle, mais surtout thérapeutique. La mise sous tutelle systématique des médecins suisses, y compris financière, voulue par toutes les dernières mesures politiques prises et prévues, ne conduira sûrement pas à l’amélioration de la qualité des soins et n’amènera probablement aucune diminution de la hausse des primes. Les autres «acteurs» du système de santé y trouveront par contre un bénéfice certain.

Dr Didier Châtelain
Dr Alain Lironi
Membres du Bureau de l’AMGe

Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques

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Du 13 au 19 novembre 2017 se déroulera la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, organisée à l’appel de l’OMS. Cette campagne a pour objectif de sensibiliser le public, les professionnels et les décideurs politiques à la résistance aux antibiotiques et les encourager à adopter de meilleures pratiques pour éviter sa progression.
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Accès au communiqué de presse de l’OFSP

Consultation pour la prise en charge et le diagnostic des dyslipidémies

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Les HUG ouvrent une consultation des lipides les vendredis après-midis une semaine sur deux.
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Patients en otage : le chaos programmé (édito de La Lettre de l’AMGe d’octobre 2017)

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Les détails de l’Ordonnance sur la fixation et l’adaptation de structures tarifaires dans l’assurance-maladie (Tarmed) révisée par M. Alain Berset ne sont pas encore connus, alors que l’ordonnance doit entrer en vigueur le 1er janvier 2018. En revanche, les annonces faites par le communiqué de presse du 16 août de l’Office fédéral de la santé publique (ci-après OFSP) font craindre le pire aux patients et à leurs médecins. En particulier, la limitation dramatique et incompréhensible du temps de consultation à 20 minutes au maximum pour l’anamnèse et le dialogue avec le patient – cet espace indispensable pour instaurer un rapport de confiance avec le patient – fâche. De plus, toutes les prestations médicales de coordination destinées aux patients sont limitées à 30 minutes par trimestre. Absurde et impossible ! Certes, il pourrait y avoir, suite à une demande expresse du médecin auprès de l’assurance et après l’accord de cette dernière, une possibilité de prolongation de ces limitations selon les circonstances et les problèmes particuliers présentés par le patient. Le chaos thérapeutique et administratif est programmé.

2 millions de demandes par mois
Imaginez que chaque médecin exerçant en Suisse fasse trois demandes par jour aux assurances maladie pour obtenir des dérogations du temps de consultation pour des cas complexes, cela ferait près de 100’000 demandes par jour, 500’000 par semaine, 2 millions par mois ! Ces chiffres ne sont hélas pas qu’hypothétiques. En effet, de telles demandes seront indispensables pour tout patient luttant contre le cancer, souffrant de la maladie d’Alzheimer, du syndrome de Parkinson, patient étranger avec ou sans traducteur, migrant, obèse, post-accident vasculaire, diabétique, hypertendu, handicapé, multi-pathologique,…. La liste serait trop longue. Et avec quel délai de réponse de la part de l’assureur ? Immédiatement, dans les 15 minutes, le lendemain, dans une semaine ? Que devra faire le médecin dans cette situation : poursuivre la consultation, s’arrêter, téléphoner, envoyer un courriel ou une lettre ? Qui traitera ces demandes ? Car seuls les médecins-conseils pourront légalement y répondre. Bref, l’inapplicable est là et la débâcle décidée par voie d’Ordonnance fédérale est inéluctable en 2018.

Fragmentation de la prise en charge
La consultation sera-t-elle réduite à ne régler qu’un problème ? Dans un quotidien où les pathologies sont rarement uniques et où la coordination responsable des soins entre les différents intervenants thérapeutiques en cas de pathologies complexes et/ou multiples devrait être l’évidence, ce minutage absurde entraînera-t-il, comme règle voulue par M. Alain Berset, la multiplication des consultations pour le même patient avec des agendas médicaux impossibles à gérer ? L’augmentation des coûts et les désagréments pour les patients et leurs médecins seront évidents.

Informer la population
Dès que les détails de la nouvelle tarification seront annoncés et analysés, nous devrons informer les patients et l’ensemble des citoyens des conséquences désastreuses, si celles-ci devaient rester conformes au communiqué de presse du 16 août de l’OFSP. Des affiches dans nos cabinets et un impact médiatique fort au cours du dernier trimestre 2017 seront nécessaires. Nous n’aurons que quelques semaines pour organiser nos consultations, les urgences et la chirurgie ambulatoire, la réforme ayant de multiples impacts.

Un conseiller fédéral affaibli
Le résultat sur la prévoyance vieillesse et la réforme des retraites est tombé : le Conseiller fédéral, M. Alain Berset, est affaibli et minorisé, comme il l’a été trop souvent dans le domaine de la santé. Nous avons évité, pour l’instant, « Kranken-Cassis », qui gère en l’état le département des affaires étrangères. Toutefois, M. Ignazio Cassis aura, à n’en pas douter, une influence dans le domaine de la santé au sein du Conseil fédéral. Les combats qui nous attendent sont nombreux et dangereux. Les principaux risques sont le rationnement des soins via le budget global et la fin du libre choix du médecin via la fin programmée de l’obligation de contracter. Les référendums sont prêts et notre motivation à combattre ces funestes destinées est maximale. Là encore, les patients et leurs familles devront avoir un impact massif pour influer les politiciens dans leurs choix. Ce qui est en jeu, c’est la qualité de la prise en charge des patients et l’excellence des soins. Le Conseiller fédéral, M. Alain Berset, a déclaré que «l’objectif est de garantir la meilleure médecine possible, mais d’avoir une relation entre la prestation et le prix qui convient». Comme dans la prévoyance vieillesse, il ne voit pas les feux rouges qui sont devant lui et les avertissements venant de l’ensemble du corps médical, de la population, des hôpitaux et des assureurs appartenant à Santésuisse. Seule la faîtière Curafutura, présidée jusqu’à peu par M. Ignazio Cassis, a dit adhérer à ses propositions. La boucle est bouclée. M. Ignazio Cassis est lié à M. Alain Berset. Le mariage impossible est malheureusement célébré pour le pire et pas pour le meilleur !
Dr Michel Matter

Jeudi noir pour le secret médical

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Notre initiative refusée
Le jeudi 31 août 2017 restera un jeudi noir pour le secret médical. La première initiative populaire cantonale lancée par l’AMGe, IN 159, « Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société » a été refusée par le Grand Conseil genevois par 47 voix contre, 43 voix pour et 4 abstentions. La gauche et le PDC ont soutenu notre initiative IN 159 ainsi que les députés UDC, Messieurs Thomas Bläsi et Christo Ivanov (que ces partis et députés soient ici remerciés). En revanche, les groupes MCG et la majorité de l’UDC ont voté contre. Les députés PLR au Grand Conseil détenaient la clé du vote.

Manoeuvres de Mme Nathalie Fontanet
Le jeudi 9 mars 2017, juste avant l’audition de l’AMGe – représentée par notre avocat conseil, le Professeur Philippe Ducor, notre secrétaire générale, Maître Bénédicte Dayen, et le président de l’AMGe – devant la Commission judiciaire et de la police du Grand Conseil, Mme Nathalie Fontanet, cheffe de groupe du PLR, a affirmé les yeux dans les yeux qu’elle assurait à l’AMGe qu’il y aurait lors de la votation sur notre initiative une totale liberté de vote au sein du PLR. Cela ressemble à une vaine promesse, puisque, dans les jours qui ont précédé le vote du Grand Conseil du 31 août, une pression extrêmement forte semble avoir été mise sur les députés PLR qui souhaitaient soutenir notre initiative. Les abstentions de Mme De Candolle et MM. Halperin et Selleger en sont la preuve. Seul au sein du PLR notre collègue, M. Patrick Saudan, a voté OUI à notre initiative. Grand courage et belles valeurs, un merci à lui.

Le lundi 10 juillet 2017, les mêmes représentants de l’AMGe ont rencontré Mme Nathalie Fontanet et le député PLR notre collègue, M. Pierre Conne (opposant à notre initiative), afin de discuter de la possibilité du soutien éventuel de l’AMGe à un potentiel contre-projet à notre initiative. A l’issue de cette séance, l’AMGe a eu la conviction que le texte de notre initiative était parfaitement complet. Par courriel du 14 juillet 2017 adressé à ces deux députés, l’AMGe a indiqué renoncer à une seconde séance de travail, dans la mesure où les échanges que l’AMGe avaient eus lors de cette réunion l’avait confortée quant au bien-fondé de son initiative, puisque l’ensemble des éléments pertinents y figuraient. A cette occasion, il a été précisé que lors de sa séance du 11 juillet 2017, le Bureau du Conseil de l’AMGe avait décidé de soutenir pleinement l’initiative en vue d’obtenir une majorité devant le Grand Conseil. L’AMGe a relevé le large soutien populaire et politique recueilli par son initiative. Dans sa réponse du même jour, Mme Fontanet a remercié l’AMGe de son courriel et a précisé : « Nous prenons note de votre proposition et nous nous y rallions. » (sic). Faire ensuite courir le bruit que l’AMGe était en faveur du contre-projet pourrait être considéré comme une manipulation à l’odeur de soufre.

Défendre à Berne liberté et sécurité ?
Sur les ondes de la RTS dans la Matinale du 30 août 2017, M. Pierre Maudet a affirmé que « le PLR est le parti de la liberté ». Cette vision fédérale s’est arrêtée dès le lendemain aux portes du Grand Conseil genevois. Comme on le voit, les nobles principes et les valeurs ont été sacrifiés sur l’autel des intérêts particuliers et politiques. C’est la triste réalité politique. Nous avons dès lors assisté à un jeudi noir pour le droit de tous les patients à leur secret médical. Une brèche s’est ouverte à la divulgation des données médicales. L’AMGe proposait une initiative pour améliorer la sécurité de la population genevoise par rapport aux détenus dangereux. Force est de constater que les députés, surtout à droite, n’en ont pas voulu : c’est un comble !

L’idée d’un contre-projet acceptée
L’idée d’un contre-projet a recueilli 53 voix pour, 17 contre et 24 abstentions. Il n’en demeure pas moins que le flou est de mise. Il sied de souligner que ceux qui affirmaient, il y a encore quelques mois, que l’actuel texte de loi était excellent sont les mêmes qui aujourd’hui souhaitent absolument le réécrire. Certains diront que la politique est ainsi faite et que nous avons été naïfs. Nous répondrons que nous défendons des valeurs et que notre ligne n’a pas bougé depuis janvier 2014. Nous avons perdu. C’est un fait. Nous en prenons acte. Toutefois, nous avons notre conscience pour nous. Notre ligne claire n’est pas faite de méandres. Il convient encore de relever que le dernier rapport sur le meurtre d’Adeline n’est toujours pas public et que les deux précédents rapports avaient clairement démontré que le secret médical n’était impliqué d’aucune manière dans ce drame. Donner l’impression d’agir est aussi le fait politique.
Michel Matter

Réforme des tarifs médicaux «Il n’y a qu’un seul gagnant : l’assureur» (édito de La lettre de l’AMG de juillet-août 2017)

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Dans la réforme des tarifs médicaux que souhaite imposer le Conseiller fédéral Alain Berset au 1er janvier 2018, «il n’y a qu’un seul gagnant, c’est l’assureur», a martelé Jean-Paul Derouette, président de l’Association suisse des assurés lors de la conférence de presse organisée le 20 juin par l’Association des médecins de Genève (AMG). En baissant le tarif de certains actes médicaux, ceux-ci ne pourraient plus être effectués en ambulatoire, les médecins devant dans de nombreux cas travailler à perte, ce qui est économiquement impossible, les charges d’un cabinet médical (personnel, loyer, infrastructures, matériel, etc.) ne baissant pas. Les patients seront redirigés vers les hôpitaux, qui ont l’obligation de soigner tout le monde, à n’importe quel prix. Les Hôpitaux universitaires de Genève ont d’ailleurs déjà annoncé une perte de vingt à trente millions de francs l’année prochaine, étant eux aussi touchés par cette révision tarifaire qui concerne les actes de tous les médecins, qu’ils soient installés en cabinet ou qu’ils travaillent à l’hôpital. Le résultat en sera un affaiblissement de la médecine ambulatoire, entraînant plus d’hospitalisations, un retour moins rapide à la maison pour les patients, une perte de proximité avec leurs proches.

Les assureurs ont fixé certains minutages d’intervention», explique Michel Matter, président de l’AMG. «Ce sont par exemple eux qui ont fixé les minutes que doit durer une coloscopie. » Cette intervention dure plus longtemps que prévu ? «Les médecins ne vont pas s’arrêter de travailler au milieu d’une intervention. Ils vont continuer, sans être payés.» Les mesures préconisées ne concernent pas seulement les actes chirurgicaux. Ils concernent aussi le temps maximum qu’un médecin peut passer à s’occuper d’un patient, que ce soit pour le recevoir en consultation ou pour organiser une prise en charge avec d’autres corps de métier (soins à domicile, par exemple).

Les assureurs ont proposé de ne rembourser que vingt minutes tous les… trois mois! Les cas qui nécessitent une prise en charge transverse, qui sont le quotidien des médecins de premier recours, ne pourront donc plus être traités de manière adéquate. «Enlever du temps, en médecine, c’est une aberration totale», s’insurge Didier Châtelain, président de Médecins de Famille Genève (MFGe). Les patients et les traitements sont pluriels, rappelle Michel Matter. Vouloir uniformiser les patients est impensable. «Moins de trente minutes pour une consultation prénatale au cours de laquelle on doit expliquer à une patiente qu’elle va devoir subir un avortement thérapeutique, ce n’est pas assez», explique Alain Lironi, chirurgien pédiatrique, rejoint en cela par France Laurencet, oncologue, qui affronte tous les jours des cas lourds à gérer, qui demandent beaucoup d’explications et qu’on ne peut en aucun cas traiter dans la précipitation.

Pourquoi cette proposition ? Elle ferait économiser 700 millions de francs sur les 70 milliards que coûte la médecine en Suisse, soit 1% des coûts totaux. L’impact sur les primes maladie serait probablement nul. Alors pourquoi fâcher tout un secteur économique et risquer de faire baisser drastiquement la qualité des soins aux patients ? C’est à cause de la répartition de la prise en charge des coûts médicaux. Les coûts d’une prise en charge ambulatoire sont complètement à charge des assurances maladie, alors que dans le cas d’une hospitalisation, 55% des coûts sont supportés par l’Etat, les assureurs maladie ne devant en payer que 45%. «Mathématiquement, je ne comprends pas comment la proposition de M. Berset fera baisser les coûts globaux», s’interroge Jean-Paul Derouette. Une chose est sûre, c’est que les assurances maladie verront baisser leurs charges avec un report de l’ambulatoire vers les soins hospitaliers, puisqu’ils ne doivent pas payer l’entier de la facture. «L’assuré paiera à double», explique encore Jean-Paul Derouette. Une fois en payant ses primes et une deuxième en tant que contribuable, ses impôts étant utilisés pour la prise en charge des soins hospitaliers par l’Etat.

La solution réside probablement dans le dépôt d’un projet tarifaire concerté, nommé Tarco, proposé par la Fédération des médecins suisses (FMH). Il devrait permettre une discussion apaisée autour de la question des tarifs médicaux, les médecins ne remettant pas en doute le fait de revoir le système tarifaire Tarmed actuellement en place, qui est devenu obsolète au fil du temps. Problème: il ne sera pas présenté avant le printemps 2018, alors que la modification par voie d’ordonnance du Conseil fédéral entrera en vigueur au 1er janvier de cette année-là.
Mme Véronique Kämpfen, Rédactrice en chef du Journal des Entreprises Romandes
Article paru dans le Journal des Entreprises Romandes du 23 juin 2017

Click 4 help

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Quelques clics pour trouver de l’aide

Children Action a le plaisir de vous annoncer le lancement de : https://click4help.ch/
Ce site permet aux jeunes âgés de 12 à 25 ans, à leurs familles ainsi qu’aux professionnels qui les entourent de trouver, en quelques clics seulement, l’information ou l’aide dont ils ont besoin parmi les centaines de structures actives dans le Canton de Genève.